RICHESSES AURIFÈRES
le lit des cours d'eau actuels ou les terraias riverains, jusqu'à la hauteur des plus grandes crues.
Ls, puissance des alluvions varie beaucoup suivant les régions ; elledescendsur certains placers à 0** 15 et atteint sur d'autres l'^so. n en est de même pour la couche de matériaux stériles, qui est parfois de moins de i mètre et s'élève ailleurs, par exemple, sur quelques gisements de la région de Mévét^mana, jusqu'à 12, 15 et 18 mètres.
L'or de Madagascar est en général fort pur et se présente d'ordinaire en paillettes très fines. Les pépites cependant ne sont pas rares; l'une des plus belles que j'ai vues dépassait 300 grammes; elle avait été découverte dans la vallée de la Mahajamba et appartenait à M. Sescau, président de la Chambre consultative de Tsmanarive et l'un des principaux exploitants d'or de Madagascar.
Les teneurs des alluvions sont aussi très variables et souvent insuffisantes pour permettre une exploitation rémunératrice aux Européens. Dans le cas le plus général, celle-ci peut être avantageusement entreprise lorsque la teneur dépasse 80 centigrammes au mètre cube. Dans la région de Mévétanana, ces teneurs sont en moyenne un peu plus fortes et certaines poches exceptîoimellement riches (au Belambo) ont fourni jusqu'à 100 grammes. Dans la région de l'Ampasary, les teneurs se sont élevées à des moyennes de 7 à 8 grammes et ces chiffires ont été, sur certsdns points, considérablement dépassés.
Enfin, on commença en 1902 à signaler sur divers points un assez grand nombre de variétés de pierres plus ou moins précieuses : corindons, topazes, béryls, grenats, tourmalines, améthystes, agates, etc.En général, ces pierres se rencontrent en fragments roulés dans les alluvions aurifères et mélangées aux éléments les plus lourds.
Parmi les autres questions économiques se rattachant à la connaissance géologique de l'âe, l'ime des plus étudiées, en raison de l'intérêt considérable qu'elle présentait, a été celle des
combustibles minéraux signalés depuis longtemps au sud de Nossi-Bé, entre la baie d'Ampassindava et Port-Radama.
Les recherches et travaux les plus récents — notamment ceux de M. l'officier d'administration d'artillerie Villiamne et de M. Lemoine, jeune ingénieur géologue, qui, en 1902 et 1903, a accompli à Madagascar deux missions scientifiques très fructueuses — ont permis de conclure d'ime façon à peu près certaine que le terrain carbonifère proprement dit n'existe paç sur la côte nord-ouest de l'île. Les combustibles mis au jour, d'ailleurs en fort petite quantité, appartiennent, d'après MM. Douvillé et Zeiller, au lias supérieur et se rapprochent beaucoup plus du lignite que de la houille.
M. Alfred Grandidier a signalé, en outre, divers gisements de lignite dans les terrains jurassiques de Mévétanana. On rencontre enfin en Emyme, au Betsiléo et dans certaines autres régions, des tourbières fort étendues; leur utilisation industrielle ne s'est pas fait attendre, principalement dans la région de Tananarive où on les exploite aujourd'hui pour le chauffage des briqueteries, des fours à chaux, etc.
En même temps que s'effectuaient ces recherches géologiques et minéralogiques, l'état-major poursuivait méthodiquement son programme de travaux géodésiques dont la mise à exécution était commencée depuis 1897. Les officiers géodèses couvraient peu à peu l'île d'im réseau de triangles dans l'intérieur desquels les topographes exécutaient ensuite le levé au 1/50000* du terrain. En 1902,. les opérations eurent lieu le long de la côte est, sur une chaîne longitudinale d'environ 300 kilomètres entre Andévorante et Mananjary. En outre, deux missions spéciales exécutèrent, sur les routes de Tananarive à Mahatsara et à Majunga, des levés au 1/50000* pour la détermination des positions de défense.
Il était utile aussi d'encourager les études locales d'histoire, d'ethnologie, de linguistique et de sociologie ; à cet effet, je créai une Académie malgache composée de 18 membres titu-