‹ NeurypnologieChapitre 56 sur 63 · COMMENT AGISSENT LES PASSES · texte numérisé non relu

COMMENT AGISSENT LES PASSES

la première période de Iraiisitinii, de la veille au soiiiineil, les patients conservaient assez d'irritabilité et de sensibilité, pour être affectés par certaines impressions et qu'ils se rapprochaient ou s'éloignaient selon que la qualité ou l'intensité de ces impressions leur était agréable ou désagréable.

Ainsi, la musi(pie douce les charmait ; ils s'en rapprochaient, tandis que la musique bruyaide et peu harmonieuse les affectait tout autrement et qu'ils s'en éloignaient. Il en était de même pour les odeurs et pour les sensations de froid et de chaud. Je vis aussi que les chatouillements ou l'agitation de l'air au-dessus de la peau, mettait en action les muscles sous-jacents ; l'on pouvait ainsi ployer la main ou soulever le bras, puis en agissant sur les muscles antagonistes, faire étendre la main et les doigts et tomber le bras. C'était là un fait simple en apparence et assez compréhensible ; mais je découvris enfin qu'un groupe de muscles mis en actions par une impression donnée, et qui avaient conservé pendant quelque temps la position acquise, ne se contractaient plus parla répétition de la même impression mentale, provoquée au même endroit que précédemment ; la même cause excitatrice apparente produisait un effet absolument contraire, que l'on eût employé les passes avec contact, ou le simple courant d'air. Je vis encore que ma volonté était étrangère à ce fait, car les résultats eurent lieu de la même manière absolument, quoique pendant mon opération, j'eusse désiré le contraire. Ces résultats contraires provenant d'une excitation semblable en apparence furent pour moi une énigme qui m'intrigua longtemps ; mais j'arrivai enfin à une solution bien simple de ce fait si mystérieux en apparence. Je me représentai que la conscience et la volition du patient sont obscurcies, que ses mouvements sont instinctifs et automatiques et que par conséquent l'impression mentale ne fournit qu'une tendance aux mouvements ; les mouvements se font toutefois dans la direction et de la façon la pli(s naturelle dans les conditions du

Braid. '»

moment. Par exemple : uu muscle est-il au repos, il se met en action ; au contraire, est-il en mouvement, il devient inaclif, et cela sous la même excitation.

Si l'on agit sur la main ou sur le bras, qui repose sur les genoux, comme il ne peut plus se produire d'abaissement, le bras s'élève et devient rigide. Si après avoir laissé le bras dans la nouvelle position pendant quelque temps, on reproduit la même excitation, celle-ci amène la tendance à exécuter le mouvement le plus naturel, et dans ce cas, le bras s'abaisse. Que l'on empécbe, d'ime taçon quelconque, le soulèvement ou l'abaissement du braet que l'on répète rex[)érieuce, on verra le membre se mouvoir de côté.

Ce procédé peut également s'apjilii|iier à des muscles isolés. C'est ainsi que nous inlhiençons les muscles de la physionomie et qu'il nous est possible d'éveiller une passion ou un sentiment quelconque ; la contraction des muscles réunis, constituent « l'analomie de l'expression, « évoque dans le cerveau de l'hypnotisé certaines impressions de même que ces dernières, à l'état de veille, déterminent l'ensemble des traits.

Il ne s'agit donc que d'une inversion dans l'ordre habituelle des émotions et de leurs manifestations physiques. Il est évident qu'il n'y a rien d'occulte ni de spécifique dans les passes faites avec les mains; en effet le courant d'air produit par un soufflet donne les mêmes efl'ets que la main en mouvement, comme je l'ai fait voir si souvent à une foule d'observateurs iiiteUigents.

Les passes, en tant qu'impressions visibles ou sensibles, soutiennent le patient dans la concentration de son esprit sur un organe détermine, et influencent en même temps la fonction de cette partie ; elles impriment une direction spéciale à une force qui évolue chez le patient lui-même ; mais on ne doit pas plus supposer une force occulte dans les passes (une force émanant de l'opérateur) qu'il ne convient d'attribuer à la lentille la création de la lumière et de la chaleur qu'elle rend perceiJlible par la concentration

Page 1