‹ NeurypnologieChapitre 38 sur 63 · M"" STOWE · texte numérisé non relu

M"" STOWE

« Le 10. Elle vint me voir et m'aniioncer qu'elle avait pu se faire un bonnet de tulle, et enfiler son aiguille satis lunettes ', chose qu'elle n'avait pu faire depuis vingt-deux ans. Le 12, l'amclioralion continue ; elle me dit qu'elle avait pu écrire ses comptes sans lunettes. >'

Signé : Stowe.

Wm. Halliday.

Alice RoiLEY.

Ann. Stowe.

Chez cette patiente, l'aniélloration s'est maintenue ; elle m'a dit aussi qu'elle fut agréablement surprise, après m'avoir quitté, le premier jour d'opération, de voir qu'elle pouvait lire les enseignes le long des rues, chose qui lui était impossible depuis des années. Elle m'a encore donné, de même qu'à beaucoup d'autres personnes, une preuve bien convaincante de son amélioration. Avant d'être opérée, le 8 avril 1842, quand elle allait dans un magasin, sans ses verres, elle était sûre de faire quelque erreur relativement à la qualité des marchandises, et se trouvait obligée de retourner les changer ; maintenant elle n'a plus besoin d'emporter ses lunettes, ainsi que peuvent en témoigner les commis des magasins où elle achète. Sa mémoire et sa santé, en général, se sont aussi beaucoup améliorées à la suite des mêmes opérations.

3'= CAS. — iMiss Stowe, fille de la personne précédente, âgée de 22 ans, « se trouvait, depuis deux ans, dans la nécessité de se servir de verres pour lire ou pour faire un travail quelconque, mais elle n'en a plus besoin depuis sa première liypnotisation ; elle lit maintenant la petite bible polj'glotte ». Ceci est certifié par sa mère, par elle-même, par M. Wm. Halliday et par Mme Roiley.

L'amélioration est constante, et elle a enfilé, devant moi, une aiguille K" 12, huit mois après la première opération que je lui fis subir.

1. Je l'ai vue, moi-même, plusieurs fois, enlilei' une aiguille a" 8.

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4° CAS. — M. J. A. Walker, âgé de 22 ans, a toujours eu la vue très faible, mais il y a eu amélioration considérable depuis son hypnolisation, aussi bien pour sa vue que pour sa mémoire et sa santé en général.

5" CAS. — Mme C, âgée de 83 ans, se sert de lunettes depuis longtemps, à cause de son grand âge, pour coudre ou pour lire. Au mois d'août, je l'hj'pnolisai pour surdité ; il y eut amélioration très nette, et je lui dis que je m'attendais aussi à voir sa vue s'améliorer en même temps. Elle était très incrédule, mais fut agréablement surprise de voir qu'après une seconde opération, non seulement elle entendail beaucoup mieux, mais encore qu'elle avait pu coudre de la flanelle et enfiler son aiguille sans ses lunettes. Elle était occupée ainsi depuis plusieurs heures, quand je vins la voir après la seconde opération.

Des cas se sont présentés dans lesquels j'ai essayé cette méthode sans succès ; ceci prouve seulement que nous ne devons pas nous attendre à jamais rencontrer un remède universel. Des cas d'amaurose confirmée, qui avaient résisté à toutes les médications connues et que j'entrepris seulement en désespoir de cause, pour satisfaire au désir des patients et quelquefois aussi de leurs médecins, ne donnèrent, comme on s'y attendait, pour la plupart, aucun résultat, et à cause de ces cas, on a essayé, d'une façon aussi peu généreuse qu'injuste, de discréditer complètement l'efficacité de l'hypnotisme. Mais l'hypnotisme a réussi trop souvent pour être atteint par des arguments si pitoyables et si faibles. Je pourrais facilement produire des cas de succès en bien plus grand nombre, si je le croyais nécessaire : je n'en donnerai que deux autres.

6' CAS. — M. J. a toujours eu la vue imparfaite, il est myope, présente du strabisme de l'œil droit, et sa vue est si basse, que ce n'est qu'avec grande difficulté qu'il peut, sans verres, voir (sur papier blanc) les grandes lettres de la première page de la Médical Gazelle. Après la première opération, il voyait mieux, et quand elle eut été répétée plusieurs fois, il put, sans verres, lire quelques mots

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d'un article de cette publication ; après plusieurs autres opérations, il lisait le type qui sert à imprimer les cours au commencement du journal.

