I. Confessiom, Edit. Garnier fr. — p. 193 à
se sentit guéri. Tout cela n'est-il pas caractéristique, ot n'y a-t-il pas là le récit complet d'une crise de neurasthénie ?
Voltaire était peut-être aussi un neurasthénique ; la chose est moins nette cependant que pour J.-J. Rousseau \ 11 était arthritique, ainsi qu'en témoignent ses lettres, et dyspeptique-. Il fut toute sa vie tourmenté par une constipation des plus rebelles, qui faisait place parfois à des débâcles dysentériformes. La dyspepsie était sans doute, il est vrai, exagérée par l'abus qu'il faisait des purgatifs.
Il ne parle que de sa mort prochaine, et cela pendant plus de -iO ans. Il se qualifie de vaporeux ; il est parfois si faible qu'il ne peut écrire lui-même des lettres, du reste pleines, comme toujours, d'esprit et de vivacité, contradiction assez particulière. Il a de l'insomnie. Le 12 septembre 1753, il écrit eu efl'et des Délices à M. d'Argenlal : « J'ai pris sur les occupations cruelles, sur les maux qui m'accablent, sur le sommeil que je ne connais guère un peu de temps à la hâte, pour corriger, pour arrondir ce que j'ai pu. »
Neurasthénie et génie, cela pourrait donc servir de titre à l'un des chapitres de l'histoire de la névropathie.
La neurasthénie est chose fréquente, au môme titre que la bizarrerie, chez des artistes, des savants, des écrivains qui paient sous cette forme leur tribut cà la névropathie et à la dégénérescence. Que de dégénérés