‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 35 sur 92 · LA PHRÉNOLOGIE CONFIRME LA DOCTRINE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA PHRÉNOLOGIE CONFIRME LA DOCTRINE CHRÉTIENNE

mais été formé s’il n’avait pas dû servir à un usage ; et à quoi aurait-il servi dignement s’il n’existait d’objet digne d’adoration? Le fait lui-même de l’existence d’un semblable organe spécial caractérise la folie de l’athée ; et, ayant prouvé que l’esprit n’est pas, de nécessité, seulement l’attribut de la matière organisée, mais qu’il en est une essence distincte, nous ne pouvons pas le supposer plus destructible que la matière. Or, il est admis que la matière, autant que nous puissions le comprendre, est indestructible ; l’analogie devrait nous porter à conclure que l’esprit, partie la plus importante de l’homme, ne sera pas moins indestructible ; et par conséquent, la conclusion la plus rationnelle à laquelle nous puissions arriver, c’est que l’âme est immortelle.

« L’esprit existe donc au même titre que la matière, ou plutôt, s’il est une différence dans le degré d’évidence, l’esprit existe plus sûrement que la matière elle-même ; si aucun des atomes qui composent le corps ne périt à la mort, si ce que nous appelons dissolution, décomposition, putréfaction, n’est qu’un changement dans les positions relatives de ces atomes qui eux-mêmes continuent de vivre avec toutes leurs qualités, on ne peut vraiment pas admettre pour l’esprit indépendant, et à la suite de cette simple modification de place des atomes, d’autre changement que sa séparation d’avec ces atomes ainsi isolés les uns des autres. La prolongation de l’existence de tout ce qui est corporel ne peut être -considérée comme une preuve de l’annihilation de l’autre substance ; au contraire, et par analogie, il y a là une présomption en faveur de la survivance de l’esprit, puisque rien de ce qui l’entoure n’a péri, puisque rien même n’a péri de ce qui existe dans tout l’univers matériel depuis que l’univers lui-même fut créé. » — Docteur Thomas Brown.

« L’esprit se souvient ; il conçoit des idées, forme des jugements et des raisonnements ; il aime, craint et espère, et cela, en l’absence totale de toute impression venue du dehors, qui pourrait, au plus faible degré, influencer ces

DE l’hypnotisme

émotions ; nous avons la plus ferme conviction qu’il continuerait à exercer les mêmes fonctions avec la même activité quand bien même toutes choses matérielles seraient subitement annihilées. » — Abercrombie.

M. Stewart dit aussi : — « De toutes les vérités que nous possédons, l’existence de l’esprit est la plus certaine. On conçoit moins facilement le matérialisme que la doctrine même de Berkeley, établissant la non-existence de la matière. »

Platon disait : — « Le corps, étant composé, se trouve dissous à la mort ; l’âme, simple, passe dans une autre vie, incapable de corruption. »

Le D'^ Abercrombie, cet excellent médecin et métaphysicien, après avoir relaté les effets sur la mémoire d’affections et de désordres du cerveau, accompagnés si souvent de lésions organiques sérieuses, concluait ainsi : — « Une chose, toutefois, est certaine, c’est qu’ils ne confirment pas la doctrine du matérialisme, que quelques-uns ont, avec présomption, inférée d’une étude incomplète de l’influence des affections cérébrales sur les manifestations intellectuelles. Ils nous montrent, plutôt, et d’une façon frappante, l’esprit en relation avec le monde extérieur, par l’intermédiaire du cerveau et du système nerveux ; et par certaines affections de ces organes, ils nous montrent ces relations lésées ou interrompues ; ils ne nous montrent pas autre chose. Ils n’autorisent, surtout, en aucune manière, rien d’analogue à ces inductions partielles qui forment la base du matérialisme ; nous voyons, au contraire, le cerveau lésé dans une étendue considérable, sans que les fonctions mentales en soient affectées à un degré sem sibk. » (Ceci provient, sans doute, du fait que les deux hémisphères ont des organes correspondants, et par conséquent, quand l’un d’eux est lésé, l’autre peut suffire à la manifestation du phénomène mental.) « Ils nous montrent encore les manifestations de l’esprit, obscurcies un instant, revenant cependant à la lumière, et avec toute leur vigueur primitive, presque au moment même de la disso-

l’esprit, cause de l’organisme

lution corporelle. Enfin, ils nous montrent l’esprit, dépouillé de toute communication avec le monde extérieur, rappelant ses vieilles impressions, oubliées souvent depuis longtemps, et exerçant, sur ce qui avait depuis longtemps ces^é d’exister, son pouvoir, d’une manière totalement incompatible avec tout ce que. nous pouvons penser d’une fonction matérielle. » On The intelkctual powers, pp. 154-

