‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 20 sur 92 · ACTION SYNERGIQUE DES PUPILLES · texte numérisé non relu

ACTION SYNERGIQUE DES PUPILLES

Oû admet aujourd’hui, à peu près généralement, que pendant l’effort que l’on fait pour regarder un objet très rapproché, il se produit, selon la direction de l’objet, soit’un strabisme double interne, soit un strasbisme dehaut e'n'" bas ou de bas en haut également double interne; les pupilles sont, par conséquent, puissamment contractées ; je nesacjhë pas cependant connu le fait que, en dirigeant les ye^' sans effort en haut ou en bas, à droite ou à gauche, comnie ' , si l’on regardait des objets très éloignés, les pupilles sV^ dilatent fortement, indépendamment de la quantité de lumière qui parvient à la rétine ; nous pouvons, de cette manière, contracter ou dilater la pupille à volonté, A ceux qui ne considèrent les mouvements de l’iris que comme l’effet de l’irritabilité, je ferai observer que, d’après eux,

D’après les vues de cet auteur, ces symptômes sont le résultat de « l’attention fortement dirigée sur différentes parties du corps, » tandis que pour moi, c’est l’attention fixée à quelque chose en dehors du corps. La meilleure manière, selon moi, de connaître Topinion d’un auteur est de lire son résumé. Voici les conclusions que nous relevons page 1031 ; l’auteur dit ; « Telle est notre manière de voir. Tous les effets croyables du magnétisme se sont produits, et tous les effets incroyables se seraient produits, dans des cas où aucune influence magnétique n’a été mise en action, mais dans lesquels l’imagination dans toute son excitation, l’irritation ou quelque impression mentale puissante a opéré; là où l’esprit seul a été impressionné, des effets de magnétisme se sont produits sans manipulation magnétique. Quand on a employé les manipulations magnétiques à l’insu du sujet, par conséquent, quand on a opéré sans le secours de l’esprit, on n’a jamais obtenu aucun résultat. » Peut-on demander plus pour prouver que cet écrivain, tout comme Bertrand, adhère à la théorie de l’imagination ? Ce fut l’impression que me laissa la lecture de ces articles quand ils furent publiés ; de plus l’expérience de Wakley me fit considérer le tout comme une connivence ou une supercherie, ou plutôt comme le résultat de l’imagination excitée, de la sympathie ou de l’imitation. J’abandonnai donc le sujet comme peu digne de nouvelles recherches, jusqu’au moment où j’assistai aux séances de Lafontaine. J’y vis un fait qui attira mon attention ; l’impossibilité pour un patient d’ouvrir ses paupières. Je restai convaincu que ce phénomène ne pouvait être attribué à aucune des causes admises jusque-là, et je commençai alors des expériences pour éclaircir cette question ; quelques jours plus tard, je présentai mes résultats en public.

DE l’hypnotisme

la première de ces positions augmente l’irritabilité, que la seconde la diminue. J’ajouterai encore que, si l’on fatigue fortement les yeux dans une direction quelconque, on aurait comme conséquence la contraction des pupilles.

Il est important de remarquer que, plus l’hypnotisation est fréquente, plus les patients y deviennent accessibles, et cela par l’association des idées et par l’habitude ; ils deviennent ainsi susceptibles d’être affectés entièrement par imagination. Ainsi, ils croient qu’il se passe quelque chose dont ils doivent être affectés, quoiqu’ils ne le voient pas, ils deviennent affectés; au contraire, l’hypnotiste le plus expert s’exercera en vain, si le sujet ne s’y attend pas et s’il ne s’y prête pas de corps et d’âme.

C’est ce fait lui-même, joint à l’extrême docilité et à la facilité des sujets, ainsi qu’à l’étendue et à la grande rapidité d’action, à une certaine période, des fonctions ordinaires des organes et des sens, y compris la chaleur et le froid, les mouvements musculaires, la tendance des sujets dans cet état à s’approcher ou à s’éloigner selon les impressions qu’ils ressentent, et selon que l’intensité ou la qualité de ces dernières leur est agréable ou désagréable, c’est ce fait, dis-je, qui a dû égarer tant d’observateurs, et permettre aux magnétiseurs d’imaginer qu’ils pouvaient produire leurs effets à distance, par la seule volition et par des passes secrètes h

1. J’extrais ce qui suit d’une lettre que je fis publier dans le Medica Times du 26 mars 1842 :

« La prétendue faculté de voir, à l’aide d’autres parties du corps que les yeux, est pour moi un leurre. 11 est manifeste, cependant, que certains sujets peuvent décrire la forme d’un objet tenu à la distance d’un pouce et demi de la peau, près de la nuque, du sommet de la tête, près du bras, de la maia ou d’autres parties du corps, mais voici l’explication de la sensation qu’ils éprouvent : la sensibilité de la peau, exaltée à l’extrême, leur permet de reconnaître la forme des objets qu’on leur présente ainsi, par la tendance de ces objets à émettre ou à absorber du calorique. Il ne s’agit, toutefois, pas de la vue, mais bien du toucher.

