INFLUENCE DES SUGGESTIONS
action, mais coiiinie l'impi-e-^sion sur/gérée esl la plus forte, les mouvements volontaires ne peuvent s'etl'ectuer, malgré la force nerveuse considérable que le patient déploie, ce que l'on reconnaît à son rapide épuisement. Je fis saisir malgré lui une canne à un patient; il ne pouvait plus la lâcher ; je dis alors à voix haute :
« Je vais la rendre si lourde qu'il lui sera impossible d'en supporter le poids ; » il entendit cette simple remarque suggestive et c'en fut trop pour ses efforts musculaires énergiques, mais mal dirigés, il s'efforça en vain de soutenir ce fardeau imaginaire et le laissa enfin tomber à terre épuisé.
Après l'expérience, le patient nous affirma qu'il avait fermement cru voir à chaque bout de la canne, et il montra l'endroit précis, un poids de cinquante livres, et qu'il avait senti le poids augmenter et enfin l'accabler. Il était évident que les efforts qu'il avait faits pour supporter le poids imaginaire, l'avaient fatigué, tout autant que s'il avait supporté un vrai fardeau. Cette sensation et son résultat sont assez communs dans le cauchemar penrlant le sommeil ordinaire. L'effort et l'épuisement sont analogues dans les deux cas. D'un autre côté, l'effort que peut faire le patient, lorsque l'impres-iion qu'on lui a suggérée et la ferme croj'ance qu'elle établit s'accordent avec son intention propre, est développé au point de lui permettre de soulever un poids qui lui serait trop lourd à l'état ordinaire. L'histoire nous offre des exemples de panique dans les armées, d'actes d'audace et de valeui-, qui sont accomplis dans un moment d'enlhousiasme, et qui, pour la plupart, rentrent dans le sujet ici traité.
Je vais présentement exposer mes vues au sujet de ce qu'on appelle les passes mesmériqués. On distingue les passes avec contact, où les doigts de l'opérateur glissent doucement sur l'organe à affecter, et lespnsses sans coiWact, qui se font en passant la main, les doigs étendus et séparés, au-dessus de la partie ; les doigts ont un certain trem-
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hlcmeiUqui doil cominuiiiquer à l'air un léger mouvomeiU propre ;i inlluencer la partie sur laquelle on opère.
Mes expériences m'ont conduit à attribuer les eli'cts de ce procédé au pouvoir que possède l'esprit du patient d'amener des changements diins l'activité phj'sique de la partie sur laquelle il est porté à s'appesantir, soit par des impressions tictiles externes, soit par les eiïorts de sa propre volonté (comme dans la concentration de l'attention), surtout lorsqu'il est persuadé qu'une modification à laquelle il s'attend est on voie d'accomplissi^ment. Si, à une période propice du sommeil, on dirige les impressions sur les organes des sens, on provoque des images mentales en rapport avec la fonction spécifique de ces organes ; si on les dirige sur une partie recouvrant des muscles, les muscles se mettent en action ; probablement aussi, il se développe au même moment d'autres impressions qui sont ordinairement la cause de ce processus physique ou qui le précèdent.
Parmi les phénomènes les ]ilus prob]émati()ues (prit m'ait été donné d'observer, je mentionnerai les ell'ets conirah-es que semlilaient provoquer des impressions mentales semblables. Par exemple :les passes avec contact ou l'agitation de l'air le long d'un bras ou d'une jambe m(;ttaient les muscles en action et amenaient l'élévation des extrémités. Les magnétiseurs appelaient ces passes : « Les passes mesmérisantes. » Si l'on éventait les extrémités soulevées, celles-ci retombaient, et le procédé recevait le nom de " passes démesmérisantes. >> Si l'on éventait un c6té de la tète, celle-ci suivait la main de l'opériiteur, d'abdrd d'un coté, puis de l'autre ; ou bien le passage rapide de la main sur relie du patient, puis le retrait soudain delà main et la répétition du procédé, amenait l'élévation de la main du patient e't la rendait cataleptique.
Ce fait était donné par les magnétiseurs comme une preuve péremplcjire en faveur d'une attraction entre la main de l'opérateur et celle du patient; l'une attirait l'autre comme l'aimant, le fer. .Je remarquai bientàt i[ue dan*