Chimisme stomacal, p
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Les gastropalhies dont le début remonte très fréquemment à l'enfance ou à l'époque de l'adolescence doivent, en fournissant aux éléments de nos tissus des produits nutritifs de composition vicieuse, préparer pour ainsi dire de longue main, soit certaines maladies viscérales (maladies du foie, du rein, des vaisseaux, etc.), soit aussi diverses maladies de la nutrition (goutte, gravelle, diabète, obésité, rhumatisme chronique).
L'état névropathique, la neurasthénie pourraient, cela va de soi, faire partie de ce cortège des conséquences du mauvais fonctionnement de l'estomac.
Nous croyons que M. Hayem attribue aux résultais que lui a donnés la méthode d'analyse de M. Winter une portée qu'elle n'a pas. La base de la théorie déborde de beaucoup l'assise que peut lui fournir la technique employée.
Par la méthode de M. Winter on mesure d'une façon exacte la quantité d'HCl libre, quand il y en a ; ou mesure l'IICl combiné. Le total de ces deux facteurs indique l'état de la sécrétion chlorhydnque dans l'estomac. C'est beaucoup, c'est mieux que ce qu'onavait fait jusque là, mais c'est tout.
Le procédé Winter ne peut mesurer ni directement ni indirectement le travail exécuté par l'estomac ni donner une idée de sa qualité.
Si l'onse place àun point de vue plus général, il n'est môme nullement démontré qu'il faille, même à l'état physiologique, attribuer une grande importance au travail digestif accompli par le suc gastrique. 11 est
rès possible que la part la plus importante de ce travail se fasse dans l'intestin aux dépens surtout du suc pancréatique.
L'estomac et l'intestin ne peuvent être qu'artificiellement séparés l'un de l'autre. De ce que nous explorons beaucoup plus facilement le premier que le second, à peu près inabordable à nos moyens d'investigation, il n'en résulte pas que les théories générales de la nutrition et des états diathésiques puissent s'appuyer dès maintenant sur les recherches qu'a permis de faire du côté de l'estomac une technique encore très rudimentaire. Il ne faut pas oublier que cette technique n'aborde que d'une façon indirecte et partielle, le difficile problème de la digestion et de l'assimilation.
Il est certain que la viciation des opérations de la digestion gastro-intestinale doit retentir directement sur la nutrition des organes, mais il faut reconnaître que nous ne connaissons pour ainsi dire qu'a priori cette viciation, et qu'il n'est pas du tout démontré que dans la neurasthénie et les états similaires, la dépréciation du chimisme soit la chose primordiale, la circonstance pathogénique.
La clinique rend au contraire plus probable cette idée que dans la dyspepsie nerveuse, il s'agit, au début Surtout, d'un trouble simplement nervo-moteur, sans trouble imnortant des sécrétions digestives.
///. Actions réflexes d'origine gastro-intcslinales. — Pour Van Uelmont, un principe vital, une arc//ee, gouverne le duum virât de la digestion, la rate et l'esto-
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mac. Suivant ses différents degrés d'irritation, ce mauvais génie, envoie dans les différents points du corps des maladies de divers ordres. Van Helmont avait ainsi personnifié en quelque sorte les centres nerveux voisins de l'estomac.
Wepfer étaitarrivé à la même conclusion. « A Texemple de Van Helmont et de Glisson qu'il cite avec éloge, il établit dans le tube digestif un président de tout le système nerveux. » (Beau.)
Beau ajoute pour son compte : « Jl faut donc nous habituer à cette idée que si la boite crânienne renferme le centre nerveux de.Iavie animale, la région épigastrique renferme le centre nerveux de la vie organique. Toutefois nous devons reconnaître que le centre nerveux abdominal (plexus solaire, ganglions demi-lunaires), qui se confond pour ainsi dire avec l'estomac n'a plus l'apparence matérielle et le relief du centre nerveux encéphalique '. «
Ce centre nerveux, c'est le cerveau abdominal de M. Leven, qui a associé dans la même théorie l'idée de Bi'oussais sur la gastrite et l'idée de Van Helmont sur le rôle présidentiel du plexus solaire.