^ » De même j’ai pu me convaincre, ainsi que d’autres, que les patients sont portés à suivre les mouvements de l’opérateur, non par

l’imagination et l’habitude

Il serait difficile de produire un exemple plus frappant que le suivant, pour prouver que les phénomènes proviennent de la fixation de l’esprit et des yeux, de l’état général de repos du patient, et non de l’imagination, des regards et delà volonté d’autrui. Après ma conférence dans « Hanover Square Ro oms, » à Londres, le l®"" mars 1842, une personne vint dire à M. Walker, qui était avec moi, qu’elle désirait me parler, et qu’elle me priait d’essayer si je pourrais l’hypnotiser. Elle souhaitait fort de pouvoir être affectée, et tel était aussi le souhait de ses amis, mais

une puissance magnétique particulière inhérente à lui, mais en raison de l’exaltation de leur sensibilité, qui leur permet de discerner les courants d’air qu’ils suivent ou qu’ils évitent, en quelque sorte, selon leur direction. Ce fait est acquis et j’ai montré qu’un patient peut sentir et suivre les mouvement d’un entonnoir de verre mû dans l’air à la distance de quinze pieds.

» Je voulus mesurer exactement l’influence exercée par une patiente sur elle-même, en dehors de l’influence personnelle ou mentale provenant de ma part ; pendant que je m’occupais d’autre chose, ma fille pria la patiente de passer dans une autre chambre où elle serait seule et d’essayer de s’hypnotiser elle-même. On vint me dire peu après qu’on avait trouvé la patiente profondément endormie dans mon salon. Je vins la retrouver, lui couvris les yeux d’un bandeau, puisù l’aide de l’entonnoir de verre (dont je me servais pour éviter toute communication électrique ou magnétique de ma personne à la sienne) je lui fis lever les bras, puis le corps tout entier. M’éloignant ensuite de quinze pieds, chaque fois que je rapprochais l’entonnoir vei's moi, elle s’approchait aussi, mais quand j’éloignais rapidement l’insfrument de ma personne, elle reculait invariablement ; si je le faisais mouvoir latéralement, elle le snivait également à droite ou à gauche. Je fis ensuite manœuvrer l’entonnoir, de manière à maintenir le courant vers la porte, et elle me suivit ainsi, les bras étendus et un bandeau sur les yeux, avec la démarche hésitante particulière aux somnambules, jusqu’au bas des escaliers, puis elle remonta avec moi les vingt-deux marches.

>> Parvenu au haut de l'escalier, je la laissai debout quelques instants, puis je recommençai mes mouvements d’attraction. Il était évident qu’elle avait conscience des mouvements et qu’elle essayait de venir, mais elle ne pouvait pas. Je voulus la conduire par la main, mais ses membres inférieurs avaient pris la rigidité cataleptiforme et elle ne pouvait bouger. Je la transportai dans le salon, et, l’ayant assise sur une . chaise, je la réveillai. Elle n’avait aucune conscience de ce qui s’était passé, et on ne put lui faire croire qu’elle avait descendu l’escalier —

DE L’nYPNOTISME

ni Lafontaine, ni d’autres qui avaient fait la tentative, n’avaient pu réussir à l’endormir. M. Walker répondit au visiteur que j’étais occupé et le pria de s’asseoir, lui disant qu’il allait l’hj^pnotiser lui-même dans un instant. Je vins dans la chambre peu après, et Je pus observer ce qui se passait. Le sujet était assis, fixant les yeux sur le doigt de Walker, qui se tenait debout, un peu à droite du patient et ne quittait pas du regard les yeux de ce dernier. Je ne faisais que passer, étant occupé à autre chose ; puis revenant un peu plus tard, je trouvai, M. Walker dans la même

elle était sûre, disait-elle, qu’elle n’aurait pu faire pareille chose sans tomber — et elle croit encore aujourd’hui à une plaisanterie, quand on lui rappelle sa promenade.

» Ade nombreuses reprises, cette expérience fut faite avecce sujet et avec d’autres ; les résultats étaient absolument identiques, à l’exception, toutefois, de la promenade dans l’escalier ; j’ai montré avec quelle facilité les sujets, dans cet état, pouvaient être mis en mouvement, par d’autres comme par moi ; je considère donc comme évident pour toute personne sans parti pris, qu’un patient peut s’hypnotiser luimême indépendamment de toute influence étrangère ; et que c’est plutôt à cause de l’extrême sensibilité de la peau et de la docilité des sujets, que ces derniers sont attirés par l’opérateur, qu’en vertu d’une attraction magnétique ; enfin le pouvoir de reconnaître les objets tenus près de la peau, en différentes parties du corps, est l’acte du toucher et non de la vue.

» A partir du moment où je vis un professeur célèbre essayer

attirer un patient, le me formai une opinion quant à la cause de ce phénomène et je compiûs qu’il résultait de courants d’air produits par la main, en même temps que de l’extrême sensibilité de la peau et de la docilité du patient dans cet état ; mes expériences m’ont fourni des preuves concluantes de la rectitude de mes vues, et quelques malades reconnaissent ces faits.

» Il est intéressant de remarquer que, pendant le trajet dans l’escalier, on sonna è. la porte : le bruit de la sonnette produisit une telle secousse dans tout l’être de la patiente qu’on eût dit qu’elle allait perdre l’équilibre. Ce fait est analogue à celui que produit un bruit soudain sur des somnambules naturels. »

C’est à cause de l’extrême sensibilité de la peau pendant l’hypnotisme que des sujets peuvent circuler dans une chambre, les yeux bandés, sans se heurter aux meubles, — ils sont guidés par la différence de température ou plutôt par le degré de conductibilité des objets et par la résistance de l’air.

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