CHAPITRE III
Comparaison cnli'e le sommeil naturel, le rêve et le somnambulisme.
— Causes du sommeil ordinaire. — Du rêve. — Comparaison des efîets produits sur l'esprit par la variété et la monotonie. — Modifications qui auraient lieu par l'exercice, dan-s la structure cérébrale.
— Cause de l'hypotisme : l'article de M'Nisli sur « la rêverie » comparé à la théorie de l'hypnotisme de l'auteur. — Manière de faire sortir les sujets de l'état d'hypnotisme.
Je ne crois pas nécessaire, dans ce traité, d'expliquer en f/eïa// les phénomènes ordinaires du sommeil, du rêve et du somnambulisme, pour comparer ces divers états à l'état de veille. Qu'il me suOTise de dire que l'état de veille est celui d'activité mentale et corporelle, pendant lequel nous sommes en commerce avec le monde extérieur à l'aide des organes des sens spéciaux qui reçoivent les impressions ordinaires d'agents propres ; nous exerçons alors l'activité volontaire, et les fonctions mentales en général. L'état de sommeil profond est exactement le contraire, — un état A' inconscience absolu, relativement atout ce qui se passe autour de nous, de suspension des mouvements volontaires, et de l'activité intellectuelle. Quant à ce qui concerne les organes des sens spéciaux, les mouvements volontaires et la suspension temporaire de l'énergie mentale, c'est l'image de la mort.
Entre ces points extrêmes, il y a des transitions gi'aduelles ; l'on rencontre dans ces étals toutes les nuances imaginables, depuis l'activité mentale et corporelle la plus intense jusqu'àla torpeur absolue. Il existe, toutefois, deux états dont je dirai peu de mots, celui de rêve et celui de
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somnambulisme. Dans le premier, quelques-unes des fonctions du corps et de l'esprit sont à l'état d'activité partielle, mais, et parce que l'ébranlement provenant de causes externes est perçu très imparfaitement, l'esprit ne reçoit que des impressions erronées ; et, comme il arrive dans certains cas d'aliénation mentale, le pouvoir de contrôler la pensée étant nul, une idée en provoque une autre jusqu'à production, dans bon nombre de cas, des combinaisons les plus capricieuses. Le somnambulisme, proprement dit, tient de plus près à l'état de veille que le rêve. Les fonctions cérébrales sont plus vives, on apprécie plus exactement les impressions extérieures, et les mouvement volontaires s'exécutent avec grande facilité. Les personnes placées dans cet état peuvent être dirigées par ceux qui les entourent dans un certain sens de pensée et d'action. La différence principale entre les somnambules naturels et ceux qui le deviennent par l'hypnotisation, de la manière indiquée dans ce traité, consiste dans une plus grande tendance de ces derniers à s'endormir profondément, à moins de réveil ou de direction autre. Les somnambules naturels semblent être entraînés à un certain cours d'action par des impulsions internes ; les somnambules artificiels, autant que j'ai pu le constater, sont portés au repos absolu, à moins qu'ils ne soient mus par quelque impression du dehors. Mais, en obéissant à ces impressions, ils font preuve de perception active et de beaucoup de docilité. Il y a encore une autre différence remarquable. On a dit que, quoique les somnambules naturels ne puissent se rappeler, une fois réveillés, rien de ce qu'ils ont fait pendant leur sommeil, ils en ont un souvenir vivace lorsqu'ils dorment de nouveau ; je n'ai rien trouvé de semblable dans le somnambulisme provoqué par l'hypnotisation.
Je veux dire qu'ils ne peuvent expliquer ce qui s'était passé pendant l'état somnambulique antérieur, mais ils peuvent approximativement répéter les paroles et les actions qui s'étaient d'abord manifestées, pourvu qu'ils se