‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 45 sur 92 · PRÉCAUTIONS A ADOPTER · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS A ADOPTER

tients pendant l’hypnotisme ; docilité qui les poussait à se rendre à tous les désirs, convenables, réels ou supposés d’autrui. Sans doute, l’on pourrait leur apprendre à manifester, pendant l’hypnotisme, des tendances contradictoires et d’accord avec des conventions ; la même chose, du reste, pourrait leur être enseignée pendant la veille ; ils appelleraient ainsi le noir blanc et le blanc noir, déclareraient que la nuit est le jour et le jour la nuit, et ainsi de suite pour tout, mot ou action. La vraie question à établir me semble être celle-ci; les passions, les émotions, les facultés intellectuelles peuvent-elles, pendant l’hypnotisme, être excitées par le simple contact ou la friction sur certains points sympathiques de la tête et de la face, sans qu’il y ait au préalable connaissance phrénologique, instruction ou suggestion, ou encore sans que les questions soient posées de manière à produire naturellement dans l’esprit ces passions, ces émotions ou ces manifestations mentales et corporelles ? Ma propre expérience semble me permettre de répondre affirmativement, et je vais produire encore d’autres exemples qui ont fait entrer chez moi la conviction.

Je pratiquai séparément sur deux jeunes servantes, fortes et en bonne santé, qui ignoraient entièrement la phrénologie, qui n’avaient jamais vu d^expériences, et dont l’une était sceptique au point de vouloir me persuader qu' elle serait absolument insensible àl’ hypnotisme. Je réussis, dans une première épreuve, aies hypnotiser toutes deux et à développer un grand nombre d’organes principaux, correspondants, par exemple, au désir de manger, à la bienveillance, à l’amitié, à la pitié, au dévouement, à l’amour-propre, à l’amour de la louange, à l’imitation (elles parlèrent facilement et correctement cinq langues), au vol par l’excitation de l’acquisivité, et la restitution au propriétaire en l’endroit même par l’excitation de la conscienciosité ; l’organe de l’éventualité fut très remarquable ; il fut mis à l’essai deux ou trois fois chez chacune ; elles pouvaient, pendant l’excitation de cet organe, rappeler exactement les événements du jour précédent, fait qui

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leur était impossible avant la stimulation de l’organe ; d’autres organes furent encore excités et donnèrent naissance à des manifestations diverses de forme, figure et couleur. Ces expériences avaient été faites devant plusieurs amis qui furent étonnés des résultats ; en effet, plusieurs manifestations des plus remarquables s’étaient effectuées sans l’échange d’une parole. Les patientes ne furent pas opérées ensemble ; ne se connaissaient point ; elles ne se virent point.

M.T..,âgé de 45 ans, entièrement ignorant de la phrénologie, et qui n’avait jamais vu d’expérience phréno-hypnotique, fut hypnotisé sans s’attendre à l’expérience que j’allais pratiquer. Au contact de la « bienveillance, » la manifestation fut si forte que je dus m’arrêter immédiatement ; « l’amour-propre » fut très nettement caractérisé ; « l’idéalité » également, puis, celle-ci ayant été combinée avec le « ton et le langage », il se mit à chanter dès que j’appuyais sur le dernier organe ; il cessait son chant quand je cessais la pression, et quand je la renouvelais, il le reprenait aussitôt à la même note et au même mot. Je provoquai aussi les spectres habituels à la pression de la région orbitaire. Réveillé, il se montra tout à fait inconscient de ce qui s’était passé. Il fut soumis trois fois aux épreuves, et chaque fois avec des résultats semblables, seulement des manifestations additionnelles eurent lieu. Ses amis, qui étaient présents, peuvent témoigner qu’aucune suggestion pouvant déterminer ces manifestations ne lui fut faite. De même, sa femme, qui n’avait jamais rien vu de semblable, fut opérée, et donna lieu à un nombre considérable de manifestations très nettes. Leur fille, qui avait été tenue à l’écart, fut appelée dans la chambre et opérée ; il y eut chez elle un grand nombre de manifestations par la simple pression et la friction légère sur les téguments. Aucun des trois ne put se rappeler ce qui s’était passé.

W... T.., un jeune garçon, avait été magnétisé et avait donné lieu à quelques manifestations. On lui fit subir une nouvelle épreuve en public, mais sans succès. On me pria

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de l’essayer, et je réussis, tout de suite, à provoquer chez lui un certain- nombre de manifestations.

