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LE CHOIX D^UNE VALLÉE

sert de support au plateau central. La vallée du Mangoro confine dans sa paitie nord à la dépression du lac Alaotra, région alluvionnaire extrêmement fertile, que les Hovas avaient dénommée autrefois : « le grenier de l'Emyme }^, et qui ofire les ressources agricoles les plus variées.

Arouest du Mangoro, PAngave, massif boisé d'une quinzaine de kilomètres de largeur, constitue la quatrième 2one. Sa configuration topographique offre de grandes analogies avec celle des monts Betsimisarakas; les géologues pensent qu'il y avait autrefois continuité entre les deux massifs et que la vallée du Mangoro est le résultat d'un effondrement local-

La cinquième zone est formée par le plateau central, pays fortement mamelonné dont l'altitude moyenne varie, suivant les régions, de 1300 à 1 560 mètres. Tananarive est situé à 50 kilomètres environ à l'ouest de la crête de l'Angave qui forme le bord oriental du plateau; l'Dtopa prend naissance à proximité de cette crête et, après avoir arrosé la banlieue de la capitale, se dirige du sud au nord vers Majunga.

Cet aperçu topographique permet de se faire ime idée du problème qui se posait pour l'adoption d'im tracé de chemin de fer de la côte est à Tananarive.

Les eaux descendent à l'Océan Indien par les vallées de quatre fleuves principaux qui sont, du nord au sud : l'Ivoloina et l'Ivondro, dont les embouchures encadrent Tamatave, l'une au nord, l'autre au sud; l'Iaroka, qui se jette à la mer à Andévorante; le Mangoro, dont l'embouchure est à Mahanoro, à 200 kilomètres au sud de Tamatave.

Le choix pouvait s'exercer entre ces quatre vallées pour guider la voie ferrée.

L'adoption de la vallée de l'Ivoloina ou de celle de l'Ivondro eût permis de faire passer la ligne par le riche pays sihanaka et de desservir son chef-lieu, Ambatondrazaka. Malheureusement on eût été conduit ainsi à im tracé de 500 kilomètres au lieu de 350, ce qui eût excédé de beaucoup les ressources de la colonie.

En outre, à Tépoque des premières études, la région située au nord-est de PEmyrue était encore incomplètement pacifiée et les travaux topographiques y auraient présenté d'assez sérieuses difficultés. On renonça donc à porter Teffort de ce côté. Quoi qu'il en soit, l'établissement d'un chemin de fer reliant le pays Sihanaka à Tamatave par l'une des deux vallées de l'Ivoloîna ou de rivondro reste une des éventualités de l'avenir. Tamatave deviendrait le débouché permanent et obligé d'une contrée que, dès à présent, ses ressources et sa fertilité naturelles désignent pour s'ouvrir largement à la colonisation. La ville, aujourd'hui outillée, assainie et embellie au prix de tant d'efforts, pourrait conserver ainsi son importance commerciale, s'il arrivait qu'on fût conduit plus tard à créer un port dans la région des lagunes et à reporter plus au sud les débouchés de l'Emyrne.

Le Mangoro, principal fleuve de la côte est, aurait pu également servir de guide à la voie ferrée; mais il se jette dans l'Océan Indien à loo kilomètres en latitude au sud de Tananarive et un tracé par sa vallée eût exigé aussi un développement hors de proportion avec les ressources dont on pouvait disposer.

Les solutions qui précèdent ayant été écartées par raison d'économie, il ne restait à envisager que le tracé de l'Iaroka, pour lequel le colonel Marmier, commandant le génie du corps expéditionnaire, s'était prononcé dès 1896, après avoir fait explorer la vallée de ce fleuve par les capitaines Dorand, Cré et Goudard. Les capitaines Dorand et Cré avaient rencontré des difficultés insurmontables, le premier en suivant l'Iaroka même, et le second dans une exploration qu'il fit, par acquit de conscience, sur la ligne de crête qui longe la rive droite du fleuve. Le capitaine Goudard fut plus heureux sur la Vohitra, affluent de gauche de l'Iaroka. Il reconnut la possibilité d'établir un tracé — adopté depuis dans ses grandes lignes — qui, partant de la côte, remontait cette rivière, puis empruntait la vallée de son affluent, la Sàhantandra, jusqu'au voisinage de la crête des monts Betsi-

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