‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 31 sur 92 · PRODUCTION DU SOMMEIL A VOLONTÉ · texte numérisé non relu

PRODUCTION DU SOMMEIL A VOLONTÉ

mes travaux n’ont pas entièrement échoué, dans la disparition des pi’éjugés populaires; et j’espère maintenant que mes confrères éclairés, connaissant les raisons qui m’ont porté à faire des conférences à des auditoires mixtes, au lieu de m’adresser exclusivement aux confrères, et sachant surtout que je ne faisais pas secret de mes modes d' opération, seront plutôt enclins à approuver qu’à blâmer la ligne de conduite que j’ai cru devoir suivre. Voulant éclaircir certains doutes, j’instituai des expériences par lesquelles j’espérais obtenir un sommeil naturel ou réparateur et les résultats furent très satisfaisants. J’ai pu' réussir sur un patient qui, opéré de la façon habituelle, était très susceptible et porté à devenir fortement cataleptique, avec pouls rapide et respiration oppressée, j’ai pu réussir, dis-je, à produire un sommeil profond pendant plus de trois heures, accompagné de flaccidité de tous les muscles, et de pouls et de respiration plus lents qu’à l’état normal. Toute la différence provient d’une circonstance bien simple : la position des yeux pendant l’opération, c’est-à-dire, tenir les paupières fermées et tourner les yeux vaguement en haut, comme si l’on regardait un objet à une grande distance, élevant les globes oculaires lentement, de façon à causer la dilatation de la pupille, comme je l’ai déjà expliqué ; il faut aussi placer les membres dans la position la plus favorable au repos des muscles, attitude qui empêche ainsi l’accélération du pouls.

Voici le raisonnement que m’a inspiré cette méthode. Si, comme je le supposais, la tendance au spasme se trouvait réfléchie à tout le système musculaire, par l’intermédiaire des branches demi-paralysées de la troisième paire de nerfs crâniens pendant la fatigue qu’impose aux yeux la fixation prolongée, je pensai que si je pouvais mettre en jeu tous les éléments nécessaires pour produire l’hypnotisme, moins la fatigue des yeux et de leurs branches nerveuses, je pourrais provoquer un sommeil réparateur, sans rigidité des muscles ni accélération de la circulation. En fermant les paupières, on obtenait le premier point, et

DE l’eYPNOTISME

en tournant les yeux en haut vaguement, ce qui amenait la dilatation des pupilles, on obtenait le second ; j’en fis l’expérience, et commeje l’ai déjà dit, je réussis complètement.

Je. crois que le plan que je viens d’indiquer est aussi simple, et je suis certain qu’il sera aussi efficacepourprocurer le « sommeil à volonté » que celui de Gardener, publié dernièrement par le docteur Binns. Je dirai encore que j’ai publiquement indiqué ma méthode dans mes conférences à Londres, le l®"" et le 2 mars 1842, c’est-à-dire six mois au moins avant la publication du travail du docteur Binns. J’en avais fait de même dans mes conférences à Liverpool, six semaines avant la dernière date citée.

M. Barrallier, chirurgien de mérite exerçant à Milford, qui s’était occupé d’hypnotisme avec zèle et succès, publia dans le Medical Times quelques expériences intéressantes, et mentionna entre autres le cas d’un habitant de sa ville qui avait l’habitude de s’endormir en tenant ses yeux dirigés fixement pendant quelques minutes dans la même direction.; cette personne dormait à peine avant d’avoir adopté cette méthode. (Voir pour les différents modes de s’endormir les pages 56-58 de ce traité).

Parlant de mes premières théories, le docteur Binns, à la page 372, malgré les modifications dans la circulation et dans la respiration, révoque en doute que, pendant l’hypnotisme, naturel ou artificiel, il y ait imperfection dans la formation du sang artériel. Il n’avance cependant aucun argument qui puisse me convaincre du contraire et, selon ma conviction personnelle, l’état du sang est bien celui que j’indique ; cet état est une des causes du sommeil ordinaire ; la condition de torpeur plus intense qui accompagne une certaine période du neuro-hypnotisme est de même le résultat d’une purification moins parfaite encore du sang. D’un autre côté, l’exaltation et la rêverie dépendent des propriétés plus ou moins stimulantes du sang, mieux oxygéné à certaines périodes, ainsi que du cours rapide de la circulation, et de la pression ou tension exercée sur le cerveau pendant l’état cataleptiforme.

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