Ces centres nerveux doivent être considérés comme le point de départ, et le point de réflexion d'actions réflexes anormales, soit par leurintensité, soit par leur direction.
Les actions réflexes sont de bonne composition ; avec un peu d'habileté on en fait tout ce qu'on veut. D'autre part, elles existent sans aucun doute, et, sans l. Trailé de ladyspepsie, p. 24.
aucun doute encore, elles ont une réelle importance. Il n'en résulte nullement que l'on puisse dire que c'est le tube digestif qui a commencé, toujours en vertu des mêmes raisons cliniques. Que maintenant, chez les névropathes, le système nerveux soit dans son ensemble plus excitable, plus irritable, cela paraît certain ; cela paraît être un élément important dans le mécanismedes manifestations observées. Toutefois, même avec cette interprétation, on se trouve encore et toujours ramené à l'idée d'une façon d'être et de réagir particulière du système nerveux. Cette façon particulière d'être et de réagir, cette susceptibilité spéciale est précisément la caractéristique physiologiqne de l'état de névrose. C'est toujours à la névrose qu'on en revient en dernier ressort.
IV. Ptôses viscérales. — M. Franlz Glénard a expliqué simul tanément par l'abaissement des viscères dans l'abdomen et la dyspepsie et le nervosisme '.
D'après M. F. Glénard, chez bon nombre de dyspeptiques, on peut observer, suivant le degré de constance de ces manifestations et suivant l'ordre de leur apparition, plusieurs séries de symptômes :
1° Phénomènes asthéniques (faiblesse générale, faiblesse des reins, d'estomac) ;
2° Phénomènes méso-gastriques attribuables au tiraillement de l'intestin sur ses ligaments mésentériques
1. Lyonmédical, ISsk— Févéo\,Sociélé médicale des flùpitaux de Paris, 1886, 18S7, 1888. — Cuileret, Gaz. des Hôpit., 28 sepl. 1888. Kaplan, Gourcelot, Th. de Paris 1889.
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(sensations de tiraillement, de poids, de creux, de vide,
fausse faim) ;
3° Phénomènes gastriques ou choméliens. — M. Glé-
nardles appelle ainsi pour rendre hommage àChomel, qui les a bien décrits. — (a. Flatulence et symptômes vaporeux ; b. douleurs, aigreurs, brûlures, vomissements, serrements, crampes )
4° Phénomènes névrosiformes (insomnie, irritabilité, mélancolie, impuissance, vertiges, céphalalgie, palpitations, bourdonnements, névralgies, crises, etc.)
De plus, la dyspepsie des entéroptosés, se traduit en clinique par certains phénomènes d'une grande importance diagnostique :
1° Réveil à 2 heures du matin avec ou sans malaise ;
2" Apparition ou exacerbation des malaises à trois heures du soir ;
Aggravation des malaises par l'ingestion de certains aliments (en première ligne, la graisse, les féculents, le lait, le vin) ;
4° Irrégularité et insuffisance des selles.
A chacun des quatre groupes symptomatiques, que nous avons tout d'abord cités, M. Glénard attribue un mécanisme pathogénique particulier. Voici comment il les explique :
1° Les symptômes choméliens ' sont des symptômes de l'atonie gastrique ;
1. Nous verrons tout à l'heure que M. Glénard n'a pas eu en vue la neurasthénie de Beard el Charcot, mais un élat vague, non sLigmalisé de nervosisme. Bien que nous ne sachions pas où il pourrait placer la frontière entre ces deu.\ états, bien qu'il
2» Les symptômes neurasthéniques sont des symptômes de la diminution de la tension intra-abdominale ;
3° Les symptômes vaporeux sont des symptômes amenés par la constriction du corset ; ils appartiennent donc exclusivement à la dyspepsie de la femme ;
4° Les symptômes mésogastriques sont des symptômes d'entéroptose,
A l'état normal, les intestins renferment des gaz à une certaine pression ; ils sont soutenus par les muscles abdominaux, sorte de sangle active. Mais les parois abdominales peuvent devenir trop lâches pour le contenu de l'abdomen; cela se fait certainement dans deux circonstances dilTcrenles. A la suite d'un accouchement, et surtout d'accouchements répétés, chez les personnes obèses ayant subi un amaigrissement considérable, la sangle abdominale devient trop lâche, incapable de soutenir la masse intestinale qui tombe passivement en avant et en bas dans la station verticale, qui s'étale sur les côtés, vers les flancs dans le décubitus.
