‹ NeurasthénieChapitre 18 sur 27 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

PATIIOGÉiNIE

Presque dès l'origine de la médecine, on a eu tendance à subordonner la névropathie, le nervosisme général (et du même coup la neurasthénie confondue dans cet ensemble), à un certain nombre de troubles fonctionnels de l'appareil digestif et de ses annexes ou a des lésions des organes abdominaux. Cela n'a rien d'étonnant, si l'on considère la fréquence et l'intensité quelquefois prédominante, de la dyspepsie chez les neurasthéniques. Les accidents qui dérivent d'une digestion vicieuse sont souvent ceux qui frappent le plus l'attention des malades, et qui les préoccupent avant tout. Les médecins n'ont eu qu'à les suivre sur le terrain. Ils ne s'en sont pas fait faute.

De même, et pour des raisons analogues, on a volontiers rapporté la névropathie aux lésions, vraies ou supposées, de l'appareil génital de la femme, à la spermatorrhée de l'homme; de là des interventions thérapeutiques parfois véritablement abusives, la castration de la femme, en première ligne.

PATHOGÉNIE

On sait combien s'inquiètent volontiers, combien facilement deviennent liypocondriaques, les hommes qui sont atteints de quelque lésion ou de quelque vice fonctionnel de l'appareil génital. Ils sont réellement frappés dans leur virilité morale aussi bien que dans leur virilité physique; rien d'étonnant, par suite, à ce que l'on ait érigé en variété particulière la neurasthénie d'origine génitale.

Subordonner la neurasthénie à la dyspepsie et à la cause présumée de cette dyspepsie, en faire une de ses conséquences directes ou indirectes, telle a été la préoccupation fondamentale d'un certain nombre d'écoles doctrinales dont nous devons passer en revue les théories pour en faire la critique. Cela ne manque ni d'intérêt philosophique, ni d'intérêt pratique. Au point de vue philosophique, il est toujours curieux de voir l'esprit humain aux prises avec un de ces grands problèmes de pathogénie qui se sont imposés à toutes les époques et à tous les peuples... Au point de vue pratique, il importe de savoir nettement à quoi s'en tenir sur ces interprétations différentes : la thérapeutique doit en dériver naturellement et logiquement.

Les hypothèses à faire, relativement à la question qui nous intéresse, sont assez limitées dans leur nombre possible, et il est curieux de les voir réapparaître à des siècles de distance, reconnaissables facilement malgré l'aspect nouveau et le masque spécial que leur donne un langage différent. En somme, les générations successives apportent, grâce à une observation plus minutieuse, à une technique plus perfectionnée, leur

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contingent d'arguments à des thèmes pathogéniques dont quelques-uns sont vieux comme la médecine ellemême.

Pour subordonner la neurasthénie à la dyspepsie, quatre théories principales ont été invoquées, que nous allons successivement exposer et discuter :

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