AVIS DU TRADUCTEUK XV
tiplicité de-> sections précédant le premier chapitre. La table analytique a été aussi refaite et considérablemeni augmenlée. Nous n'avons pas fait d'autres ciiangements.
Braid. peu esclave de la tournure lillérnire, avait surtout à cœur d'être compris; il ne craignait pas de se répéter : nous avons cru devoir respecler scrupuleusement l'expression de l'auleur. traduisant prescjne mot à mot, partout oii la clarté de la plirnse n'exigeait pas cpi'il en fùl autrement.
Quant à la [lortée scienlifique du Brcddisnie. la plume autorisée de noire vénéré maître, M. le professeur Brown- Séquard en ftut l'appréciation dans la préface dont il a bien voulu honorer ce travail et c'est sous ce haut patronage, garant de la valeur de l'œuvre, que nous livrons notre traduction au public médical français.
D' Jules Simon.
PROLECiOMENES
De l'hypnotisme. — Sa valeur scientifique. — Succession des pliénomènes. — Exemples frappants. — Négation du fluide magnétique. — Importance thérapeutique de l'hypnotisme. — Premières recherches de l'auteur. — Pourquoi l'hypnolisme a été distingué du magnétisme animal. — Jusqu'à quel point il est utile dans le traitement des maladies. — Son inlluence sur les fonctions animales. — Réfutation de quelques objections mal fondées. — Opinions et procédés de Bertrand, de l'abbé Faria, de M. Brooks, du docteur Prichard. — Influence morale de l'hypnotisme. — Seuls, les médecins doivent recourir h l'hypnotisme. — Définition des termes.
Les circonstances qui m'ont amené à m'occuper d'hypnotisme sont e.Kposées dans le cours de cette introduction. J'ai eu pour but, dans la première partie du traité, de présenter les résultats auxquels j'étais parvenu, de décrire, dans la plupart des cas, la route que j'avais parcourue et de reproduire les inductions tirées des divers incidents que mes expériences provoquaient. J'ai indiqué les faits sur lesquels reposent mes conclusions, et par là le lecteur est à même déjuger si j'ai conclu sans preuves suffisantes ; il pourra, dans ce cas, instituer d'autres expériences jusqu'à ce qu'il se soit fait une conviction personnelle.
Braid '
2 DE L IJYI'N'OTISME
Je ferai remarquer que dans la crainte de m'égarer, j'ai fait appel au contrôle sévère des personnes les plus sceptiques, choisies dans la profession médicale, et dans le domaine scientifique, en général. J'ai aussi pu obtenir le concours de plusieurs de mes amis, intelligents et honorables ; ils se sont prêtés aux opérations, dans l'espoir que je pourrais ainsi éviter plus sûrement les causes d'erreurs. J'offre maintenant mes résultats au public et les soumets à la critique de mes confrères ; s'il m'est permis d'exprimer un vœu à l'égard de ces derniers, je souhaite qu'ils veuillent bien examiner le sujet en toute franchise, avec le désir sincère d'arriver à la vérité. J'ai été, comme eux, sceptique, je peux donc comprendre la réserve d'autrui, et j'abonde dans le sens de Tréviranus, le célèbre botaniste, quand il dit, en parlant du mesmérisme (je cite de mémoire): " J'ai vu beaucoup de choses que je n'aurais pas crues vraies, si vous me les aviez dites ; je ne peux donc, en toute raison, espérer, ni désirer que vous croj'iez à ce que je vous dis. »
Il est tout naturel de préférer le témoignage de nos sens au témoignage de ceux d'autrui, et, à mon avis, celui qui est en mesure de se rendre compte des phénomènes par lui-même ne devrait pas néghger cette occasion. Cependant, il est des circonstances qu'il ne faut pas perdre de vue, si l'on veut éviter l'erreur, surtout au commence- ( ment de l'étude de ce sujet. Il existe, en premier lieu, chez I les divers individu;, une différence remarquable dansle de- . gré de susceptibilité à l'influence hypnotique. Les uns sont afl'ectés rapidement et avec intensité, les autres lentement et faiblement. Ceci est analogue à ce que nous voyons pour les médicaments, en particulier pour le vin, les alcools, l'opium et le protoxyde d'azote. Les faits relatifs à ces substances étant admis par tous, il me parait assez étonnant de rencontrer tant de personnes, môme dans la profession médicale, qui semblent, pour les phénomènes de l'hypnotisme, exiger une uniformité aussi régulière que si l'on opérait sur de la matière inanimée. On devrait s'attendre,
SUCCESSION DES l'UENOMliNES d
au contraire, à voir ces phénomènes varier chez le même individu, selon son élal physique et mental au moment de l'opération.
