RÉSULTAT DU PLÉBISCITE
ment causé de la « reconstruction » de la France. Piscatori. qui a diné chez moi, était dune véhémence que je comprends, mais que je ne trouve pas à sa place à la table d'un ministre étranger.
Mercredi 31. — Après-diner à l'Elysée, avec tous mes messieurs. Le Président venait de recevoir la commission consultative qui lui a notifié le résultat du plébiscite. De huit millions d électeurs, sept et demi ont voté oui. Le prince avait l'air satisfait, peut-être in high spirits un peu plus qu'à l'ordinaire, mais c'était à peine perceptible. Suivant l'exemple de son oncle, il a parlé politique avec les membres du corps diplomatique en tenant le cercle. L'année qui expire a été favorable aux princes. Leur autorité, profondément ébranlée en 1848, se relève et se consolide. En Autriche, la charte du 4 mars 1849 a été mise hors de vigueur. J'avais prédit au prince Félix Schwarzenberg, à Olmùtz, le jour même de la promulgation, que l'enfant n'était pas né viable. Nos relations avec la Prusse, en ce qui concerne les affaires de la confédération, se sont améliorées, et ne laissent rien à désirer par rapport à notre politique étrangère. En France on aperçoit, au-dessus des décombres du parlementarisme, une chaise curule occupée par un Deus ex machina, un Publicola, une sorte d Imperator, enfin on ne sait pas encore par qui; mais ses amis l'appellent Auguste pour le distinguer de loncle qui est César. De toute façon, c'est la ruine du parlementarisme en France. Le contrecoup se fera sentir en Allemagne. Ce sera autant de gagné.
JANVIER
Jeudi 1er. — La nouvelle année s'introduit par des brouillards épais et froids et par une proclamation de Louis-Napoléon que sept millions et demi sur huit millions d'électeurs ont confirmé au pouvoir. Pour célébrer le résultat du plébiscite, un Te Deum est chanté à Notre-Dame. Beaucoup de pompe, beaucoup d'uniformes militaires, le corps diplomatique (le nonce Gariboldi, Normanby, Antonini — Hatzfeld et Kisscleff sont retenus par une indisposition — , moi, etc.) assiste à la cérémonie à côté du prince qui est calme, simple, rêveur.
Mercredi 7. — Tous les jours, le Moniteur donne des décrets de l'élu du peuple. Aujourd'hui la devise de Liberté, Égalité, Fraternité qui défigure les façades des églises et édifices publics est abolie.
Jeudi 8. — Les arbres de liberté, ceux qui restaient encore debout, sont coupés.
Le pays a soif d'autorité, vide avec volupté le calice que lui tend le gouvernement du sabre; s'en console,