UNE POPULATION MÊLÉE
établiront seules Timportance économique relative de ces différents points et l'ordre d'urgence dans lequel des travaux maritimes considérables pourront y être entrepris. En ce qui concerne Majunga, le grand phare de Katsépé qui éclaire l'entrée de la rade, les quelques quais qui ont été construits et les diverses mesures prises pour améliorer les opérations d'embarquement et de débarquement, donnent amplement satisfaction aux besoins actuels du commerce maritime et de la population.
Le 5 juillet, je préside la cérémonie de la pose de la première pierre d'un monument à la mémoire du capitaine Mauriès, de l'artillerie coloniale, mort subitement à Tananarive l'année précédente, au moment où il s'apprêtait à rentrer en France après avoir mené à bien la difficile construction de la route de l'ouest.
Le 6, je me rends à Marovoay, où se tient une foire régionale très achalandée, à laquelle participent plusieurs colons et un grand nombre d'indigènes de toutes les parties de la province. Cette réunion est due à l'initiative de M. l'administrateur Moriceau, chef de la province de Majunga, qui a institué en outre dans les principaux centres de sa circonscription des marchés hebdomadaires très fréquentés. Ceux de Marovoay vont à peu près de pair avec ceux de Majunga et c'est là que se traitent toutes les grosses affaires de bœufs de la province. Pour aider encore au développement de ces transactions, je décide la création d'un service régulier de navigation à vapeur avec Majunga.
Marovoay est un des points de l'île où la population offre le plus de diversité de races et de provenances. Outre les Sakalaves, qui forment la race autochtone, on y rencontre des Ho vas, qui ont été les premiers à défricher le pays et à aménager en rizières une partie de l'immense plaine à laquelle la petite ville a donné son nom, des Betsiléos descendants des premiers esclaves importés par les précédents, des Betsimisarakas, des Sihanakas, quelques Tsimihety, de nombreux Comoriens et Anjouanais, enfin une colonie très importante d'Indiens. Dans un kabary où je réunis ces divers éléments de la population, je leur rappelai
que tout en conservant leurs coutumes et leiu-s traditions^ ils devaient vivre en bonne intelligence, suivre les conseils des autorités françaises et unir leurs efiForts pour assiu'er la prospérité de la fertile région où ils étaient établis.
Je profitai de mon voyage de retour à Majimga pour m^arrêter à Ambohanio, où sont installés les ateliers de la Compagnie coloniale et des mines d^or de Suberbieville. Ces établissements, situés sur la baie de Bombetoka, à ii milles environ de Majunga, ont été créés en 1895 en prévision dé la construction à Ambohanio d'un port de rupture de charge entre les grands transports d'Europe et les petits bateaux de rivière, trop exposés dans la grande rade.
Après avoir assisté à Majunga aux fêtés du 14 juillet, je m'embarque le 20 sur le croiseur Infernet^ à destination de l'ouest et du sud. Nos premières escales sont les principaux ports du territoire sakalave : Soalala, Maintirano, Tsimanandrafozana et Morondava.
A Soalala, où nous arrivons le 21, je suis reçu par le colonel Audéoud. La situation politique de la région est aussi satisfaisante que je pouvais l'espérer. L'état d'esprit des indigènes est bon et les cultures ont été reprises partout, principalement dans la zone côtière, propice à l'élevage et aux travaux agricoles. L'impôt rentre régulièrement; plusieurs négociants européens sont déjà installés dans le pays.
De Soalala, VInfernet nous conduit à Maintirano, où nous arrivons le 23 ; en débarquant, je vois, massés sur la place, les chefs indigènes de la contrée ; parmi eux, je reconnais la reine Bibiassa et le gouverneur d'Ankavandra, Andriantsîleondoza, premier chef sakalave ayant accepté l'autorité française.
Le calme est maintenant rétabli dans tout l'hinterland, même dans les régions telles que le Fonjia, le Bemaraha et la vallée du Manambolo, où, un an auparavant, nos troupes rencontraient encore ime sérieuse résistance. Les progrès politiques ont eu une répercussion favorable sur le commerce général de la contrée et
LA GARE DU CHEMIN DE FER D'IVONDRO A L'ORIGINE DU CANAL DES PANGALANES.
VILLAGE DE BEFORONA.