‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 6 sur 92 · SUCCESSION DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

SUCCESSION DES PHÉNOMÈNES

au contraire, à voir ces phénomènes varier chez le même individu, selon son état physique et mental au moment de l’opération.

Ce qu’il faut considérer en second lieu, point également important, c’est la succession des phénomènes. Nous avons ainsi r aux différentes périodes, les extrêmes de l’insensibilité et de la sensibilité, de la rigidité et de la mobilité, passant et se confondant l’un dans l’autre par les gradations les plus imperceptibles, ou de la façon la plus brus- ' que, selon le mode de traitement appliqué au patient. Il n’est pas rare de voir certains expérimentateurs au même moment des conditions entièrement opposées. Il y a, naturellement, incompatibilité, mais à une certaine période, la transition de l’état de torpeur de tous les sens, et de la rigidité cataleptiforme, à la sensibilité la plus exaltée et a la flaccidité musculaire, peut s’effectuer, pour ainsi dire, avec la célérité de la pensée ; un courant d’air dirigé contre les organes est une cause suffisante pour déterminer ce changement d’état. Si on laisse reposer le patient, l’état primitif se rétablit, et les expérimentateurs auxquels ces particularités sont inconnues, peuvent croire constamment qu’ils découvrent des irrégularités ; cette illusion tient à la connaissance imparfaite du sujet ; tel le manipulateur inhabile suppose volontiers, d’après ses résultats différents, que les observations d’autres chimistes sont erronées.

Le troisième point digne d’attention est l’état de l’esprit aux différentes périodes. On peut comparer ici les résultats de l’opium à ceux de l’hypnotisme. Une période est caractérisée par une puissance de concentration extraordinaire de la pensée, par la disposition à l’état contemplatif. A une autre période, ce sont les facultés d’imagination, de rêverie, qui se trouvent en jeu, et les scènes les plus vastes, les plus brillantes et les plus radieuses, se présentent ainsi à l’imagination surexcitée. Ces effets sont semblables à ceux qu’on attribue à l’usage de l’opium et rappellent la description donnée par sir Humphrey Davy d’expériences

DE l’hypnotisme

faites sur sa personne avec le protoxyde d’azote. « J’avais, dit-il, une sensation très agréable d épanouissement dans tous les membres, j’étais ébloui et mes impressions visuelles me paraissaient agrandies. J’entendais distinctement tout ce qui se passait dans la chambre, et je me rendais parfaitement compte de ma situation. Par degrés et à mesure que la sensation de plaisir augm entait, je perdis tout commerce avec les choses extérieures ; je voyais se dérouler dans mon esprit des scènes et des images qui s’évanouissaient rapidement. Je vivais dans un monde d’idées nouvelles, de relations différentes. » Il faut se rappeler que, selon le mode d’opération, ces conditions opposées de l’étatmental peuvent se succéder par les degrés les plus imperceptibles ou par les transitions les plus brusques, et qu’ainsi la conscience ou l’inconscience, le sommeil profond, le rêve ou le somnambulisme, en seront le résultat, selon la prédominance de certaines sensations ou de certaines idées, ou selon leur impression égale sur le patient (Voyez l’ouvrage de Hibbert: Philosophy of apparitions). A une certaine période, il peut se réaliser, pour les phénomènes deresj9nY,lamême soudaineté dans les transitjons que pour les phénomènes physiques mentionnés au paragraphe précédent et par des causes tout aussi légères. Je présume que ces transitionè sont aussi la cause de l’apparition facile et si caractéristique des manifestations phrénologiques possibles à cette période. Je dis plus loin que si je ne réputais pas inutiles des recherches plus prolongées, après les nombreuses preuves obtenues par moi ainsi que par d’autres expérimentateurs, je pourrais rapidement obtenir un nombre illimité de cas, si tel était mon désir. Je ferai remarquer, à l’appui de ce qui précède, que, depuis ce temps-là, je fus un jour amené à opérer sur de nouveaux sujets, et je réussis, de la façon la plus satisfaisante, à provoquer les manifestations chez un homme dé quarante ans et chez trois autres ayant plus de vingt ans. De ces trois derniers, sous l’excitation de la constructivité et de l’idéation, l’un se mit à écrire, un autre a dessiner des modèles ; ni l’un ni l’autre n'avait

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