OPINIONS DE SUNDERLAND ET DE UALL
moyen qui produisit de bons résultats ; en quelques jours, notre malade était assez calme pour n'avoir plus besoin de la camisole de force ; depuis deux mois, elle est triste et taciturne, mais inoffensive.
A une autre séance, ce même personnage me pria d'exciter la philogéniture, puis me demanda de combiner avec l'excitation de cet organe celle de l'organe de destructivité. Je lui répondis que la faculté ne se développerait pas parce que l'organe était si petit chez le sujet en expérience, qu'elle s'imaginait toujours que quelqu'un se querellait avec elle. Il insista ; je fis ce qu'il désirait et, comme résultat, nous la vîmes immédiatement se tourmenter à propos de quelqu'un qui était en colère contre les enfants. Je sus, deux jours plus tard, que la demande avait eu pour but de démontrer ce qui était arrivé, que la chose avait été dite à voix basse à un médecin présent, avant la réponse ; du reste, personne autre dans la chambre n'avait pu l'entendre. Deux jours plus tard, ce même personnage me communiqua un petit papier sur lequel il avait écrit que si je voulais bien exciter les mêmes organes chez une autre patiente dont la destructivité était plus saillante, je la verrais se fâcher après les enfants, désirer les punir ou les renvoyer ; cela se passa comme il l'avait prédit. Il ajouta encore, et, je crois, avec justesse, que c'est la combinaison de ces deux excitations morbides qui, dans son opinion, pousse les parents à tuer leurs propres enfants dans un accès d'aliénation. On peut à peine concevoir un exemple d'induction plus exact, plus beau et plus heureux que celui-ci ; et je suis très flatté de voir l'opinion d'un homme de tant de talent se rapprocher à ce point de mes vues générales en cette matière.
La doctrine du révérend M. Le Roy Sunderland, de M. Spencer T. Hall, et d'autres, semble être la suivante : — Il y aurait un organe séparé dans le cerveau pour chaque faculté mentale, pour chaque émotion, tendance, désir, et action mentale ou corporelle ; chaque organe positif a
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aussi son organe négatif qui lui est proche : et par certaines manipulations pendant l'étal mesmérique, ces organes peuvent être mis en activité, isolément ou en combinaison, et manifester ainsi leurs facultés particulières, par pensées, par paroles et par actions. Ils ne nient pas l'exactitude des principes des premiers phrénologistes ; ils affirment au contraire leur justesse de vue. Cependant, ils subdivisent chacune des anciennes facultés, que l'on pourrait appeler facultés pures, en groupes d'organes distincts pour la manifestation particulière de facultés spéciales, que comprenait naturellement l'organe primitif ; ils maintiennent qu'ils peuvent ainsi donner aux sensations une direction spéciale et caractéristique telle que l'on peut les considérer comme des manifestations d'organes ou de facultés distinctes.
Ceci pourrait être simplifié de beaucoup, si l'on considère que sur le point central de l'organe général, nous stimulons des fascicules de nerfs en rapport avec une manipulation générale, par exemple: la bienveillance; mais à mesure que nous approchons des organes environnants, nous excitons en partie les facultés les plus proches, à cause du mélange de quelques-uns de leurs nerfs sensoriels périphériques avec ceux de Tait/re faculté, engendrant ainsi une manifestation mixte ; de même nous trouvons queles rapports entre pays limitrophes modifient le caractère national particulier dechaque nation. Ainsi, dans une direction, la bienveillance (qui est mon point de départ), se confondra avec la comparaison, ou bien se trouvera excitée parle souvenir de quelque personne que nous avons connue, ou encore cette excitation peut nous placer mentalement dans telle ou telle position, et susciter en nous les sentiments en rapport avec les circonstances supposées; dans une autre direction, nous pouvons être plus ou moins influencés par la tendance à imiter les actions charitables des autres, et à mesure que nous approchons de l'organe de la vénération, cette tendance prend la forme du devoir religieux et de l'obligation morale envers la divinité. Si