INSTRUCTION OBLIGATOIRE
Les programmes furent orientés de plus en plus vers Péducation professionnelle. Au mois de juin 1903, la réglementation antérieure fut remaniée et les principes suivants furent mis en vigueur.
L'instruction est obligatoire pour tous les enfants de 8 à 13 ans dans les yariïany (cantons) où existe une école officielle rurale. Les écoles régionales, qui forment Péchelon au-dessus de l'école rurale, se subdivisèrent désormais en : sectîon agricole et section industrielle ; enfin, dans chaque localité possédant une école régionale, il fut créé xme école professionnelle de filles.
D'autre part, le recrutement dé fonctionnaires malgaches aptes au rôle qui venait de leur être dévolu devait être alimenté par une génération nouvelle, soigneusement sélectionnée et préparée par un enseignement spécial. A cet effet, un arrêté du 5 juillet créa à Tananarive, à Mahanoro sur là côte est, et à Analalava sur la côte ouest, trois écoles administratives, destinées à pourvoir à ces besoins.
Pour cette organisation nouvelle, comme pour toutes celles qui avaient précédé, M. Deschamps, directeur de PEnseignement, et tout son personnel européen d'instituteurs et d'institutrices, me fournirent une collaboration aussi intelligente que dévouée, à laquelle j'ai ici le devoir de rendre hommage.
Il convient aussi de mentionner leè principaux résultats obtenus à l'école professionnelle de Tananarive. Après quelques transformations successives, cette école comprenait en 1903, sept sections : travail du bois (menuiserie, ébénisterie et charpente) ; travail des métaux (serrurerie, ajustage et forge); textiles et tissage indigènes; ferblanterie; céramique; horlogerie et bijouterie; tannerie et corroirie. A la tête de chaque sectîon était placé un contremaître européen. La section de tannerie a fait faire des plantations de pêchers qui pourront lui fournir par la suite toutes les écorces nécessaires au traitement des peaux; celle des textiles a commencé — à titre d'encouragement aux colons et aux indigènes sériciculteurs — des achats de cocons du
pays réunissant certaines conditions de poids et de qualité, etc. A tous les points de vue, l'institution a porté ses fruits et facilité T essor économique et industriel du pays. Depiiis sa fondation jusqu'en 1903, Técole professionnelle a reçu près de 800 élèves, dont un tiers environ poursuit ses études et un autre tiers est établi. Dans lé troisième tiers, le Service de TEnseignement a pris un certain nombre de contremaîtres pour les écoles régionales; la plus grande partie du reste est retoumée aux travaux agricoles et a contribué à vulgariser dans les campagnes des connaissances pratiques utiles au but général poursuivi. L'école professionnelle d'Analalava et les écoles régionales ont donné, toutes proportions gardées, des résultats analogues.
Au commencement de 1903, le ministère me transmit un décret du 13 décembre précédent, rendu sur ma proposition, qui réglementait le commercé des boissons spiritueuses à Madagascar, et dont les dispositions avaient en vue de combattre, par un relèvement des taxes, la propagation de l'alcoolisme dans la colonie.
Un progrès fut eflFectivement réalisé dans cette voie et les statistiques des années suivantes firent ressortir à la fois une diminution dans l'importation des absinthes, vermouths, bîtters, etc.) et une augmentation dans celle des boissons hygiéniques.
En dehors des mesures administratives, certaines créations nouvelles améliorèrent d'une façon immédiate l'outillage économique de la colonie.
Je citerai d'abord l'institution, au mois de mai 1903, d'tm service d'automobiles entre la côte est et Tananarive. Lors de mon séjour en France, en 1900, j'avais fait part à quelques ingénieurs de mon intention d'expérimenter ce mode de locomotion rapide à Madagascar. Les avis avaient été plutôt défavorables; on avait objecté la topographie accidentée du pays, la température trop élevée pour assurer dans de bonnes conditions le