‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 78 sur 170 · KABARY AUX CHEFS SAKALAVES · texte numérisé non relu

KABARY AUX CHEFS SAKALAVES

notamment sur la récolte et l'exportation des produits naturels.

De vastes massifs forestiers existent dans le pays , principalement sur le littoral et dans le Bemaraha. Ils comprennent de$ essences précieuses et variées : ébène, palissandre, bois de rose, et diverses espèces résineuses et caoutchoutifères. Dans les forêts côtières, on trouve en abondance le hazomalangay bois très léger, imputrescible, qui peut remplacer le sapin de Norvège. Bien que les cultures indigènes aient été toujours limitées aux besoins d'une population pauvre et clairsemée, le sol est loin d'être stérile. La bande sablonneuse du littoral n'offre qu'une faible largeur et, sur plusieurs points, cesse à proximité immédiate de la mer. En arrière, la composition du terrain est très variable. Ce sont tantôt des alluvions argileuses assez compactes, tantôt des sols légers, mélangés de sables et de détritus fossiles, excellents pour l'élevage et les cultures.

L'escale suivante est Tsimanandrafozana à l'embouchure de la Tsiribihina. Le nom de cette localité dont l'étymologie peut donner carrière aux imaginations, signifie en malgache : c où il n'y a pas de belle-mère }^. Après avoir visité le poste, je m'embarque à bord du Capitaine Flaydky canonnière à vapeur qui fait le service du fleuve.

Nous sommes bientôt en plein pays sakalave; sur les deux rives de la Tsiribihina se succèdent des postes militaires scdidement protégés par une double enceinte palissadée et des défenses accessoires.

Le soir, nous faisons étape à Sérinam-Betsileo, poste du capitaine MtiUer, à une quarantaine de kilomètres dans l'intérieur.

Le lendemain matin, a lieu im grand kabàry auquel assistent la plupart des chefs sakalaves qui ont été mêlés aux événements des dernières années. Parmi eux se trouve Inguereza, qui, rallié en 1897, avait fait défection plus tard pour prendre la direction du mouvement insurrectionnel. A côté de lui, se tiennent Ozoué et Havana, autres chefs influents restés longtemps irréductibles. Le dernier a amené son pupille, le jeune Kamamy, fils du roi Toéra,

qtiî, âgé seulement d'une dàzaine d-années, est considéré comme représentant légitime de la dynastie sakalave et jouît dW grand prestige dans toute la région.

J'explique il cet auditoire que je Tai convoqué pour dissiper tout malentendu et que je tiens à lui faire connaître moi-même les volontés de la France. Le passé est oublié et personne ne sera inquiété pour ses actes antérieurs; Mais, en échange de sa mansuétude, le Gouvernement exige que les Sakalaves renoncent à leurs habitudes de pillage et qu'ils acquittent Pimpôt.

Les principaux chefs me font des promesses formelles, mais Texpérience de leurs fluctuations ne laisse pas de m'inspirer des doutes sur leur intention de tenir parole.

A Morondàva, où VInfernet fait ensuite escale, quelques excursions dans l'intérieur me permettent de constater que l'ordre et la tranquillité ont reparu partout, que les villages se sont repeuplés et que les habitants semblent vouloir se fixer au sol et renoncer à leur vie nomade d'autrefois.

En résumé, grâce à la politique ferme et bienveillante du colonel Audéoud, la situation du territoire sakalave s'est améliorée considérablement, le commerce a pris un essor marqué et les statistiques douanières accusent une augmentation considérable des transactions.

Mon voyage doit se continuer par les escales de Tuléar, Fort- Dauphin et Farafangana, chefe-lieux des trois circonscriptions côtières du commandement supérieur du Sud.

J'ai déjà exposé les raisons qui m'avaient amené à créer cette grande unité territoriale.

Au mois de septembre 1900, deux vastes régions étaient encore insoumises, ou complètement impénétrées. C'étaient à l'est : la zone forestière qui s'étend parallèlement à la côte sur les limites des provinces de Fianarantsoa, de Farafangana et du cercle des Baras, depuis Ikongo au nord jusqu'au cercle de Fort- Dauphin au sud; au sud, le pays des Mahafsdy et des Antandroy. Ces contrées n'étaient pas les seules où la pacification restait à

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