‹ NeurasthénieChapitre 20 sur 27 · Revue de médecine, janvier et février · texte numérisé non relu

Revue de médecine, janvier et février

mais d'albumines toxiques. L'agent nocif, ce serait la peptone en excès, mal élaborée peut-être. C'est par son action que s'expliqueraient les accidents de tétanie observés chez les hyperehlorhydriques. Nous sommes, on le voit, loin de la neurasthénie.

Quoi qu'il en soit, il importe de rechercher avec toute la rigueur expérimentale, de mise en cas semblable, les propriétés toxiques du suc gastrique dans les dilTérents cas de dilatation. Par là seulement pourra se confirmer ou s'infirmer la très ingénieuse hypothèse de M. Bouchard.

Nous ne voulons pas prétendre en effet, — ce serait le faire sans preuve — que les auto -intoxications d'origine stomacale n'existent pas, qu'il n'y a pas du vrai dans l'hypothèse de M. Bouchard. Tout ce que nous pouvons dire, dès maintenant, en nous appuyant sur les données de la clinique, c'est que la neurasthénie n'est pas subordonnée à la dyspepsie, et que si la dilatation de l'estomac peut s'y montrer — et cela se voit quelquefois — elle ne vient qu'en seconde ligne, à litre de phénomène secondaire. Dans quelques cas, rares il est vrai, elle peut devenir une véritable complication, mais elle n'est qu'une complication, et on n'a pas le droit, même dans les cas extrêmes, de lui donner, en pathogénie, le pas sur la névropathie.

Ce que nous disons de la neurasthénie, s'applique également à des états de névropathie vague, insuffisamment déterminés encore, et en particulier, à cet état de névropathie qui est le fond commun de ce que les uns appellent l'arthritisme, les autres l'herpétisme.

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Il est évident, cet état, chez les candidats à la goutte ou au diabète, chez les rhumatisants vagues, en passe de devenir des rhumatisants déformants si les circonstances s'y prêtent, chez certains eczémateux. A propos des dermatoses il est à noter qu'ici encore on a parfois renversé les termes du problème, et qu'on a tout attribué à l'estomac et à l'intestin. C'est la même erreur, et dans le même sens, que celle qui concerne la neurasthénie.

//. Viriation de la nutrition générale cVorigine dyspeptique. — Ici encore, l'idée n'est pas nouvelle. Ici encore nous pouvons remonter jusqu'à Galien et même jusqu'à Hippocrate. Les passages suivants que nous empruntons à Beau, sont bien caractéristiques.

Hippocrate dit que l'estomac est pour les animaux ce que la terre est pour les plantes : « Ut in arOoribus terra, sic in aninalibus alvus succum alibilem suppeditat. » Il s'ensuit que l'homme qui digère mal est comparable à un arbre qui fixé sur un sol stérile, finit par se dessécher et périr.

Celse attribue à la faiblesse de l'estomac plusieurs symptômes locaux et généraux : « Stomachum autem infinnum indicant paU(,r, macies prsecordium dolor, nausea et nohnlium vomitus ; in jejuno, dohr capitis. »

Galien est beaucoup plus explicite dans la considération de l'influence pathogénique de l'estomac : « ventris lorpor omnium confusio ; torporem autem intelligimus in cnquendis cibis ventriculi infirmitatem, omnium plane corporis vitiorum causam esse ».

« Morborum fere omniim, dit Benedetti, auteur con-

temporain de la Renaissance, causa est slomachi infirmitas. »

« Bum viget slomachus, vigent omnia. » Quand l'estomac va, tout va ; l'aphorisme est de Baglivi.

Ce sont là, incontestablement, des précurseurs de Broussais et de Beau. Pour le premier, la gastrite est la cause de tout le mal, pour le second, la dyspepsie. De la dyspepsie dérive l'anémie et la nutrition vicieuse des tissus, et, au premier plan du système nerveux. De là l'importance des phénomènes névropathiques attribuables à ce mauvais fonctionnement de l'cslomac.

MM. Hayem et AVinter ont récemment repris cette théorie à l'appui de laquelle viendraient — à leur sens — les recherches faites à l'aide de leur procédé d'analyse du sue gastrique. Ils écrivent en effet • :

«M. Bouchard a le premier insisté sur les conséquences éloignées des mauvaises digestions. Il les a rattachées à la résorption au niveau du tube digestif de divers produits d'origine fermentative. En mettant en relief la fréquence de ces fermentations et le grand développement qu'elles peuvent atteindre dans certains cas, nous avons apporté sur cette question des renseignements précis.

Mais nous pensons qu'au point de vue fort intéressant des désordres généraux, consécutifs aux troubles de la digestion, il y a lieu de faire jouer un rôle plus important encore aux produitsalbuminoïdesanormaux mis en lumière par nos études louchant les dévialions qualitatives de la digestion.

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