‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 92 sur 170 · UNE ARMÉE DE TRAVAILLEURS · texte numérisé non relu

UNE ARMÉE DE TRAVAILLEURS

employé aux travaux finiraient par en avoir raison. D'ailleurs il s'en fallait que la zone d'activité fût limitée aux 30 kilomètres sur lesquels la locomotive circulait déjà.

En s'élevant en ballon au-dessus de Brickaville) un observateur aurait pu découvrir au loin, se succédant dans un ordre logique, les divers éléments de notre armée de travailleurs : ime pointe d'avant-garde, frayant un premier sentier dans la brousse; ensuite, la brigade d'études, sorte de tête d'avantgarde arrêtant définitivement le tracé, le piquetant sur le terrain défriché et ouvrant la voie aux éléments qui suivent ; puis, un gros d'avant-garde organisant les chantiers en vue du commencement prochain des travaux, construisant les logements et les magasins, réunissant les approvisionnements, complétant les moyens de conununication et de transport.

Derrière, le gros des forces : 10 000 ouvriers environ, occupés à établir la plate-forme et formant sur quelques points de véritables fourmilières. Enfin, une arrière-garde pose, sur la plate-forme terminée, les rails arrivant par le canal des pangalanes récemment ouvert à la navigation.

Ce spectacle d'une activité peu commune sous les latitudes tropicales : travailleurs débroussaillant le pays, comblant les marais et entaillant les montagnes, chaloupes à vapeur et locomotives lançant en l'air leurs panaches de fiimée et troublant de leurs sifflets stridents le/ar niente séculaire des indolents Betsimisarakas; tout cela était la preuve qu'en cette fin de 1902, la civilisation apportée par la France marquait par ime empreinte de plus en plus forte sa prise de possession de Madagascar.

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