‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 27 sur 92 · PRODUCTION DU MESMÉRISME · texte numérisé non relu

PRODUCTION DU MESMÉRISME

que le sommeil produit par ce mode d’opération, à moins qu'il ne fût provoqué par les yeux, n’était autre que le SOMMEIL NATUREL, excepté chez des patients qui avaient, pour ainsi dire, été marqués au sceau de l’état nerveux, par le mesmérisme ou l’hypnotisme pratiqué précédemment. Le conférencier, dans ses conclusions, déclara qu’il ne connaissait d’autre sommeil que le sommeil naturel ou ordinaire et que les effets produits par les différents procédés étaient les mêmes L Je crois que la plupart, si-

1. Telle était son opinion ; on peut affirmer qu’elle n’était pas nouvelle. Voici le langage que tenait Gullenl ongtemps avant la naissance de notre conférencier : « Si l’esprit s’attache à une seule sensation, il en arrive bientôt à une absence presque totale d’impressions ; ou, en d’autres mots, à l’état le plus proche du sommeil ; que ces stimulants qui l’occupent disparaissent, et le sommeil s’établit. » M’ Nish dit aussi : « L’attention limitée à une seule sensation a le même effet (de provoquer le sommeil). Ceci a été démontré dans toute espèce de monotonie, là précisément où la variété fait défaut dans la stimulation des idées et les tient, pour ainsi dire, en haleine. »

Le même auteur dit encore ; « J’ai souvent provoqué chez moi-même le sommeil en répétant mentalement et à plusieurs reprises quelques vers bien connus. Ce faisant, nous devons concentrer absolument nos idées sur ce thème particulier, sans en dévier d’aucune façon.» Puis il|ajoute « que le grand secret consiste à forcer l’esprit de renoncer à son ordre de pensées favorites, ordre dans lequel il a terfdance à se maintenir, « et à se borner simplement à la répétition verbale de la pensée qu’on y a substituée!» ; et plus loin : a plus l’esprit s’applique à une seule impression, plus il approche du sommeil qui est l’absence totale de toute impression . » Willich écrivait aussi, il y a quarante ans, a le sommeil fait suite à la quiétude de l’esprit,... si on agit doucement et uniformément sur l'un des sens, par exemple par la musique ou par la lecture ; et pareillement sous Tinfluence d’un mouvement lent et régulier de tout le corps, comme le balancement ou le roulis d’un vaisseau. » Le fait de compter et de répéter les mêmes paroles est aussi bien connu, et est employé pour se procurer le sommeil.

Qu’on lise attentivement l’extrait suivant de la Medical Gazette du 24 février 1838, sur la puissance des impressions monotones et faibles sur les sens, pour produire et le sommeil et bon nombre des phénomènes qu’on attribue ordinairement au mesmérisme ; l’on peut juger du mérite de l’écrivain qui, connaissant les écrits en question, publie une note établissant les mêmes faits, six ou huit mois plus

DE l’hypnotisme

non la totalité des patients qui ont paru à ces conférences, avaient été soumis auparavant au mesmérisme ou à l’hypnotisme, fait qui, si je touche juste, et d’après les circonstances mentionnées (voir page 40,et note, page 59,) effacerait complètement l’importance des résultats apparents. Je n’ai jamais ouï dire que le conférencier Qni opéré avec succès, et produit les phénomènes sur un certain nombre de patients pris au hasard dans l’auditoire, sur lesquels on n’avait pas encore opéré ; ou qu’il ait obtenu des résultats curatifs comme ceux que j’ai multipliés. Il serait donc équitable d’admettre, jusqu’à production des mêmes phénomènes par sa méthode chez des personnes n’ayant jamais été soumises à l’hypnotisme ou au mesmérisme, que rien n’est révélé, sauf le fait sur lequel j’ai si souvent insisté, c’est-à-dire, le pouvoir de l’imagination, de la

tard, et cela, sans avoir institué une seule expérience pour prouver l’exactitude de son hypothèse. « Quant aux autoes symptômes légers, » (les symptômes énumérés en premier lieu étant attribués à l’imagination ou à l’émotion de l’esprit) « les vapeurs, l’assoupisssement, et enfin le sommeil naturel, il n’en faut chercher d’autre cause que l’ennui résultant des passes de la main pendant une période de temps qui peut dépasser une heure, passes pratiquées sur les parties les plus sensibles du corps. Ceci n’est qu.’un exemple de l’effet bien connu sur les sens, des impressions faibles et monotones dans la production du sommeil ; on trouve des exemples analogues dans l’influence calmante qu’exerce sur nous la vue d'un corps vibrant avec lenteur, ou d’une scène paisible et lointaine, ou le mouvement des vagues, ou encore le frémissement des feuilles ; il en est de même des impressions faites sur Foule par le bruit d’une cascade, le murmure des flots, le bourdonnement des insectes, le sifflement du vent, le débit monotone d’un insipide lecteur. Telle est encore l’influence sur les nerfs sensitifs d'une douce friction à la région temporale, ou aux sourcils, ou à une partie sensible du corps ; du bercement, d’un mouvement quelconque lent et régulier des membres ou du tronc ; tous ces exemples montrent que l’effet des impressions monotones sur les sens consiste à produire chez la plupart des personnes, la quiétude, l’assoupissement, et enfin le sommeil.

En quoi consiste donc, nous le répétons, le grand mérite d’avoir écrit, six ou huit mois après la publication de ce qui précède, que ces phénomènes sont produits par « la prolongation outre mesure et par la répétition de la même impression sensible ? »

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