‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 36 sur 92 · PUISSANCE DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

PUISSANCE DE LA CONSCIENCE

nisme plus parfait, et qui se trouve l’anneau le plus élevé de la chaîne entre la matière inorganique et l’être suprême, ait été créé responsable et soit destiné à exister dans l’éternité, tandis que les créatures limitées dans leurs propriétés et leur organisation seraient privées de cette responsabilité et de cette immortalité. Tel est le spectacle que nous donnent l’officier commandant et ses hommes ; le premier, seul, est responsable d’entreprises maladroites, les derniers ne sont considérés que comme des instruments placés dans sa main.

Je finirai mes remarques relatives à l’immortalité de l’âme en citant l’excellent ouvrage d’Abercrombie On the intelleclual fowers. — « Cette vérité importante repose sur un genre d’évidence tout à fait différent, s’adressant elle-même à la constitution morale de l’homme. Elle se retrouve dans ces principes de sa nature qui font que son esprit conçoit la crainte d’un Dieu, et songe à l’avenir avec angoisse ou avec espoir, — qui lui enseignent à distinguer la vérité de l’erreur, le maldu bien, et lui imposent la conviction qu’il est un être moral et responsable. C’est la voix de la conscience, ce mentor intime, qui s’élève dans le cœur de tout homme, témoignant de son créateur. Celui qui se soumet, de même que celui qui se révolte, sont for cés de reconnaître sa puissance ; l’homme de bien qui se réjouit à l’espoir de l’immortalité, ou la victime du remords tremblent sous cette influence que nul œil humain ne pénètre, et recule à la pensée du châtiment suprême. Chacun a une conviction intime que ne donnerait pas la force de l’argumentation, c’est l’idée que l’être qui est essentiellement lui-même est entièrement distinct d’une fonction quelconque du corps, et survivra dans toute son intégrité quand le corps sera tombé en poussière.

)) Il y a ainsi dans la conscience de tout homme, une impression profonde de la vie immortelle. Le casuisle peut raisonner contre ce fait jusqu’à ce qu’il se perde dans ses sophismes; mais une voix intérieure dément ces vaines spéculations et plaide avec autorité pour une existence à venir

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Le penseur humble et sincère chérit cette impression, tout en cherchant encore la lumière sur un sujet aussi important, et il reçoit ainsi avec conviction absolue, cette vérité qui rayonne sur lui dans la révélation de Dieu, à savoir que la partie mystérieuse de son être, qui pense, qui veut et qui raisonne, surnagera, après le naufrage de sa nef mortelle ; elle est destinée à l’immortalité L »

' De l’aveu de tout le monde, toutes les variétés possibles de la passion peuvent être mises en éveil sous l’influence de la musique : mais comment cette influence a-t-elle. lieu? Simplement par les différents effets, produits des mille nuances de rapidité, d’intensité, de qualité, et de vibration de l’air ; les nerfs auditifs sont mis en action ; ces ébranlements sont transmis au cerveau, puis se produisent des manifestations correspondantes, mentales et corporelles. Chacun doit avoir observé les changements remarquables de la physionomie dus à cette influence ; les observateurs peuvent avoir noté chez les individus impressionnables une modification très sensible dans la respiration et l’attitude générale du corps. Ils ont certainement aussi éprouvé, tant par eux-mêmes que par autrui, avec quelle facilité nous entrons en correspondance morale et physique avec les personnes que nous fréquentons ou avec nos interlocuteurs d’un moment. Ces modifications physiques semblent être le résultat d’une influence mentale reçue par l’intermédiaire des yeux et des oreilles, puis réfléchie de l’intérieur par les nerfs respiratoires, faciaux et spinaux,

1. Pour ceux qui désireraient pousser plus loin l’étude de ce sujet, je ferai les indications suivantes : — Dr Samuel Clark, Beingand attnbutes 0/ God) pp. 70-75 ; Jackson. On matier and Mind, pp. 41-47, 51 ; Warburton, Divine Légation, vol. I, livre lll ; Drew, Essay on the immoriality of the Soûl; Ramsay, The principles,'p'p. 233- 5 ; ainsi que Brougham et Bakewell où ils trouveront une argumentation aussi complète que la théologie naturelle peut le permettre ; mais le livre sacré contient une lucidité et une solidité, qui dépasse tout ce que peut produire le génie humain, et je conclus en y renvoyant le lecteur, cu,r « la vie et l’immortalité sont le mieux mises en lumière par l’Evangile ». 1

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