‹ NeurasthénieChapitre 8 sur 27 · De la névropalhie cevébro cnrdiaqut:, p. 22S · texte numérisé non relu

De la névropalhie cevébro cnrdiaqut:, p. 22S

ÉTIOLOGIE 'M

sioli mentale, qui avaient abusé des veilles et des excitants.

Le docteur 0. Gueillot de Reims a consacré une intéressante étude au caféisme chi'unique; la plupart des symptômes qu'il a relevés chez les gens qui font un abus quotidien du café sont d'ordre neurasthénique '.

Il note l'amaigrissement, la cachexie, la dyspepsie, les vertiges, rarement les palpitations, des fourmillements, des névralgies, la constriction céphalique, l'asthénopie, l'afTaiblissement général du système nerveux, l'insomnie. N'est-ce pas là précisément, au complet^ l'ensemble, qui caractérise la neurasthénie. Le tremblement, d'après M. Gueillot est habituel dans ces conditions. Il s'agit d'un tremblement généralisé à petites secousses qui rappelle beaucoup le tremblement des alcooliques.

M.Levillain a tendance à attribuer au tabac la faculté d'engendrer un état très voisin de la neurasthénie ; il détermine, en effet, chez ceux qui en font abus des vertiges, de la céphalalgie.de l'amblyopie et même de l'angine de poitrine.

iM. G. Guinon, a cité un cas d'hystéro-neurasthénie d'origine satwnine.

En résumé, il peut être considéré comme acquis que l'usage habituel de la plupart des substances qui agissent comme neuro-stimulants ou neuro-dépresseurs, peuvent, chez les individus prédisposés surtout, amener l'apparition de phénomènes de neurasthénie. IL

1. Du caléisme c/iro7iique. — Union scienlifique et médicale 'lu Nord-Est. 1883.

NEURASTIIHNIIÎ

faut citer en première ligne l'alcool, le tabac, le café, le thé, qui prennent place dans nos habitudes sociales, et, en seconde ligne l'éther, la morphine, le chloroforme, la cocaïne, dont on ne fait abus que d'une façon plus exceptionnelle.

Ici comme ailleurs, il faut rapprocher les infections des intoxications. La neurasthénie est loin d'être rare à la suite des maladies infectieuses de divers ordres : c'est la neurasthénie de convalescence.

Onl' a, en particulier, fréquemment observée à la suite des récentes épidémies de grippe. Elle a présenté chez quelques-uns un véritable caractère de gravité.

Terminons cet exposé par quelques considérations sur l'influence de ïâge, du sexe, de la profession.

Les enfants échappent à la neurasthénie. M. Bouveret cite cependant le fait d'une petite fille de onze ans devenue neurasthénique quelques jours après la mort tragique de son père et de son frère.

Les femmes deviennent neurasthéniques aussi bien que les hommes ; toutefois on a fait de la neurasthénie féminine une forme clinique particulière : il en sera question plus tard.

Sur le rôle des professions nous n'insisterons guère, ne voulant pas tomber dans d'inutiles redites. Le surmenage intellectuel, la mise enjeu de la responsabilité personnelle, la préoccupation de l'avenir ; telles sont les causes qui rendent la neurasthénie fréquente chez ceux qui embrassent des carrières libérales, ou qui sont à la tète d'importantes entreprises commerciales ou industrielles.

ÉTIOLOGIE 33

Les employés de bureau, a-t-on dit, échappent ordinairement à la neurasthénie ; pour eux la vie est tranquille, calme, modeste, sans secousse, sans crainte pour l'avenir, comme pour le présent. Que les entreprises auxquelles ils se trouvent mêlés réussissent ou échouent, peu leur importe. C'est de la théorie pure ; en pratique il n'en est pas ainsi. Nous avons été pendant 8 ans, médecin d'une grande compagnie de chemin de fer, et nous avons constaté souvent la neurasthénie chez les employés de bureau. Il faut dire que chez eux les mécontents sont fréquents. Ils sont venus chercher fortune dans une grande ville, confiants en eux-mêmes, convaincus de leur valeur, et ils n'ont trouvé qu'une situation précaire, inférieure à celle de certains ouvriers par l'argent qu'elle rapporte. Ils sont ou se considèrent souvent comme des déclassés. Beaucoup ont une hérédité nerveuse assez chargée. Rien d'étonnant dès lors à ce que la neurasthénie ne soit pas rare chez eux.

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