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LA ROUTE DE L'OUEST

je voulais régler diverses questions intéressant les régions du nord de rEmyme. Je tenais aussi à me rendre compte de l'état d'avancement de la route de l'ouest et à porter mes encouragements au personnel qui, sous la compétente direction du capitaine d'artillerie coloniale Mauriès, s'employait avec un remarquable entrain à l'achèvement de cette importante voie de communication. Le choix du versant est pour l'établissement du chemin de fer n'impliquait en efiFet ni le ralentissement, ni, à fortiori^ l'abandon des travaiix de la route de l'ouest. Il était de toute évidence que des communications rapides et faciles s'imposaient entre deux centres aussi importants que Tananarive et Majunga; d'autre part, si les transports de l'Europe vers la capitale de l'île, ou inversement, étaient plus longs et plus coûteux par la côte ouest que par Tamatave, il en était autrement pour les régions du nord de l'Emyme, dont l'intérêt était de continuer à chercher leur débouché vers Majunga.

Mon voyage s'accomplit dans d'excellentes conditions, en trois demi-journées, avec étapes successives à Ankazobé le premier jour, Mahatsinjo le second et arrivée à Mévétanana le surlendemain du départ, dans la matinée. Sur cette route de fortune, non empierrée, qui présentait encore par places des rampes rapides et des tournants très courts, le parcours total de 350 kilomètres avait pu être effectué très aisément en 18 heures par une voiturette six-chevaux, portant quatre personnes et lourdement chargée de bagages.

Les constatations satisfaisantes que je fis, au cours de cette toiumée, sur la situation politique du pays et l'état d'esprit des habitants me permirent de juger que je pouvais, sans inconvénient, placer sous le régime de Tadministration civile une partie des régions parcourues. Quelques semaines plus tard, je supprimai le 4™* territoire militaire et transformai le cercle d' Ankazobé en province sous l'autorité d'un administrateur.

Dans le mois qui suivit mon retour à Tananarive, je pris aussi une mesure, dont j'avais entretenu, en France, M. le

ministre des Colonies, et qui devait pennettre de régler rapidement, avec les effectifs et les moyens politiques nécessaires, l'importante question de la pénétration et de l'organisation définitives des vastes régions du sud de Pile. Jusqu'alors, d'excellents résultats partiels avaient été obtenus dans ces contrées, mais il importait de Coordonner les efforts et de les faire agir avec plus de cohésion^ suivant une ligne politique et des vues d'ensemble bien déterminées. C'était le seul moyen de mettre fin à certains tiraillements, et surtout, de fixer les bandes nomades, toujours en état de demi-rébellion, qui, sur les limites indécises des provinces et des cercles, se réclamaient, suivant les circonstances, de l'un ou de l'autre et, en réalité, vivaient aux dépens de tous, de pillages et de razzias.

Des incidents récents montraient qu'il fallait agir. Dans la région forestière de l'est, le lieutenant Frénée, allant au rendezvous d'un chef qui lui faisait des ofres de soumission, avait été traîtreusement attaqué et blessé. Ailleurs, le lieutenant Lorin, occupé à construire une route, avait été de même assailli, blessé, et aurait succombé avec son personnel sans l'arrivée opportune d'un détachement de renfort.

Pour atteindre le but que je me proposais, un arrêté du la septembre 1900 créa le commandement supérieur du Sud, grande circonscription territoriale qui groupa sous une autorité unique les provinces civiles de Fianarantsoa et de Farafmgana ainsi que les cercles militaires des Baras, de Tuléar et de Fort-Dauphin. Je confiai ce commandement au colonel Lyautey, certain d'avance qu'investi de tous les pouvoirs et pourvu des effectifs que je mettais à sa disposition, il saurait, vite et bien, régler la question.

Peu après qu'il eût rejoint Fianarantsoa, chef-lieu de son commandement, je me rendis moi-même dans cette ville pour arrêter avec lui les grandes Ugnes de l'exécution.

Je passe rapidement sur ce voyage, en mentionnant seulement le développement considérable pris depuis deux ans par la petite ville d'Ambositra, à la suite de découvertes minières dans la

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