DÉPART DU GENERAL CRENNEVILLE
cation, dans 1 Indépendance belge, delà dépêche du comte Buol, à moi, du 20 mai. — Aujourd hui, est morte à Kœthen la duchesse douairière Julie d'Anhalt-Kœthen.
Mercredi 18. — Le général Crenneville, qui retourne à Vienne, a eu son audience de congé. L Empereur a été fort gracieux et lui a donné la plaque de grand officier de la Légion d'honneur. Toute cette soi-disant mission militaire n a été qu'une démonstration inventée par Drouyn de Lhuys pour faire croire à la solidité de l'alliance autrichienne. Mais je pense que personne n'en a été la dupe, excepté ce brave général qui, au reste, lui aussi, n'a pas tardé de comprendre. Dans les circonstances si modifiées depuis la retraite de Drouyn de Luys, cette mission aurait bien pu tourner fort mal et je suis charmé de la voir se terminer aussi convenablement. Crenneville, qui a fait preuve de tact et de patience et, ce qui est en pareil cas l'essentiel, n'a pas voulu faire de la diplomatie, part très content de son séjour.
Jeudi 19. — Non seulement dans les hautes régions militaires de Vienne, mais aussi à Milan et Vérone, dans l'entourage du vieux maréchal Radetzky, on est décidément russe et on ne manque aucune occasion d'en faire parade. Pour moi, c'est une source intarissable d'embarras et de troubles. J'appelle 1 attention de Buol sur un article de la Gazette officielle de Vérone, en disant (1) : « Il ne manquera pas d'être signalé au gouvernement français comme une attaque odieuse
'4) Lettre particulière au comte de Buol, du 15 juillet.
dirigée contre la personne de l'empereur des Français, d'autant plus que le journal qui le donne porte en tète l'aigle impérial et le titre de gazette officielle. J'ai beau dire que les gazettes, soi-disant officielles, qui paraissent dans nos provinces ne sont pas le Moniteur. On me répond : « Vous ne soutiendrez pas que le maréchal Iladetzky n'est pas en mesure de contenir la presse du royaume lombardo-vénitien et de mettre le souverain et le gouvernement de France à l'abri de ses attaques. Il n'est aussi que juste de dire que les journaux français sont obligés de nous traiter avec les égards dus à une puissance amie. On demande la réciprocité. »
Samedi 21. — L'Exposition amène un grand nombre de compatriotes et je reçois beaucoup à dîner. — Ce soir, rout au Palais-Royal, chez le prince Napoléon (dit Plonplon) . Son Altesse me parla avec effusion de son dévouement pour l'empereur Napoléon (!) et de son désir de voir s'affermir l'alliance autrichienne (!!). C'est, certainement, un homme d'esprit. Ce qu'il me disait de la guerre de Grimée, qu'il maudit, m'a paru fort sensé. « Faites la grande guerre à la Russie avec l'Europe coalisée, aurait-il dit à son cousin impérial, ou bien faites-lui la petite guerre maritime avec quelques troupes près de Constantinople. »
Jeudi 26. — Les pourparlers avec Walewski sont repris et marchent bien.
Lundi 30. — H y a foule de compatriotes. Hammer- Purgstall vient de grand matin. Ce musulman octogé-