CX EMPRUNT DE 72 MILLIONS
rage pas. Je compte sur la communauté d intérêts qui existe, dans cette question, entre nous et les puissances occidentales. En attendant, l'empereur Napoléon, aigri et inquiet — l'échec devant la tour de Malakoff et le revirement qui s est accompli chez nous, expliquent sa mauvaise humeur et ses préoccupations — l'empereur Napoléon s'est jeté, corps et àme, dans les bras de l'Angleterre.
JUILLET
Dimanche 1" . — Par mon courrier d'aujourd'hui j'expose les inconvénients et les dangers d'une rupture avec la France. Je peins exactement la nature de mes relations avec Walewski. On y trouvera la preuve que je sais sauvegarder la dignité de mon souverain dans ces jours de crise.
Lundi 2. — Aujourd'hui, ouverture solennelle de la session législative. On demande aux Chambres un nouvel emprunt de 750 millions ; la garantie à accorder, en commun avec l'Angleterre, à un emprunt turc de 120 millions et plusieurs nouveaux impôts, formant un total de 72 millions. Dans son discours du trône, qu'on ne peut trouver que fort maladroit, l'Empereur expose la marche des négociations de Vienne et dit : a Nous sommes encore à attendre que l'Autriche exécute ses obligations » (c'est-à-dire que, en vertu du traité de 2 décembre, elle déclare la guerre à la Russie.) J'ai télégraphié à Buol les parties essentielles
de cet étrange spécimen d'éloquence de Sa Majesté. Quoique fort tenté de prendre, vis-à-vis de son ministre, le verbe haut, je crois avoir bien fait de me contenir. La rédaction de mon rapport en Cour, aussi, exigeait une grande circonspection, car d'un côté il fallait exprimer ma juste et profonde indignation, et de l'autre côté je devais le faire, de manière à ne pas augmenter l'irritation qui règne à Vienne en haut lieu. Je dois me souvenir que nous sommes toujours des alliés et qu'il est, à mon avis, dune bonne politique de continuer de l'être.
Vendredi 6. — Reçu par courrier des dépêches de Buol datées du 3. 11 a changé complètement de ton. Malgré le discours du trône de l'empereur Napoléon, il s'exprime avec calme et modération. Évidemment, le bon sens l'emporte sur la passion. Les colères vraies ou factices s'apaisent. Buol désire mettre fin à toute discussion irritante entre Vienne et Paris.
Lundi 9. — L'empereur François-Joseph est retourné aujourd'hui à Vienne, venant de Gallicie, où il a inspecté notre armée décimée parle choléra. — Bonne entrevue avec Walewski. Il a proposé au cabinet de Londres de laisser tomber les interpellations qu'on avait eu l'intention de nous adresser sur l'interprétation du traité de décembre, et me dit que l'empereur Napoléon désire maintenir l'alliance autrichienne.
Vendredi 13. — Aujourd'hui lord John Russell a donné sa démission. On allègue comme motif la publi-