‹ Neuf ans à Madagascar [par le] général GallieniChapitre 155 sur 179 · CAISSE DE RÉSERVE ATTEINT EN I905 LE MAXIMUM LÉGAL DE SON ENCAISSE · texte numérisé non relu

CAISSE DE RÉSERVE ATTEINT EN I905 LE MAXIMUM LÉGAL DE SON ENCAISSE

J'ai relaté d'autie part le désordre des finances sous l'ancien Gouvernement malgache et l'arbitraire qui présidait alors à la levée des impôts. Certains de ceux-ci étaient bien définis quant à leur objet et à leur chiffre; mais, à côté de ces taxes, il en existait d'autres, les plus nombreuses, pour la perception desquelles la seule règle était le bon plaisir ou le caprice du Pouvoir. D'ailleurs, entre le peuple qui payait et le trésor royal qui encaissait, les deniers publics étaient largement écornés. Sur six à sept millions payés chaque année par les Malgaches, deux à peine, échappés à la cupidité des fonctionnaires de tous ordres, étaient versés effectivement au palais de Tananarive.

A mon arrivée, l'organisation financière de la Colonie, dont on avait jeté les bases au lendemain de l'expédition, était encore à l'état embr>'onnaire. Le budget de 1896 s'est soldé de la manière suivante :

Recettes 5S38540 24

Dépenses 5i53o83 88

Excédent des recettes sur les dépenses 385 451 36

Dés mon entrée en fonctions, je me préoccupai de préparer le budget de 1897 et de l'asseoir sur des bases aussi précises et aussi régfuliéres que possible.

La première chose à faire était de fixer l'impôt, en spécifiant nettement la nature et la quotité des différentes taxes. Comme d'autre part je n'avais pu encore faire connaissance avec les rég-ions côtiéres, je me bornai provisoirement à statuer pour l'Emyrue, où la matière imposable était beaucoup plus importante que dans les autres parties de l'île. Cette première rég-lementation fut établie par l'arrêté du 20 novembre 1896, dont les considérants indiquèrent que le régime fiscal serait « basé sur les coutumes et règlements malgaches, préalablement revisés de façon à enlever aux perceptions tout caractère arbitraire ou vexatoire ».

Il fut proclamé et publié partout que les anciens privilèges d'exemption étaient supprimés et que dorénavant l'impôt pèserait également sur tous. (Voir chapitre III).

D'autre part, les administrateurs des provinces et cercles extérieurs à l'Emyrne furent invités à s'inspirer des prescriptions que je venais de donner en pays hova et à me soumettre pour leurs circonscriptions un S5-stéme d'impôts en hanuonie avec les conditions locales et les ressources des populations.

Les résultats de l'exercice 1897 dépassèrent les espérances. La balance se solda ainsi :

Recettes 9093S20 38

Dépenses 7 495 131 »

Excédent des recettes sur les dépenses 1598689 38

Le budget de 1898 fut le premier établi dans la fonne régulière, en ce sens qu'à l'aide des renseignements recueillis l'année précédente, on put combler la lacune principale du budget de 1897, c'est-à-dire : évaluer les recettes. A cet égard, le recensement de la population et de la matière imposable en Emyrne fournit des indications précises et permit, par la revision des taxes et de leur mode d'application, d'apporter quelques modifications opportunes au système fiscal. En outre, des livrets individuels du modèle ci-contre furent délivrés à tous les indigènes pour leur servir de pièce d'identité et recevoir les inscriptions de leurs versements successifs au titre de l'impôt. On put ainsi exercer un contrôle sérieux et réaliser un progrés en empêchant des abus. D'une part, en effet, la production du livret permet à l'autorité de s'assurer que personne ne se soustrait au versement de l'impôt; d'autre part, cette pièce n'est pas moins utile au détenteur, et la mention obligatoire de toutes les sommes payées aux agents du Gouvernement le met à l'abri des perceptions illégales et de toute tentative d'exaction.

Les résultats du budget de 1898 furent les suivants :

Recettes 12992856 88

Dépenses lo 465 765 09

Excédent des recettes sur les dépenses 2527091 79

A partir de i8g8, les progrés de la pacification, les communications devenues plus faciles et la connaissance plus exacte qu'on commençait à avoir des ressources des diverses régions permirent — ce qui n'avait pas été pratiqué jusqu'alors — de centraliser l'ordonnancement à Tananarive, entre les mains du secrétaire général. C'était le seul moyen d'employer avec méthode les ressources de la Colonie, en faisant un bloc de toutes les recettes et en proportionnant l'allocation de» crédits à l'importance relative des besoins des diverses régions.

Le budget de 1899, donna les résultats suivants :

Recettes 14985 154 82

Dépenses 14075889 65

Excédent de recettes 909265 17

Les exercices postérieurs ont donné les chiffres ci-après :

En 1900 :

Recettes 19310785 24

Dépenses 17062244 73

Excédent de recettes 2248540 51

/ J sg^ 151.

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