7" CAS. — Mme S., une de mes proches parentes, fut prise de forte fièvre rhumatismale en janvier 1839. Dans le cours de cette affection, l'œil gauche, y comprises ses structures internes et externes, fut intéressé. On prit l'avis de l'un des premiers oculistes d'Edimbourg. Elle fut soignée par lui jusqu'au mois d'août suivant, époque à laquelle il ne crut plus nécessaire de continuer ses visites. Il avait laissé les instructions convenables pour les soins ultérieurs ; elles avaient été suivies ponctuellement jusqu'au moment où je lavis, en juin 1842. Elle vint à cette époque me faire visite. L'œil n'était pas douloureux, mais il n'était d'aucun service en tant qu'organe de la vision. Une opacité couvrant plus de la moitié de la cornée empêchait la perception distincte des objets placés en face de la moitié temporale de l'œil ; ils n'étaient vus que comme à travers un brouillard épais ; les objets placés vers le côté opposé étaient de même vus imparfaitement, à cause des lésions qu'avaient subies la choroïde et la rétine dans les points où se fait la réllection des images. L'opacité de la cornée n'était pas seulement un obstacle à la vision distincte, c'était encore une cause de gêne, en raison de l'asymétrie qu'elle occasionnait, et qui était visible à une distance considérable.

Malgré les grands avantages que d'autres malades, atteints d'affections des yeux, avaient retirés de l'hypnotisme, il ne me vint pas à l'idée qu'un cas comme celui de Mme S. pût bénéficier de l'opération. Je la lui avais cependant recommandée pour une douloureuse affection rhumatismale de l'épaule et du bras droit. Elle était chez moi depuis près de trciis mois, sans pous'oir se décider à subir l'opération, maisenfm, vaincue par la douleur, elle consentit à essayer l'in-pnotisme ou toute autre chose que je recommanderais ; naturellement je l'hypnotisai, ce qui allégea la douleur à tel point, qu'elle put, dès la première

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opération, mouvoir son bras librement. L'opération fut répétée le jour suivant, avec soulagement complet du bras ; à la surprise et à la satisfaction de la malade, de moi-même et d'antres personnes présentes, il se fit une amélioration telle dans sa vue, qu'elle pouvait voir distinctement tout ce qu'il y avait dans la chambre, nommer les différentes fleurs, et distinguer leurs couleurs, l'œil droit fermé ; or, elle en était incapable depuis plus de trois ans et demi. Je répétais alors l'opération tous les jours, et en très peu de temps, j'avais la satisfaction de voir la cornée transparente, au point qu'il fallait l'examiner de très près pour voir s'il restait encore quelques traces d'opacité. On ne fit usage d'aucun moyen externe ou interne pendant cette période d'amélioration, rien ne fut employé que l'hypnotisme. Pendant ces trois mois, je pus observer l'alTection avant les opérations, et il n'y avait jtas eu de changement visible dans la condition de l'organe. Je ne manquerai pas de faire observer qu'après la première séance il y eut, pendant toute la nuit, des douleurs assez fortes dans l'oi'il ; ces douleurs se reproduisirent à un moindre degré, il est vrai, à la suite d'opérations subséquentes ; elles furent, sans doute, cause de l'excitation des absorbants, et amenèrent la disparition de l'opacité de la cornée. Mais la stimulation du nerf optique fut très probablement la cause principale de celte amélioration si rapide, qui permit à la malade de voir les objets après la seconde opération. De plus, la vue, par rapport aux objets situés du côté temporal de l'œil, est beaucoup plus nette que du côté nasal; cette différence tient aux lésions irréparables qu'ont subies la rétine et la choroïde pendant la période inflammatoire au commencement de l'attaque en 1839.

