‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 97 sur 170 · FONCTIONNAIRES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

FONCTIONNAIRES INDIGÈNES

Tordre du jour pendant une assez longue période, et changent d'aspect à chacune des étapes successives vers Torganisation finale. Il n'y a pas lieu, dès lors, d'être surpris des modifications apportées fréquemment à certaines réglementations importantes : administration indigène, main-d'oéuvre, enseignement, transports, etc. Lorsque tout est à créer, il faut éviter de méditer trop longtemps les réformes urgentes. On satisfait d'abord aux besoins les plus pressants en s 'inspirant de certains principes généraux, puis, d'année en année, on transforme, on perfectionne l'organisation première, en la creusant davantage dans tous ses détails, et en tenant compte des exigences des situations nouvelles.

Au mois de juillet, les circonscriptions administratives de la région centrale fiirent remaniées. Cette mesure eut pour but, d'une part une meilleure répartition ethnique des groupements indigènes, ensuite l'utilisation des fonctionnaires malgaches dans une plus large mesure que par le passé. Jusqu'alors, l'Européen seul avait fait acte d'autorité et d'initiative ; les fonctionnaires indigènes n'ayant pas offert au début des garanties suffisantes de compétence et d'intégrité, étaient restés confinés dans le rôle d'agents de transmission et d'exécution. L'organisation nouvelle, tenant compte d'une moralité plus relevée et d'une notion plus exacte des droits et des devoirs répandue partout, fit la part beaucoup plus large à nos auxiliaires malgaches, et les mit en mesure de devenir des collaborateurs et rendre de véritables services.

D'autre part, pour jprévenîr les exactions et fournir à l'Administration une nouvelle source de renseignements, je fis revivre, outre le fokon'olonaj l'ancienne institution du ben^ny tany^ sorte de conseil des notables indigènes, établi dans chaque district. Convoquée à des réunions périodiques au chef-lieu, cette assemblée de 8 à 10 membres reçut la mission de seconder le chef européen de la circonscription, de lui fournir tous avis sur l'état d'esprit et les besoins des populations, de l'éclairer sur la situais»)

tîon économique et de lui proposer, le cas échéant, les mesures susceptibles de Paméliorer.

Déchargés par cette organisation de Texécutîon des détails, les administrateurs purent s'appliquer d'une façon beaucoup plus suivie que précédemment à leur mission de direction et de contrôle. L'essai pratiqué en 1903 dans les provinces de rEmyme fiit fécond en enseignements utiles; il permit en outre de réduire dans une proportion sensible les dépenses du personnel européen, sans que celles du personnel indigène appelé à un rôle plus large et à un concours plus actif, fussent notablement augmentées.

Une importante innovation fut aussi introduite en 1903 dans le Service de TEnseignement. Après m'être attaché à créer des écoles indigènes et à leur donner xme organisation appropriée aux besoins, j'avais été bientôt amené en présence de la poussée de l'immigration, à me préoccuper aussi de l'instruction des enfants européens. Pour répondre à ce besoin nouveau, je créai à Tamatave xme école dont le progranmie spécial fut de former, dans la colonie même et pour elle, une phalange de jeunes gens de notre race, familiarisés avec le milieu et prêts à y suivre les trois grandes carrières économiques : agriculture, commerce ou industrie. A Tananarive, Diego et Majxmga, où la population européenne ou créole est beaucoup moins nombreuse qu'à Tamatave, il ne fut institué d'abord que des écoles préparatoires pour les garçons.

La situation de l'enseignement indigène se résumait ainsi au mois de janvier 1903 : la colonie possédait 650 écoles, dont 300 environ appartenant à l'enseignement officiel ; la proportion des élèves était sensiblement la même : environ 22 000 dans les écoles officielles, sur 50000, chiflBre total. Le mouvement scolaire était surtout prononcé en Emyme (406 écoles avec 36 000 élèves), mais il était également très marqué au Betsiléo, et commençait à s'accentuer dans les autres régions, principalement sur la côte nord-ouest et en pays sakalave.

Page 1