Aux arguments déjà énoncés contre le matérialisme, qu’il me soitpermis d’en ajouter unautre.Loin d’admettre que les manifestations mentales soient le résultat du seul organisme, j’inclinerais à dire que l’organisme est le résultat de l’esprit, considéré comme le principe de la vie influençant et. dirigeant l’organisme selon les besoins et les désirs particuliers. Nous savons que toute graine^ reçoit un principe de vie de la grande cause première, qui lui permet, une fois semée dans un sol convenable, d’exercer tout son pouvoir et de s’approprier les matériaux nécessairès^ à la formation de son organisme, et à la réalisation de ses besoins particuliers ; ayant passé par certaines conditions, ayant formé d’autres graines ou germes semblables pour propager son espèce, la plante meurt et se résout en ses premiers éléments. L’homme et les animaux possèdent aussi des facultés semblables pour la propagation et la multiplication de leur espèce ; les organismes particuliers de chaque variété résultent du principe vivifiant et intelligent que nous nommons la vie ou l’esprit (il n’est personne qui nie l’existence de la première, quoique nous ne sachions rien de son essence ou de son mode d’opération), principe qui dirige et détermine les formations diverses et appropriées ; il est moins probable que la seule union accidentelle de particules de matière en forme et en quantités définies soit la cause des phénomènes de la pensée L II est vrai que nous ne pouvons par-

1 . L’identité première de la structure du germe des êtres organisés les plus différents consistant toujours dans une cellule avec un

84 DE l’hypnotisme

1er ici que par analogie, mais l’analogie en faveur dé cette proposition nous semble toute naturel et très plausible. N’est-il pas beaucoup plus naturel, par exemple, en voyant une manufacture bien organisée et pourvue de machines puissantes, de supposer à prio7'i qu’elle a été bâtie et que ses machines ont été construites sur les plans intelligents d’un artiste habile, que de penser que la matière brute dont elle est composée a pris sa forme particulière et s’est arrangée de sa propre initiaiive, ou par accident ?

Plus la force, la vie, ou l’esprit primitif, transmis à chaque espèce à l’origine, est élevé et parfait, plus il faut nous attendre à trouver de complications et d’étendue à l’organisme correspondant, afin que celui-ci soit adapté à des fonctions plus nombreuses et plus variées ; il était,, par conséquent, nécessaire que l’homme eût cette supériorité, jusque dans la forme et dans les fonctions de ses mains, par lesquelles il s’élève de si haut au-dessus de tous les autres animaux ; de la sorte, il était apte à l’exécution des opérations compliquées que sa nature supérieure et son organisme cérébral lui préparaient comme tâche.

En considérant le sujet à ce point de vue (et il me paraît, après avoir consulté les différentes opinions de nos meilleures autorités sur la vie et sur l’organisation, que c’est la conclusion la plus satisfaisante à laquelle je puisse arriver), toute plante, tout animal, si petit qu’il soit, peut avoir reçu, dès l’origine, un principe directeur ou principe vital particulier, qui lui a été attribué par le grand créateur, sans que nous soyons dans la nécessité d’accorder à chacun la responsabilité et une existence immortelle. 11 tfy a, non plus, rien d’absurde dans la supposition que l’homme doué d’une puissance originelle plus élevée et d’un orga-

noyau, semble prouver que la cause de la variété des classes, des familles, des genres et des espèces animales et végétales développées du^ germe, réside non pas dans la structure ni dans les propriétés chimiques de ce genre, mais dans Tidée ou dans l’esprit qui y a été implanté au moment de sa création (Mté/te’, p. 1339).

Page 1