‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 34 sur 92 · OPINION DU D"" ARMSTRONG, DE M. MAYO · texte numérisé non relu

OPINION DU D"" ARMSTRONG, DE M. MAYO

Un autre argument vient encore puissamment confirmer la croyance à l’indépendance de l’être spirituel. Malgré les modifications continuelles qui ont leur siège dans la structure physique, nous constatons toujours l’identité personnelle ; nous nous souvenons volontiers des premières années de notre jeunesse, alors que chaque particule de notre organisme a changé à plusieurs reprises ; l’esprit original n’aurait donc fait qu’échanger et renouveler sa demande.

l’esprit, pas plus que les propriétés ne révèlent l’essence de la matière. Quand, par conséquent, on affirme la matérialité de l’esprit, on semble admettre que les phénomènes de la matière démontrent clairement la cause réelle de l’esprit ; or, comme il n’en est rien, on fait reposer l’argumentation, d’une façon peu philosophique, sur une supposition. Le fond du raisonnement est également incorrect, quand on maintient que l’esprit est un attribut de la matière, parce qu’on ne le connaît dans ses opérations qu’en rapport avec la matière. Quoique cette relation soit constante, nous n’avons cependant aucune preuve directe qu’elle soit indispensable.

M. Herbert Mayo, dans l’introduction de son livre sur le système nerveux et ses fonctions, s’exprime ainsi : — « La vie est une force dont la nature et le but sont de préparer les matériaux du monde inerte, pour une union temporaire avec la conscience, — c’est unmoyen par lequel- l’esprit peut se mettre en l'elation avec la matière, de telle sorte qu’il puisse prendre corps et faire partie de la nature physique, développer ses facultés, mettre à jour ses capacités et ses tendances qui sont toujours (quel qu’en soit le but ultérieur) en harmonie avec ses lois.

» Nous imaginons l’Esprit suprême présent partout, infini, contrôlant la matière, mais non contrôlé par elle, et par opposition à ces attributs, nous concevons l’esprit humain attaché sur place, immobile et dépendant d’un certain arrangement de la matière pour pouvoir se manifester, chaque puissance témoignant des propriétés d’un tissu, chaque agent, de la fonction d’un organe.

» Ces vues ne conduisent pas au matérialisme, car on ne peut pas séparer la physiologie du système nerveux de lapsychologie, ni étudier le jeu de ses organes sans s’attacher à l’étude de l’esprit lui-même. Et si l’on s’occupe également des deux classes de phénomènes, il est impossible (ce me semble du moins) d’échapper à la conviction qu’ils sont essentiellement indépendants l’un de l’autre, et qu’ils appartiennent à des essences distinctes ; et que la conscience du moi n’est pas un mode de l’existence matérielle, ni l’impénétrabilité physique un attribut de ce qui sent et pense. »

DE l’hypnotisme

Mais comment pouvons-nous supposer que chaque particule, en se retirant, ait pu léguer sa somme de connaissance à la parcelle de matière qui lui succède ?

La remarque de Colton semble très juste ; il dit : — «De nombreuses causes conspirent auj ourd’hui à augmenter, pour ainsi dire,rarbre de l’infidélité, maisle matérialisme en est la plus forte racine. » J’ai donc essayé de démontrer, et, d’après ce qui a déjà été dit, avec succès je l’espère, que le fait de voir dans le cerveau l’organe de l’esprit ne conduit à admettre que certaines conditions de la matière, propres à la manifestation des différents états de l’esprit, pour nous et pour ceux qui nous entourent dans le cours actuel de notre existence. On accuse à tort et absolument sans raison la phrénologie de conduire au matérialisme ; elle ne prétend que diviser le cerveau en compartiments répondant à autant de fonctions ou à des manifestations spéciales reconnues généralement et sans hésitation comme le résultat d’un organe unique. Je pourrais donc laisser de côté ce sujet, une fois pour toutes,et abandonner la défense de la doctrine de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’âme aux nombreux et habiles auteurs qui se sont fait connaître dans ce domaine de la philosophie. Cependant, comme un argument considérable peut se tirer, en faveur de ces croyances, des données de la phrénologie, c’est-à-dire de l’exécution de fonctions spéciales par des portions particulières du cerveau, je ne crois pas m’écarter de mon sujet en insistant sur ces points davantage.

Les idées et les habitudes de tous les peuples, sauvages et civilisés, marquent clairement la croyance intime à un pouvoir tutélaire qui règle les destinées des hommes et des nations ; les diverses formes d’adoration en font foi.

La phrénologie, comme le démontre l’hypnotisme, fait plus ; elle prouve qu’il y a une certaine partie du cerveau dont l’esprit peut se servir comme d’organe particulièrement destiné à l’adoration ; parlant du point de vue que rien n’a été créé en vain, ou sans but final, nous pouvons en conclure en toute sécurité qu’un tel organe n’aurait ja-

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