LO>'G RAPPORT A L'EMPEREUR 4J
AVRIL Mardi 1". — Grande revue au Champ-de-Mars.
Mercredi 2. — Vingtième séance, fort courte car il y a entre nous et les plénipotentiaires français et anglais, en dehors de la séance, une dispute sur l'évacuation des Principautés, cette question ne pouvant être portée devant le congrès avant d être vidée entre les alliés. Walewski ajourne la séance.
Jeudi 3. — Chez Buol et Bourqueney, pour aplanir les difficultés.
Vendredi 4. — A une heure, colloque entre les plénipotentiaires d'Autriche, de France et de Grande-Bretagne, chez Walewski. On finit par s'entendre sur l'évacuation des Principautés. Ensuite vingt-unième séance plénière, où cette question est réglée pro forma.
Samedi 5. — Buol a reçu aujourd'hui l'ordre de Saint-Étienne.
Dimanche 6. — Travaillé toute la matinée. Je rédige un long rapport à l'Empereur, dans lequel nous prouvons que l'occupation militaire des Principautés a rempli son but, et qu'il est de notre intérêt d'évacuer le plus promptement possible. Buol me lit un rapport à l'Empereur, où il développe la même thèse avec une
grande force de logique et beaucoup décourage. Je dis avec courage, parce que nos chefs militaires sont très opposés à l'évacuation. Cette lutte sourde, entre eux et nous, entrave constamment la marche des négociations.
Lundi 7. — Long entretien avec Bourqueney. On veut, dans la séance de demain, causer de l'occupation de la Grèce, de celle de l'État du Pape, et toucher même à l'organisation de la Pologne! D'après Bourqueney, ce serait une concession faite aux Anglais (?). Je lui dis mille bonnes raisons contre, mais c'est un parti pris. Gela n'aura aucun résultat politique, si ce n'est de nous brouiller. De toute façon, nous devrons maintenir que le congrès n'a pas la mission de traiter d'affaires autres que celles de l'Orient, et surtout pas des affaires de Rome, vu l'absence d'un représentant du Pape.
Dîner dans le royaume de \afashion, chez les Galliera, entre la duchesse et la vicomtesse des Gars, née Lebzeltern, qui a de l'esprit et est agréable; avecGuizot, le duc de Noailles, Buol, etc. Bal chez la princesse Mathilde. L'Empereur et la reine Christine font une courte apparition.
Mardi 8. — Vingt-deuxième séance du congrès. Les instructions des commissaires pour les Principautés sont lues. Walewski nous invite à un échange d'idées sur l'évacuation de la Grèce et des États pontificaux, et sur le mauvais état du royaume de Naples ; désire que nous demandions à Sa Majesté sicilienne une amnistie;