‹ Neuf ans de souvenirs d'un ambassadeur d'Autriche à Paris sous le Second Empire, 1851-1859;Chapitre 146 sur 198 · GRANDE VICTOIRE EN CRIMÉE · texte numérisé non relu

GRANDE VICTOIRE EN CRIMÉE

naire est dune activité incroyable. Kuranda, le rédacteur de Y Ost-Deutschen Post, et des touristes de toutes les parties de la monarchie viennent m'incommoder. Presque tous croient avoir découvert Paris et sentent le besoin de confier à l'ambassadeur leurs impressions de voyage. Il faut les écouter patiemment, ce qui n'est pas toujours facile; mais, en revanche, mes compatriotes (je parle ici du grand public voyageur) sont faciles à vivre, bons enfants, toujours gais et ne faisant jamais de prétentions impossibles à satisfaire.

AOUT

Mercredi 1". — Walewski me prévient que la France, de concert avec l'Angleterre, répondra à nos deux questions affirmativement; les quatre garanties formeront le minimum de la future paix avec la Russie; oui, la France et l'Angleterre ont pris l'obligation de n'entrer en aucun arrangement avec la Russie, avant d'en avoir délibéré en commun avec l'Autriche. Le traité du 2 décembre est toujours en vigueur.

Jeudi 16. — Buol m'écrit que les déclarations des cabinets français et anglais sont jugées par lui satisfaisantes.

Samedi 18. — La reine d'Angleterre est arrivée ce soir. — On mande de la Crimée une grande victoire des alliés. Les Russes les avaient attaqués avec 60,000 hommes d'infanterie, (3,000 cavaliers et 20 bat-

teries. Us furent refoulés derrière laTchernaïa avec des pertes énormes.

Aujourd'hui a été signé, à Vienne, un concordat avec le Saint-Siège.

SEPTEMBRE

Dimanche 9. — Aujourd'hui, vers midi, les troupes françaises ont pris le Malakoff

Lundi 10. — Le Moniteur donne une dépêche de Pélissier annonçant la prise du Malakoff. Les Anglais s'étaient emparés du redan, mais furent obligés de l'évacuer. Ce soir, les édifices publics sont illuminés. A sept heures, le canon des Invalides se fait entendre.

Mardi 11. — Le baron de Kiïbeck, président du conseil de l'Empire, est mort aujourd'hui du choléra à sa campagne, près de Vienne. Buol, en parlant de lui, me disait un jour : « C'est la haute critique. » C'est vrai. Seulement, il la faisait à l'oreille de l'Empereur. Par conséquent, pas moyen de se défendre.

Jeudi 13. — Te Deum à Notre-Dame, en actions de grâces pour la prise de Sébastopol. L'Empereur, dont les traits s'animent si rarement, avait l'air d'un inspiré. Grand embarras du corps diplomatique. Devait-on s'y rendre, oui ou non? La plupart de ses membres, suivant mon exemple, ont assisté à la cérémonie. Les ministres de Suède, de Danemark et de Belgique, comme représentants d'États neutres, se sont abstenus,

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