‹ Neuf ans de souvenirs d'un ambassadeur d'Autriche à Paris sous le Second Empire, 1851-1859;Chapitre 161 sur 198 · LA RENTRÉE DES TROEPES · texte numérisé non relu

LA RENTRÉE DES TROEPES

Saint-Pétersbourg. If. de Beust se met de nouveau en avant, et 1 on tache de reformer Je terrain intermédiaire de Bamberg. A Munich, où l'on était fort disposé à se rallier complètement à l'Autriche, on est évidemment ébranlé. Je désire, mais je n'ose l'espérer, qu'à Vienne on ne se laisse pas arrêter par toutes ces intrigues et qu'on passe outre.

Samedi 29. — Tout Paris était sur pied aujourd'hui pour voir la rentrée solennelle des troupes revenant de Crimée. On me dit que le spectacle était fort touchant. L'Empereur a été bien reçu, et le général Canrobert salué avec enthousiasme

JANVIER

Mardi î". — L'année commence par un temps magnifique et par une température de printemps.

A une heure, réception du corps diplomatique. L'empereur Napoléon, pour la première fois, n'a pas donné la main aux chefs de mission. 11 a parlé politique à plusieurs d'entre nous. A. Loewenheilm, il exprime sa satisfaction de voir la Suède se rapprocher des puissances occidentales ; à Moltke, avec un peu d'humeur, son espoir que le Danemark suivra cet exemple; à Antonini (pauvre Antonini, qui se sert de son cornet pour bien entendre) , avec une voix de stentor, le regret de voir se refroidir les bons rapports d'autrefois avec le roi de Naples ; à Wendtland, de bonnes paroles; rien de politique à Hatzfeld ni à moi, si ce n'est qu'il m'engageait avec chaleur de transmettre à mon Empereur ses félicitations; mais il eut la bonté de me parler assez longuement de mon pauvre Paul, en disant que l'Impératrice l'avait expressément chargé de m'exprimer la part qu'elle prenait à mon malheur.

Mercredi 2. — Le courrier Hillinger m'apporte des informations assez intéressantes d'Allemagne. Le roi

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