8° CAS.— M. Holditch, âgé de 39 ans, était paralysé partiellement depuis dix ans ; cette paralysie était apparue quelque temps après une chute. Peu après la chute, il eut une attaque de double vision, qui disparut avec la saignée, les vésicatoires et le traitement habituel, mais

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qui fut suivie de la paralysie des membres inférieurs ; ce motif l'engagea à me consulter le 18 février -1843. Voyez la 20° observation. Il fut très surpris de m'entendre dire que sa vue était défectueuse du côté droit ; il dit qu'il n'en savait rien, et ne voulut point croire que je ne me trompais pas, jusqu'à ce que je l'eusse mis à l'épreuve ; il découvrit alors qu'il voyait à peine les lettres capitales des mots Médical Gazelle, en tête d'un article de cette publication, tandis qu'il lisait les caractères d'imprimerie ordinaires de la page avec l'autre œil. Après l'hypnotisalion, j'essayai de nouveau son œil dans la même position et avec le môme degré de lumière ; il put alors lire les petits caractères d'imprimerie, et cette amélioration s'est maintenue depuis. Il lui était, de même, devenu possible de traverser la chambre sans béquille ni canne, ce qu'il ne pouvait faire avant l'hypnotisation ; ce fait l'avait beaucoup étonné, car il était resté conscient pendant toute la séance et, en conséquence, ne pouvait croire qu'aucun bien pût résulter de l'opération ; enfin, il en eut la preuve évidente dans sa vue et dans sa marche.

Nous avons vu trois cas d'amélioration de la vue, à la suite d'hypnotisation pratiquée pour d'autres affections ; là, par conséquent, l'amélioration ne pouvait, en aucune manière, être attribuée à l'imagination, mais bien à la moditication dans la circulation capillaire et dans la distribution de la vis nervosa.

Dans les cas d'inflammation aiguë des yeux, soit externe, soit interne, je n'ai jamais essayé l'hypnotisme. Enopérant de façon à exciter la circulation, la chose serait tout à fait inadmissible ; et il me serait impossible de hasarder une opinion à l'égard des résultats probables si l'on procédait par le mode contraire.

L'excitation extraordinaire de l'organe auditif, que j'avais observée dans le cours de mes premières expériences, et le fait que le sens de l'ouïe était le dernier à disparaître pendant ce sommeil artificiel (à moins que nous ne fassions exception à celui delà sensibilité aux courants d'air),

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me fit présumer des résultats extrêmement satisfaisants de ce procédé dans le traitement de la surdilé, suite de torpeur des nerfs auditifs. J'en fis donc l'essai dans ces circonstances, et là où il n'y a ni destruction ni lésion organique irréparable de l'appareil auditif, je peux dire avec confiance qu'il n'existe aucun moyen de soulagement comparable à l'hypnotisme. Naturellement, il ne convient pas à tous les cas, mais je suis persuadé qu'il réussira dans un nombre considérable de lésions, ainsi que dans quelques-unes qui résistent à tous les modes connus de traitement.

.Je puis faire cette affirmation avec assurance, non seulement à cause des succès qui me sont persoimels, mais encore à cause de ceux des praticiens qui en firent sincèrement l'essai. Un médecin de mes amis, M. Gardom, me présenta deux malades dont il avait amélioré l'état avec l'hypnotisme seul ; ils pouvaient de nouveau entendre les sermons de leurs pasteurs respectifs. L'une de ces malades avait dû quitter son pasteur favori et fréquenter une autre église où elle pouvait mieux entendre ; mais depuis l'hypnotisation, elle était revenue chez son jyremier pasteur, qu'elle entendait bien désormais.

Les succès que j'avais obtenu avec l'hypnotisme, dans le traitement des sujets devenus sourds par maladie, me firent espérer que cet agent pourrait servir aux sourds-muets de naissance ; j'en fis donc l'essai, avec un succès qui dépassa enfin toutes mes espérances. A la suite des preuves que j'avais fournies dans mes conférences, les médecins de Liverpool recommandèrent, et ce fait est tout à leur honneur, aux gouverneurs de l'institution des sourds-muets de cette ville, depermettre qu'un essai expérimental fût fait dans cet établissement. Les gouverneurs ne voulurent pas y consentir, au moins dans leg mtu-s de l' institution, mais permirent qu'une épreuve fût faite sur les élèves externes qui voudraient, de l'aveu de leurs parents, s'y soumettre dans un autre lieu. On forma, en conséquence, un comité composé des gouverneurs et de membres de la faculté médicale,

CE qu'il y a a faire rOOR LES SOURnS-MUETS 133

pour organiser ces études, et je fus invité à conduire les expériences en leur présence ; un procès-verbal devait être dressé, et publié, à la fin de nos travaux, dans les journaux médicaux.

