FORMATION DE LA COALITION
et à Vienne sur des faits aussi évidents. A Londres, où Ion se prêtait de fort mauvaise grâce à ces vains efforts de faire la paix, avant d'avoir fait (sérieusement) la guerre, on vovait plus clair. J en étais navré ; mais je ne pouvais plus rien faire,
Paris, janvier 1855.
JANVIER
Lundi 1er. — A deux heures et demie, réception dans la salle du trône. On y voyait les grandes charges de la Cour, les ministres, les cardinaux, les maréchaux, les amiraux, le gouverneur des Invalides, le gouverneur d'Algérie (le général Randon) et les grand'croix de la Légion d'honneur. L'Empereur souffrant d'un léger accès de goutte, le premier qu'il ait eu, se servit d'une canne. Il porta l'uniforme de général et, au-dessus du cordon, le collier de la Légion d'honneur. Il n'adressa la parole qu'aux envoyés les plus anciens et passa devant les autres en les saluant par un sourire gracieux et en inclinant la tête légèrement. C'est que nous sommes devenus un peu altier depuis que nous sommes entré dans le concert européen. Il me disait : « Je viens d'écrire à l'Empereur pour le remercier de la marque de sympathie qu'il m'a donnée en me conférant l'ordre de Saint-Etienne, et j'espère que l'année qui commence verra se resserrer plus encore les liens qui nous unissent. »
Mardi 2. — Ce soir, comme l'année dernière, réception des dames, à laquelle les hommes ne sont pa?