Au contact de la bienveillance, il ôta son paletot pour le donner à un malheureux ; puis, après d’autres manifestations, quand il fut réveillé, il sembla très surpris de se trouver sans paletot.

JohnW..., âgé de 22 ans, avait été magnétisé en public; on espérait produire les manifestations phrénologiques, mais il devint si apathique que l’expérience manqua totalement. On me pria ensuite de l’essayer à ma manière devant plusieurs témoins; je réussis immédiatement à provoquer plusieurs phénomènes ; la pitié était si fortement caractérisée qu’aucun doute ne pouvait subsister dans l’esprit des assistants ; il y avait non seulement des soupirs et des sanglots, mais encore des larmes qui coulaient à flots sur son visage. Voulant exciter l’imitation du côté droit, je n’obtins aucun effet ;j’attribuai cela aux résultats d’une blessure qu’il avait reçue, qui avait détruit le tégu- ‘ ment et causé une exfoliation de la table externe du crâne. Je fis mon essai du côté opposé, et la faculté se produisit d’une façon parfaite. Cette circonstance semble bien confirmer ma théorie, à savoir que les manifestations tiennent à un état particulier des nerfs du cuir chevelu. En continuant les épreuves, j’obtins d’autres manifestations sans autre moyen que la simple excitation des téguments par la pression et la friction. On peut ainsi exciter ces manifestations générales, mais ce qui est bien plus curieux, on peut, en excitant les points antagonistes des hémisphères opposés^ provoquer des sensations opposées dans les différents côtés du corps. Si des facultés antagonistes sont excitées du même Q,b\é,\o,plus forte des dewcesera seule en action. « Ces influences opposées des deux côtés, » a dit le Elliotson, « sont les expériences les plus belles, les plus étonnantes de toute la physiologie ; » ce sont aussi les plus beaux exemples de l’exactitude du quinzième aphorisme de M. Mayo, dans son livre du Nervous system and its functiom, page 28, où il dit : « Chaque moitié latérale d’un animal

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vertébré a une vitalité séparée, c’est-à-dire la conservation de la conscience dans une moitié est indépendante de sa conservation dans l’autre. » Les vivisections nous ont, il est vrai, déjà prouvé ce fait, mais non d’une façon aussi belle ni aussi humaine que les expériences présentement citées et que celles mentionnées à la page 63 de ce volume. Mlle S..., qui n’avait jamais vu d’expérience phrénohypnotique et qui ne connaissait rien de la phrénologie, présente, à la première épreuve, un grand nombre des manifestations principales ; à la seconde et à la troisième épreuve les manifestations contraires se produisent d’une manière tout à fait remarquable. Sous l’influence de l’amitié et de l’adhésivité, elle embrassa une dame de la manière la plus affectueuse, et sous l’empire de la destructivité excitée du côté opposé de la tête, elle se précipita avec violence pour repousser un ennemi imaginaire, tandis que, de l’autre bras, elle s’efforçait de protéger son amie. Si je ne l’avais pas maintenue, elle se serait certainement jetée par la fejiêtre. Réveillée, elle ne se souvenait pas de ce qu elle avait fait. Mme G..., également ignorante en phrénologie, donna lieu aux mêmes phénomènes ; chez elle la musique eut un effet remarquable, elle eut de l’extase, puis sé mit à danser très gracieusement. Au réveil, elle avait toutoublié. Miss. . , , ne connaissait rien de la phrénologie, n’avait jamais vu d’expérience et croyait que Ton voulait seulement essayer de l’hypnotiser ; elle avait confié à un ami, qui nous la présenta, qu’elle ne croyait pas que l’on pût l’endormir. Elle manifesta la vénération avec solennité, aspiration et profonde dévotion ; lorsqu’on touchait a la fois l’idéalité et le langage, elle tombait dans l’extase, exprimant son bonheur et son espoir d’aller au ciel ; avec « l’estime de soi-même » elle montra une vanité et une pruderie exagérées ; avec la « fermeté » elle se montra très décidée ; « l’adhésivité et l’amitié » d’un côté, « la combativité et la destructivité » de l’autre, donnèrent lieu aux manifestations accoutumées ; avec « l’imitation » elle imita dans la perfection toutes les langues qu’on lui fit entendre ;

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« la bienveillance » fut très marquée, allant jusqu’aux larmes; « l’acquisivité, la conscienciosité, l’éventualité, le désir de manger, de sentir, les spectres, » etc. , etc., tout fut essayé et donna des manifestations nettes. La patiente était entièrement inconsciente de tout ce qui s’était passé et la personne qui me l’amena sait qu’il n’y eut pas de suggestions. La patiente s’est soumise aux épreuves une seconde fois depuis avec des résultats identiques.

