UN DESARROI COMPLET
oppose carrément, tandis que Walewski appuie les Prussiens. Là-dessus, et au sujet de la convention des îles d'AIand avec la Russie, il y a des explications, d'abord vives et puis fort aigres, entre Glarendon et Walewski.
On décide de partager en deux la dernière séance. Puis on fait introduire les plénipotentiaires prussiens, et on nomme une commission pour la rédaction des préambules. Gomme les plénipotentiaires prussiens tardaient à faire leur apparition après qu'on était allé les chercher, le grand vizir dit : « Ils sont plus longs à venir de la rue de Lille qu'ils n'étaient à venir de Berlin. »
Dîner d'apparat chez la princesse Bagration.
Dimanche 23. — Clarendon est allé, ce matin, chez l'Empereur pourse plaindre de Walewski. Buol demande une audience. Hatzfeld chez moi. C'est le désarroi le plus complet. Commission pour le préambule. Le projet de lord Cowley, amendé et rendu français par Bourqueney, sera probablement imposé aux Prussiens, qui disent déjà tout haut qu'ils partiront.
Lundi 24. — Treizième séance du congrès. Avant la séance plénière, Buol, moi, Bourqueney, Glarendon et Cowley se réunissent chez Walewski pour résoudre les questions qui restent encore à vider. Nous sommes décidés à les imposer aux Russes et aux Prussiens. Nous convenons d'un préambule qui, sous des formes polies, constate néanmoins le rôle assigné à la Prusse au congrès. Nous faisons dire à Manteuffel et à Hatzfeld, qui
attendent dans une autre pièce, par Cowley, que c'est là notre dernier mot. Et qui l'aurait pensé? Après avoir déclaré qu'ils partiraient plutôt, ils acceptent de fort bonne grâce. Et voilà donc une difficulté levée. Les Russes aussi ont leur tour et doivent se résigner à accepter la rédaction convenue avec Aali pacha, concernant les chrétiens. — Grand dîner chez moi : Clarendon, lordetlady Cowley, M. et Mme de Bourqueney, les Hatzfeld, le duc de Noailles, M. Guizot, comte de Flahaut, Mme Kalerdgi, etc.
Mardi 25. — Quatorzième séance. Nous traitons la question des Principautés, dont la rédaction est définitivement arrêtée. Buol interpelle les Russes sur le Monténégro.
Mercredi 26. — Travaillé depuis neuf heures du matin chez Buol. De une à six heures, séance, la quinzième; puis expédié le courrier. Nous avons eu une rencontre assez vive avec les plénipotentiaires russes. Orloff revient sur sa déclaration concernant le Monténégro. Je l'invite à déclarer que la Russie ne revendique pour elle aucun droit d'ingérence politique dans les affaires du Monténégro. Il refuse. Le comte Walewski, comme toujours, prend fait et cause pour les Russes. Je propose une déclaration des plénipotentiaires autrichiens, à consigner au protocole, portant que nous entendons les explications des plénipotentiaires russes comme impliquant la déclaration qu'ils ne revendiquent point, pour la Russie, le droit d'entretenir avec le Monténégro des relations d'un caractère politique particulier. Le