La difficulti- de faire venir les élèves et les parents nous fit abandonner le projet. Deux essais cependant eurentlieu. Il serait peu conforme aux clauses stipulées, au début des recherches, de publier un rapport tel quel, sur les résultats de ces épreuves parlielles. Toutefois je ne pouvais mieux indiquer ce que j'attendais de ces recherches qu'en transcrivant un passage du discours d'ouverture au comité, par lequel j'inaugurai les expériences.

u Jusqu'ici, ces patients étaient considérés comme en dehors des moyens de guérison dont dispose l'humanité. Ils avaient, en effet, résisté à tous les efforts tentés pour leur soulagement; l'état morbide de leurs organes, iHabli par la dissection, suffisait pour nous confirmer dans la pensée qu'il était invraisemblable qu'on trouvât jamais remède pour eux. Tout en appréciant parfaitement cette difficulté pathologique, j'avais cru devoir essayer l'efi'et du neuro-hypnotisme chez les sourds-muets de naissance, sachant que cela pouvait se faire en toute sécurité, et sans souffrance ni inconvénientpour les malades. De plus, ayant vu la puissance extraordinaire de cet agent pour réveiller l'excitabilité des nerfs auditifs, j'avais l'espoir qu'il pourrait exciter jusqu'à un certain point la faculté de l'ouïe, par l'augmentation de sensibilité des nerfs, compensant ainsi l'imperfection de l'organe. Je n'étais pas et ne suis point encore visionnaire, au point de m'attendre à la perfection dans la fonction là où existe une grande imperfection de l'organe. La perfection dans l'organisation et dans la fonction doivent coexister ; disons, tout au moins, que la fonction ne peut s'accomplir parfaitement quand l'organisation est gravement lésée. Le résultat de ma première épreuve dépassa de beaucoup mes plus hautes espérances ; je me suis senti encouragé à persévérer, et, comme résultat de mes expé-

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TÏences, j'ai rarement rencontré un sourJ-muet de naissance sans réussir à le faire entendre ù un certain degré. Un grand nombre peuvent ne jamais entendre assez pour soutenir une conversation ; mais il est très intéressant, au point de vue physiologique, de savoir que par ce moyen, l'organe imparfait peut atteindre un degré, quel quil soit, de sensibilité au son ; le cerveau, dans ses fonctions générales, ne peut que se trouver amélioré par le fait qu'il n'est plus enlièremenl privé de l'un de ses stimulants appropriés. Je ne doute pas, non plus, que dans bon nombre de cas, l'ouïe ne revienne assez complètement pour permettre la conversation, résultat qui ne pourrait être obtenu par aucun des autres moyens essayés jusqu'à présent. Si mon succès avec les patients assemblés ici approche de ce qu'il a été avec d'autres, autre part, je crois que nous ne pouvons que nous féliciter de voir que notre art a conquis une puissance nouvelleet considérable. Je ne dois pas omettre d'ajouter que de nombreux cas peuvent ne pas se montrer améliorés à la premVere ou à la seconde épreuve, et cependant donner des résultats très satisfaisants après plusieurs essais. D'après mon expérience, il y a beaucoup plus de chance d'améliorer la surdi-mutité congénitale, qu'une lésion provenant de maladie ou d'accident qui aurait entraîné la perte complète de l'ouïe.

» Dans l'essai du degré d'audition des patients, il est nécessaire d'adopter pour les sourds-muets de naissance un plan différent de celui employé avec ceux qui ont su ce qu'est l'ouïe parfaite. Ces derniers, il est vrai, peuvent être incapables d'entendre une boîte à musique, ou le tictac d'une montre à une légère distance des oreilles, mais ils peuvent entendre si les objets sont appuyés contre l'oreille, ou contre l'apophyse mastoïde, ou contre les dents, à cause de la conductibilité plus considérable des structures osseuses. Il est des patients de cette classe, toutefois, qui déclarent, quand on les essaie de cette manière, n'avoir aucune sensation du son, parce que leur expérience antérieure leur permet de distinguer entre l'ouïe

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