Quelques personnes, excellents critiques, ayant assisté aux opérations pour la dernière patiente ainsi que pour deux autres, et ayant exprimé leur profond étonnement de l’exactitude et du naturel des manifestations de chaque passion et émotion, demandèrent à voir un autre sujet opéré pour la première fois. Je leur fis l’offre d’opérer sur trois jeunes dames qu’ils m’avaient présentées cette même après-midi, et que je ne connaissais pas auparavant ; l’une d’elles était môme étrangère à notre ville ; elle arrivait du sud de l’Angleterre, ne connaissait pas l’hypnotisme ni la phrénologie, et n’avait confiance ni dans l’un ni dans l’autre, et cela malgré ce qu’elle venait de voir. Cette jeune personne, Mlle S..., prit donc place, sceptique robuste, mais quelques minutes plus tard, elle était non seulement plongée dans l’hypnotisme, mais elle nous offrait encore l’exemple le plus beau et le plus caractéristique de l’influence phrénologique pendant l’hypnotisme, par la simple stimulation des nerfs du cuir chevelu et de la face. Dès que la « vénération » fut touchée, ses traits prirent l’expression de ce sentiment; elle joignit les mains et tomba à genoux dans l’attitude de la plus humble adoration ; « l’espérance » étant touchée en même temps, ses traits s’illuminèrent, elle parut en extase ; ses mains s’étaient disjointes, et elle se livrait à des mouvements de joie ; « l’idéalité » étant ajoutée, l’extase se développa d’une manière excessive. Je transportai le point de contact à « la fermeté », elle se leva soudain et prit une attitude de défi ; avec « l’estime de soi-même » , elle se mit à arpenter la chambre de l’air le plus suffisant ; « l’amour

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de la louange » était peint sur ses traits à la perfection ; avec « l’imitation », elle imita exactement tout ce qui fut fait ou dit en toutes langues ; sous l’influence de «l’amitié et de l’adhésivité», elle s’empara de moi; «la combativité » étant stimulée en même temps de l’autre côté, elle me frappa avec la main du côté touché,tout en me retenant de l’autre, comme pour me protéger. Sous l’influence de « la bienveillance », elle sembla très affectée et voulut distribuer ses biens aux malheu reux imaginaires que lui dépeignait sa fantaisie ; sous « l’acquisivité » elle vola, et sous « la conscienciosité », elle restitua; sous « le son « elle désira qu’on fît de la musique et se mit à chanter ; on lui joua une valse, et elle dansa avec une grâce et une élégance que nous n’avions jamais rencontrées jusqu’ici. Les manifestations avec « l’éventualité » furent aussi très remarquables ; le désir de manger, de sentir fut aussi excité ; ainsi que les formes, les figures, les couleurs, etc.; avec « la philogéniture, » elle fut admirable. Tout ceci eut lieu à une première épreuve ; il s’agit, on le sait, d’une étrangère ; ses amis intimes et d’autres assistants peuvent témoigner qu’il n’y eut pas la moindre suggestion d’aucun côté, et que, réveillée, la patiente était absolument inconsciente de tout ce qui s’était passé.

Cette personne fut, deux fois depuis, soumise à l’opération, et toutes ces manifestations et d’autres encore furent produites de la manière la plus parfaite ; sir Thomas Arbuthnot, le major Wilbraham, le colonel Wemyss, le révérend M. P..., et un autre grand dignitaire de l’Église, ainsi que la famille et les amis de la patiente étaient présents et peuvent témoigner de l’exactitude de tous ces faits ; ils furent témoins que, sous l’influence de l’organe des « nombres » elle se mit à faire des chiffres, et que sous celle de « la constructivité et de l’idéalité », elle fit un bon croquis d’un cottage, avec portes et fenêtres très correctes. L’oncle de cette patiente fut si étonné et si flatté de ce qu il avait vu, qu’il me pria d’hypnotiser une de ses filles. J’accédai à son désir ; j’hypnotisai l’aînée, et toutes