D'autre part, dit M. Glénard, lorsque l'intestin se vide des gaz qu'il renferme, il devient plus pesant, il présente moins de surface ; il tend donc à tomber vers les parties déclives. Gela est vrai surtout pour le côlon que l'on peut sentir quelquefois aux environs de
ait certainement dans ses premiers travaux englobé la neurastliénie telle que nous l'avons dérinic dans sa conception théorique, nous devions prévenir dès niainlenant le lecteur, que, par neurasthénie M. Glénard a simplement désigné un état vague de névropathie.
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l'ombilic formant une corde transverse assez facile à apprécier par la palpation*.
L'intestin en tombant lire sur le mésentère et sur ses mésos, qui, aux coudes du côlon, forment de véritables ligaments suspenseurs.
La partie la plus mobile de l'intestin est le coude droit du côlon transverse ; or, cet angle côlique se trouve relié au pylore par un faisceau fibreux. En tirant sur le pylore, il tend à le dévier, à l'abaisser ; par l'intermédiaire du petit épiploon, l'estomac en s'abaissant entraîne le foie. Le rein suit le mouvement; c'est, on le voit, une ptôse générale des viscères.
A la néphroptose surtout on a fait jouer un rôle important dans l'établissement de la dyspepsie et delà névropatbie.
M. F. Glénard est l'inventeur d'un procédé, du reste ingénieux et très sensible, pour la recherche du rein mobile. 11 l'a constaté 148 fois ; dont V^i fois chez la femme; 126 fois à droite, 3 fois seulement à gauche. Dans 10 cas, le déplacement était double. •
Bartels et Warneck-Miiller ont admis que le hile du rein luxé venait comprimer lé pylore. M. Bouchard pense, de son côté, nous l'avons dit déjà, que le foie, congestionné en vertu du passage dans la veine porte des poisons venus de l'estomac dilaté, chasse devant lui le rein droit. Cela se fait surtout chez les femmes qui portent corset, et chez les officiers qui portent ceinturon. La cage thoracique étant ainsi fixée, le foie ne peut que descendre.
Sur 89 cas de rein mobile, Ewald n'a vu que 10 fois
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l'ectasie gastrique », Guttmann et Senator lui ont reproché de diagnostiquer bien facilement le déplacement du rein.
La coexistence du rein mobile, de la dyspepsie et d'un état névropathique très voisin de la neurasthénie a été fréquemment relevée. Nous en avons vu pour notre part sept cas manifestes. Toutefois la neurasthénie et la dyspepsie ne se montrent pas indistinctement chez tous ceux dont le rein est mobile, ce qui démontre bien qu'il faut, pour que les accidents qui la caractérisent se produisent, en plus du rein flottant, une prédisposition, un état de nervosisme qui ne fait que s'aggraver, par un véritable cercle vicieux, dès que s'est faite la luxation viscérale.
Nous avons longuement exposé la théorie de l'enléroptose de M. F. Glénard; il convient de déclarer toutefois, qu'il est loin de lui attribuer une influence exclusive dans la pathogénie de la neurasthénie. Du reste ', ce qu'il a décrit sous le nom de neurasthénie en 1885, avant les travaux de M. Gharcot, n'est pas la neurasthénie limitée par les stigmates que nous avons énumérés, mais un simple état de faiblesse névropathique.
M.Glénard^ s'est, d'autre part trouvé amené par ses recherches ultérieures à attribuer à l'état du foie une importance plus grande qu'à l'entéroptose elle-même. C'est à l'état du foie, qu'il explore par un procédé personnel (procédé du pouce) qu'il rapporte la neuras-