Ce qu'il faut considérer en second lieu, point également important, c'est la succession des phénomènes. Nous avons ainsi, aux différentes périodes, les extrêmes de l'insensibilité et de la sensibilité, de la rigidité et de la mobilité, passant et se confondant l'un dans l'autre parles gradations les plus imperceptibles, ou de la façon la plus brusque, selon le mode de traitement appliqué au patient. Il n'est pas rare de voir certains expérimentateurs jo^'oi'o^we?' au même moment des conditions entièrement opposées. Il y a, naturellement, incompatibilité, mais à une certaine période, la transition de l'état de torpeur de tous les sens, et de la rigidité cataleptiforme, à la sensibilité la plus exaltée et à la flaccidité musculaire, peut s'effectuer, pour ainsi dire, avec la célérité de la pensée ; un courant d'air dirigé contre les organes est une cause suffisante pour déterminer ce changement d'état. Si on laisse reposer le patient, l'état primitif se rétablit, et les expérimentateurs auxquels ces particularités sont inconnues, peuvent croire constamment qu'ils découvrent des irrégularités; cette illusion tient à la connaissance imparfaite du sujet ; tel le manipulateur inhabile suppose volontiers, d'après ses résultats différents, que les observations d'autres chimistes sont erronées.
Le troisième point digne d'attention est l'état de l'esprit aux différentes périodes. On peut comparer ici les résultats de l'opium à ceux de l'hypnotisme. Une période est caractérisée par une puissance de concentration extraordinaire de la pensée, par la disposition à l'état contemplatif. A une autre période, ce sont les facultés d'imagination, de rêverie, qui se trouvent enjeu, et les scènes les plus vastes, les plus brillantes et les plus radieuses, se présentent ainsi à l'imagination surexcitée. Ces effets sont semblables à ceux qu'on attribue à l'usage de l'opium et rappellent la description donnée par sir Humphrey Davy d'expériences
4 DE l'hypnotisme
faites sur sa personne avec le protoxyde d'azote. " J'avais, dit-il, une sensation très agréable d'épanouissement dans tous les membres, j'étais ébloui et mes impressions visuelles me paraissaient agrandies. J'entendaisdistinctementtout ce qui se passait dans la chambre, et je me rendais parfaitement compte de ma situation. Par degrés et à mesure que la sensation de plaisir augm entait, je perdis tout commerce avec les choses extérieures ; je voyais se dérouler dans mon esprit des scènes et des images qui s'évanouissaient rapidement. Je vivais dans un monde d'idées nouvelles, de relations différentes. » Il faut se rappeler que, selon le mode d'opération, ces conditions opposées de l'état mental peuvent se succéder par les degrés les plus imperceptibles ou par les transitions les plus brusques, et qu'ainsi la conscience ou l'inconscience, le sommeil profond, le rêve ou le somnambulisme, en .seront le résultat, selon la prédominance de certaines sensations ou de certaines idées, ou selon Ifiurimpression égale sur le patient (Voyez l'ouvrage de Hibbert: PhUosiiphj of apparilions). A une certaine période, il peut se réaliser, pour les phénomènes de/'es/jrîV, lamême soudaineté dans les transitions que pour les phénomènes physiques mentionnés au paragraphe précédent et par des causes tout aussi légères. Je présume que ces transitions sont aussi la cause de l'apparition facile et si caractéristique des manifestations phrénologiques possibles à cette période. Je dis plus loin que si je neréputaispasinutiles des recherches plus prolongées, après les nombreuses preuves obtenues par moi ainsi que par d'autres expérimentateurs, je pourrais rapidement obtenir un nombre illimité de cas, si tel était mon désir. Je ferai remarquer, à l'appui de ce qui précède, que, depuis ce temps-là, je fus un jour amené à opérer sur de nouveaux sujets, et je réussis, de la façon la plus satisfaisante, à provoquer les manifestations chez un homme de quarante ans et chez trois autres ayant plus de vingt ans. De ces trois derniers, sous l'excitation de la constructivité et de l'idéation, l'un se mit à écrire, un autre à dessiner des modèles; ni l'un ni l'autre n'avait