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les manifestations se produisirent chez elle aussi nettement que chez sa cousine. Sous l’influence de « l’adhésivité et de l’amitié, » elle s’attacha à moi, et en. réponse à l’excitation de la « combativité » du côté opposé de la tête, elle frappa, avec le bras de ce côté, deux assistants (qu’elle supposait vouloir m’attaquer), de telle façon que l’un des deux roula presque à terre ; elle me retenait de l’autre bras le plus amicalement possible. Sous l’empire de « la bienveillance, » elle déborda de compassion ; sous « l’acquisivité, » elle vola avidement tout ce qu’elle put saisir, et retint les objets, pendant que j’excitais de nombreuses autres manifestations ; mais, dès que mes doigts touchèrent la « conscienciosité », elle jeta, comme frappée d’horreur, tout ce qu’elle avait volé, et éclata en sanglots ; on lui demanda pourquoi elle pleurait : « J’ai mal fait, j’ai mal fait, » répondit-elle, suffoquée de douleur. J’excitai alors « l’imitation et l’idéalité », et elle se mit à l’instant à rire et à danser. Ayant excité l’organe de « la forme avec l’idéalité, » je lui demandai ce qu’elle voyait. « Le diable, » me répondit-elle. De quelle couleur est-il ? « Noir. » Pressant les sourcils et répétant la question : « Rouge » fut la réponse, et le corps devint à l’instant rigide tandis que les traits offraient l’image la plus complète de l’effroi. « La destructivité », fortement développée, ayant été touchée, elle porta, à son père, un coup de poing dans la poitrine, il chancela et faillit tomber. Si je ne l’avais maintenue, son père aurait pu être blessé. Ayant excité la « vénération, l’espérance, l’idéalité et le langage », nous eûmes l’exemple le plus frappant de l’extase poussée à l’extrême ; réveillée, elle n’avait conscience de rien ; elle se rappelait seulement avoir entendu de la musique et avoir dansé. Les manifestations de philo géniture furent admirables L

•i. 11 y avait une douzaine de personnes présentes, parmi lesquelles M. Vandenhoff. 11 avait la réputation ^d’un artiste accompli, et je le priai de vouloir bien tout surveilier avec la plus grande attention, à

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Dans une séance ultérieure, en présence de lady S..., de sir Thomas Arbuthnot, du colonel Arbuthnot, du major Wilbraham, de M. John Frédérick Foster, président des sessions trimestrielles, deM. D. Mande, magistrat, et d’un grand nombre d’autres personnes des deux sexes, après l’exhibition des phénomènes renouvelés sur des sujets qui avaient déjà été soumis aux épreuves, on exprima le vœu de voir opérer quelqu’un pour la première fois. Je m’offris à mettre à l’essai une personne quelconque ; une dame, que je n’avais jamais vue avant ce jour, et que je ne revis plus depuis, se prêta à l’opération. Sous l’influence de « l’acquisivité, » elle déroba à des dames deux mouchoirs, et prit une bague du doigt de M. Foster. Après plusieurs autres manifestations, je pressai la « conscienciosité » ; à

un point de vue critique, et de me dire si les passions étaient exprimées naturellement ou non. Après avoir regardé la première épreuve avec surprise et enchantement visible, il fit l’observation suivante : —

« Si cela est le jeu d'un acteur, c’est le jeu le plus parfait que j'aie jamais vu. Quand nous imitons, nous nous efforçons d’être naturels ; mais il y a, en général, quelque point sur lequel nous manquons; ici, je ne vois que le langage de la nature en tout point. » Il s’exprima de la même manière relativement aux deux cas suivants ; quand il eut été témoin des effets chez les deux jeunes filles dont nous venons de parler, il se déclara impressionné au point de ne pouvoir exprimer son étonnement et son sentiment de plaisir ; il me dit qu’il m’écrirait à ce sujet. Voici un extrait de la lettre que je reçus de lui deux jours après : « Je vous remercie de votre gracieuse invitation, les expériences dont j’ai été témoin samedi soir m’ont fait un plaisir extrême, et leurs résultats ne m’ont pas moins plu que surpris. Je n’ai jamais vu la nature se manifeder d’une manière aussi vive, aussi magnifique que pendant cette séance. Vous le savez : j’étais notoirement un sceptique au sujet de l’influence mesmérique, — j’étais plus que sceptique peut-être, relativement à ces tendances phrénologiqucs. — Les m.anifestations que j’ai observées et qui étaient dues à la mystérieuse influence de l’hypnotisme, sur deux jeunes Allés" parfaitement connues de moi et ignorantes en ces matières avant l’expérience de la soirée, m’ont entièrement convaincu. J'aurai peut-être occasion de m’étendrè davantage sur une découverte si intéressante et si étonnante ; les résultats bienfaisants ne peuvent encore en être appréciés ; nous ne les connaissons pas dans toute leur étendue. »

