‹ Neuf ans de souvenirs d'un ambassadeur d'Autriche à Paris sous le Second Empire, 1851-1859;Chapitre 158 sur 198 · VISITE DE M. DE WENDTLAXD · texte numérisé non relu

VISITE DE M. DE WENDTLAXD

et le comte de La Grange, qui lest fort peu. Nous avons ensuite vu la bibliothèque du Corps législatif et tout l'édifice.

Mercredi 5 . — Le temps fort radouci. Hier il faisait froid. Les changements brusques de température portent sur les nerfs. — Longue visite de Wendtland. Je tâche de lui démontrer, pour la centième fois, que la meilleure politique à suivre parla Bavière serait d'entrer dans l'alliance du 2 décembre, de s'unir intimement à l'Autriche, de faire ses conditions, de ne se donner que donnant donnant, mais aussi de ne point prétendre à une situation intermédiaire entre les belligérants. À ce prix, ai-je dit, les services, très grands, que la Bavière pourra rendre aux alliés, soit diplomatiquement, soit militairement, lui vaudront des titres à leur reconnaissance. S'il n'y a pas de guerre pour l'Autriche, et, par conséquent, pas de remaniement territorial, la Bavière partagera, dans la mesure de sa coopération, les avantages politiques qui, pour elle, pourront se traduire par une part plus grande que l'Autriche lui procurera à la direction des affaires fédérales lorsque le traité fédéral sera revisé, ce qui, tôt ou tard, arrivera infailliblement. C est cette idée qui a le plus souri au ministre et favori du roi Maximilien, et il compte lui écrire dans ce sens.

Vendredi 7. — M. Thiers me parle de son Histoire de l Empire, et du prince de Metternich, « qui est l'auteur de la grandeur de l'Autriche, car c'est lui qu* en 1813, a formé la coalition » . Cela est vrai. C'est le mérite du prince.

Samedi 8. — Longue visite du duc de Noailles. II déplore la situation qui condamne la société française à l'abstention. C'est un homme d'un grand bon sens.

Dimanche 9. — Travaillé avec Walewski. « Le cabinet anglais, me dit-il, surtout Palmerston, sont inconcevables. Depuis trois semaines, je ne les comprends plus. C'est une aberration. » Le fait est qu'ils ont tout mis en question; que sir Hamilton Seymour est arrivé à Vienne avec des instructions qui peuvent avoir pour résultat et qui, peut-être, ont été données dans le but, de faire échouer au port l'ultimatum autrichien. Walewski s'est évidemment trop pressé d'annoncer à Bourqueney que l'Angleterre est tombée d'accord avec la France et l'Autriche.

Lundi 10. — Le temps froid. Le soir, à l'Opéra. On donne les Vêpres siciliennes avec la Crivelli. Dans la loge de Mme Roger (du Nord) je rencontre M. Paul de Ségur et M. Bocher, tout ce qu'il y a de plus vif en fait d'orléanistes, et cela, à côté de la loge de M. Fould !

Mardi 11. — Le matin, par un froid de trois degrés, aux Invalides, assisté avec lord Cowley et l'ambassadeur de Turquie à l'enterrement de l'amiral Bruat. Gomme nous autres ses deux collègues, l'Anglais et le Turc, donnaient l'eau bénite avec le goupillon !

Vendredi 14. — Chez Walewski, que je trouve inquiet et irrité contre le ministère anglais. Buol, Bourqueney et Sevmour avaient combiné et concerté une nouvelle

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