UNE FÊTE PATRIOTIQUE
diplomate, une ode de belle envolée évoqua les mêmes sou-venîrs :
O Jean Laborde t Ainsi sur la-terre lointaine, Labonrenr glorieux, aiicoombaht à la peine»
Tu passas, semant le bon grain !
Longtemps il sommeilla sous la glèbe inclémente, . .
Et la guerre survint, e&oyable tourmente,
Où tonna la voix de l'airain.
Mais regarde! Aujourd'hui, qudles moissons superbes ! Près des sillons, voici que s'entassent les gerbes
Des épis d'or déjà cueillis !
Ton œuvre, Ô grand semeur, a bravé la tempête; Les temps sont accomplis, et la récolte est prête.
Pour la France, pour ton pays !
Puis, un défilé de toutes les écoles de Tananarive, fîrançaiseS) anglaises et norvégiennes, termina cette patriotique cérémonie.
Au commencement de 1903, la colonie avait participé au concours général agricole de Paris. Elle y obtint un grand diplôme d'honneur, c'est-à-dire un succès aussi complet qu^elle pouvait Tespérer. D'autre part, M. le ministre des Colonies voulut bien, dans les termes qui suivent, joindre à cette récompense le précieux témoignage de sa satisfaction pour les efforts de l'administration, de M. Prudhomme, directeur de l'Agriculture et de ses dévoués collaborateurs :
« M. le Président de la République a visité l'exposition de Madagascar avec le plus bienveillant intérêt. Je suis heureux de joindre mes félicitations à celles du jury du concours qui, en accordant à la Direction de l'Agriculture de votre colonie le grand diplôme d'honneur, a voulu marquer sa satisfaction pour les progrès réalisés.
€ Cette participation de Madagascar au concours général agricole de Paris a été des plus efficaces au point de vue de la vulgarisation des ressources de la grande île. De très nombreux renseignements ont été demandés, et il n'est pas douteux que
vos produits trouveront, grâce à cette exposition^ des débouchés nouveaux. »
Un peu plus tard, je reçus le long palmarès des récompenses obtenues par Madagascar à l'Exposition d'Hanoï, où M. l'architecte JuUy avait^ avec sa compétence habituelle, organisé la participation de la colonie. Le résultat avait répondu à nos efforts et M. Graffarel, vice-président du jury des récompenses, avait pu mentionner dans son rapport officiel « son joyeux étonnement en pénétrant pour la première fois dans le pavillon de Madagascar :^.
Au mois d'avril, je me rendis à Mahitsy, chef-lieu de district de la province d'Ankazobé, pour assister à l'inauguration d'un hôpital de l'assistance médicale indigène, dont la construction était également l'œuvre spontanée des fokon'olonas de la contrée; M. l'inspecteur général des colonies Picquié, alors en mission à Madagascar, avait bien voulu m'accompagner dans cette courte excursion. Notre voyage de retour nous foiumit l'occasion d'inspecter la léproserie d'Ambohidratrimo, située à i8 kilomètres de Tananarive, qui abritait plus de 700 malades. Après des débuts modestes, cet établissement était alors complètement approprié à sa destination ; les infortunés qu'il hospitalisait y recevaient tous les soins propres à adoucir leurs maux et à leur rendre moins pénible l'isolement dans lequel ils doivent être maintenus. De la léproserie nous nous rendîmes au village, où le gouverneur indigène nous fit visiter une magnanerie récemment créée pour initier les apprentis sériciculteurs de la région à tous les détails de l'éducation des vers et au dévidage des cocons.
Je passerai maintenant une revue rapide des principales mesures prises pendant l'année 1903 pour perfectionner l'organisme administratif, faciliter les transactions^ et serrer de plus près les divers problèmes intéressant le développement de la colonie. On ne saurait trop répéter que, dans un pays neuf comme Madagascar, toutes les grosses questions restent à
LES COURSES A TANANAKIVE.