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ce moment, elle sembla tourmentée, et se mit à la recherche des personnes à qui elle voulait restituer les objets dérobés. Ges personnes avaient changé de place, mais elle les retrouva, rendit les mouchoirs à leurs propriétaires, et remit au doigt même de M. Foster la bague qu’elle avait prise. Elle appartenait à la secte des méthodistes, dont elle observait la loi rigoureusement ; elle n’avait jamais dansé de sa vie, et à l’état de veille aurait considéré cet amusement comme un péché. Cependant, sous l’influence d’une musique appropriée à la danse, elle se mit à valser avec grâce. Réveillée, elle ne put se rappeler absolument rien de ce qui s’était passé.

Miss L. . . , âgée de ving tet un ans, très accomplie, et douée d’une grande énergie, me mit au défi de l’hypnotiser. A l’entendre, je ne pourrais réussir. Cependant, elle fut rapidement endormie et produisit vingt manifestations des plus caractérisées. Sous l’influence de « l’amitié et de l’adhésivité » d’un côté, et de la « destructivité » du côté opposé, elle me protégea et frappa sa propre mère. Elle n’avait connaissance que d’un organe, n’ajoutait pas foi àl’hypno^ tisme et moins encore au phréno-hypnotisme. Sous l’influence « delà forme et de l’idéalité », elle se mit à écrire sans voir, assez bien, mais non aussi bien que pendant la veille. Quand elle fut réveillée, elle sembla très surprise d’apprendre ce qu’elle avait fait. Elle se rappelait que j’avais touché sa tête, et s’était demandé pourquoi je le faisais ; elle avait senti différentes impulsions quand je manipulais les différentes régions, mais elle n’en expliquait pas la raison et ne pouvait se souvenir de ses faits et gestes.

Une mère de famille, Mme E..., ne voulait pas admettre qu’une personne pût être affectée ainsi. Après avoir vu les manifestations d’une patiente, elle affirma qu’avec elle, au moins, il n’en serait pas de même. Je la priai de vouloir bien se soumettre à une épreuve, elle donna lieu immédiatement à plus de vingt manifestations très distinctes, et dont quelques-unes furent des plus frappantes. Sous l’influence de la

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bienveillance, elle versa des larmes, tira sa bourse et donna une demi-couronne « aux pauvres créatures ». Elle montra aussi des tendances opposées, déjà décrites.

Miss R..., âgée de 22 ans, très bien élevée et très intelligente, se disant très sceptique, voulut être mise à l’épreuve. Toutes les manifestations recherchées eurent lieu et furent fortement caractérisées ; elle admit quand elle fut' réveillée qu’elle se rappelait tout ce qu’elle avait fait, ajoutant qu’elle avait résisté de toutes ses forces, mais qu’elle avait ressenti des impulsions irrésistibles qui la forçaient d’agir à mesure que je touchais certains points, mais elle ne savait Elle expliqua qu’elle avait

agi en toute ignorance de cause, car elle n’avait aucune idée des organes. Elle avait d’abord ressenti un tiraillement dans les muscles de la face, la respiration s’était troublée ; à ce moment l’impulsion particulière était survenue. Un autre jour, les yeux bandés, et un crayon dans la main droite, un certain nombre d’organes furent excités, sans qu’elle montrât le désir de s’en servir, .mais au moment où « la constructivité et l’idéalité » furent touchées, elle se mit à griffonner des lignes jusqu’à ce qu’on lui donnât du papier ; elle entreprit alors un dessin, et fit un profil passable. Quand « l’acquisivité » fut excitée, elle prit une bague au doigt de M. Foster, qui, pendant que j’excitais, d’autres manifestations, quitta la chambre. Dès que j’eus touché « la conscienciosité », elle se mit à la recherche de M. Foster, fit le tour de la chambre comme il l’avait fait, passa par le corridor précédentle grand salon, en fit le tour, et entra dans le petit salon, où, trouvant M. Foster, elle lui remit la bague au doigt même dont elle l’avait extraite. Elle l’avait évidemment suivi à l’aide de l’atmosphère et au moyen de l’édorat, car elle avait pris exactement le même chemin que lui ; lui aussi avait été d’abord dans le grand salon. S’il avait été ici question de clairvoyance, elle aurait été à lui directement et par le chemin le plus court. De pareils faits sont invraisemblables, mais je les présente tels qu’ils se sont passés ; nul mieux

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