‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 5 sur 92 · PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES

De l’hypnotisme. — Sa valeur scientifique. — Succession des phénomènes. — Exemples frappants. — Négation du fluide magnétique. — Importance thérapeutique de l’hypnotisme. — Premières recherches de l’auteur. — Pourquoi l’hypnotisme a été distingué du magnétisme animal. — Jusqu’à quel point il est utile dans le traitement des maladies. — Son influence sur les fonctions animales. — Réfutation de quelques objections mal fondées. — Opinions et procédés de Bertrand, de l’abbé Paria, de M. Brooks, du docteur Prichard. — Influence morale de l’hypnotisme. — Seuls, les médecins doivent recourir à l’hypnotisme. — Définition des termes.

Les circonstances qui m’ont amené à m’occuper d’hypnotisme sont exposées dans le cours de cette introduction. J’ai eu pour but, dans la première partie du traité, de présenter les résultats auxquels j’étais parvenu, de décrire, dans la plupart des cas, la route que j’avais parcourue et de reproduire les inductions tirées des divers incidents que mes expériences provoquaient. J’ai indiqué les faits sur lesquels reposent mes conclusions, et par là le lecteur est à même déjuger si j’ài conclu sans preuves suffisantes ; il pourra, dans ce cas, instituer d’autres expériences jusqu’à ce qu’il se soit fait une conviction personnelle.

Braid

DE i/hY1>N0TISME

Je ferai remarquer que dans la crainte de m’égarer, j’ai fait appel au contrôle sévère des personnes les plus sceptiques, choisies dans la profession médicale, et dans le domaine scientifique, en général. J’ai aupi pu obtenir le concours de plusieurs de mes amis, intelligents et honorables ; ils se sont prêtés aux opérations, dans l’espoir que Je pourrais ainsi éviter plus sûrement les causes d’erreurs. J’offre maintenant mes résultats au public et les soumets à la critique de mes confrères ; s’il m’est permis d’exprimer un vœu à l’égard de ces derniers, je souhaite qu’ils veuillent bien examiner le sujet en toute franchise, avec le désir sincère d’arriver à la vérité. J’ai été, comme eux, sceptique, je peux donc comprendre la réserve d’autrui, et j’abonde dans le sens de Tréviranus, le célèbre botaniste, quand il dit, en parlant du mesmérisme (je cite de mémoire): « J’ai vu beaucoup de choses que je n’aurais pas crues vraies, si vous me les aviez dites ; je ne peux donc, en toute raison, espérer, ni désirer que vous croyiez à ce que je vous dis. »

Il est tout naturel de préférer le témoignage de nos sens au témoignage de ceux d’autrui, et, à mon avis, celui qui est en mesure de se rendre compte des phénomènes par lui-même ne devrait pas négliger cette occasion. Cependant, il est des circonstances qu’il ne faut pas perdre de vue, si l’on veut éviter l’erreur, surtout au commencement de l’étude de ce sujet. Il existe, en premier lieu, chez / les divers individus, une différence remarquable dans le degré de susceptibilité à l’influence hypnotique. Les uns sont affectés rapidement et avec intensité, les autres lentement et faiblement. Ceci est analogue à ce que nous voyons pour les médicaments, en particulier pour le vin, les alcools, l’opium et le protoxyde d’azote. Les faits relatifs à ces substances étant admis par tous, il me paraît assez étonnant de rencontrer tant de personnes, même dans la profession médicale, qui semblent, pour les phénomènes de l’hypnotisme, exiger une uniformité aussi régulière que si l’on opérait sur de la matière inanimée. On devrait s’attendre,

Page 1