‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 25 sur 92 · HYPNOTISME ET RÊVERIE · texte numérisé non relu

HYPNOTISME ET RÊVERIE

Je ne doute pas que les effets si caractéristiques, men- - tionnés dans la note ci-dessous, n’aient pour cause la durée trop grande de l’expérience. Je n’ai jamais vu de conséquences semblables suivre aucune de mes opérations, parce que j’ai toujours surveillé le malade aussitôt que j’ai remarqué le moindre symptôme de danger. Je vais maintenant indiquer les symptômes de danger, ainsi que la manière de réveiller les sujets, et d’empêcher les accidentsqui pourraient résulter d’un défaut de prudence chez, l'opérateur.

Quand je m’aperçois qu’il y a oppression de la respiration, que le visage est très rouge, que les membres sont, extrêmement rigides, ou que l’action du cœur est rapideet tumultueuse, je réveille immédiatement le patient, en frappant dans les mains, ou en frappant le malade, par

l’esprit toutes ses idées en bloc à l’e-Kceptioa à!une seule et d’y fixer celle-ci, tnéme après le passage à l'état hypnotique. Ceei est très différent de ce qui se passe dans la rêverie dont il est question, et îi propos de laquelle M’Nish reconnaît qu’il est difficile « d’arrêter l’attention définitivement sur un objet quelconque ». De plus, loin qu’une réaction de l’esprit suffise pour faire sortir les patients de l’état hypnotique, comme dans la rêverie dont il s’agit, je 'dirai que je n’ai jamais vu de sujet profondément affecté en sortir sans aide ; et j’ai entendu Lafontaine raconter qu’il n’avait pu réveiller un Français, auprès duquel il s’était trouvé pendant douze heures, à l’occasion d’une opération chirurgicale ; j’ai aussi lu le rapport d’un autre opérateur qui employa ma méthode sur un sujet à Stockport, et qui, ayant laissé les choses aller trop loin, eut grand mal à le rappeler à lui et ne lui vit reprendre la parole, malgré de nombreuses manipulations, secousses et frictions, qu’après l’ingestion de près d’un demiverre d’eau-de-vie de genièvi'e. Pour éviter toute fausse interprétation, je reproduis le cas tel qu’il se trouve dans la Chronique de Stockport, du 4 février, 1842. — « Le conférencier fit ensuite remarquer le cas suivant. C’était celui d’un jeûné homme connu familièrement sous le nom de « Gharlie •-> : Il entrait dans l’état de somnolence ; alors on explique à l’auditoire que la somnolence se manifestait tout d’abord par la rigidité des différents membres. Puis ses paupières se fermèrent, et il parut être comme sous l’influence de la catalepsie. On essaya de le faire asseoir, mais son corps tout entier était absolument rigide, et on ne put y parvenir. On l’étendit alors sur le plancher, et tous les moyens usités avec l’eau froide furent mis en œuvre pour le

DE l’hypnotisme

un coup sec de la paume sur le bras ou sur la jambe, ou bien encore par la pression et le frottement des paupières, ou encore par un courant d’air projeté contre la face. A l’aide de ces moyens je n’ai jamais manqué de rappeler mes sujets à eux rapidement.

Je suis convaincu que l’hypnotisme est non seulement un remède très important, mais encore un remède sans danger dans un grand nombre de cas, si on l’emploie avec discernement ; il ne doit pas servir de jouet, entre les mains des ignorants qui voudraient satisfaire une vaine curiosité. Dans les cas de tendance à l’apoplexie, quand il y a anévrisme, ou sérieuse affection organique du cœur, on ne doit pas s’en servir, à moins de grande précaution et en vue de diminuer la force et la fréquence de l’action cardiaque.

rappeler à lui. Après ua certaiu laps de temps, ses membres devinrent plus souples, et on put l’asseoir, il était conscient en apparence, mais avait les yeux encore fermés. On le pria plusieurs fois de les ouvrir, mais, malgré les plus grands efforts, il ne put te faire pendant quelque temps. Enfin, il les ouvrit, et on s’aperçut alors que toutes les fonctions du corps avaient été fortement influencées ; en ce moment il n’avait pas encore recouvré la paroie ; les muscles de la gorge et de la langue demeuraient encore dans l’état complet de rigidité. C’est dans cet état, tout son corps étant pris d’an tremblement violent, qu’il fut conduit dans une pièce etplacé devant le feu, pendant que l’opérateur continuait à le frotter afin d’exciter l’irritabilité des tissus et de rappeler la vie normale. Tous ces efforts échouèrent, pendant un certain temps, cependant le patient se montrait très surpris de son état, il était très gai, et s’efforçait de parler, mais en vain. Enfin on apporta un demi-verre d’eau-de-vie de genièvre, il en but la plus grande partie; il recouvre k peu près la parole, et demande, à voix basse, son chapeau ; il prie aussi qu’on mette de l’eau dans le reste de son eau-de-vie de genièvre. Il se plaignait d’une sensation de trop-plein à l’estomac ; on lui demanda s’il avait encore froid, il répondit que non, mais qu’il ne pouvait pas encore maîtriser le tremblement dont il était saisi. »

N’est-ce pas là un magnifique exemple de la facilité avec laquelle on peut faire sortir les patients de cet état upar une réaction de l'esprit ? » Ce cas ne fut pas le seul de la soirée, où l’on éprouva de grandes difficultés pour faire sortir les sujets de l’état hypnotique.

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