‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 7 sur 92 · EXEMPLES FRAPPANTS · texte numérisé non relu

EXEMPLES FRAPPANTS

jamais va chez autrui d’expérience semblable ; ils ne s’attendaient pas, non plus, aux épreuves auxquelles ils furent soumis, et ne se rappelèrent rien de ce qui leur arriva. J’opérai aussi, le même jour, sur trois autres personnes, une dame âgée de quarante-cinq ans, et deux jeunes filles dont l’une avait dix-neuf ans ; chez toutes, les manifestations se montrèrent très distinctement. Un autre jour, me conformant au désir de quelques amis curieux d’approfondir ces phénomènes, je pratiquai l’hypnotisation sur trois de leurs amies intimes dont deux m’étaient entièrement inconnues. Ces deux dernières se montraient absolument sceptiques à l’égard du pouvoir que je pouvais exercer sur elles.

Les manifestations se montrèrent distinctement chez toutes, mais à un degré remarquable chez deux d’entre elles, qui présentèrent des phénomènes au nombre de vingt dès la première épreuve. Sous l’excitation de la « conscienciosité, » l’une d’elles restitua une petite gibecière qu’elle avait dérobée, et se mit à fondre en larmes à la pensée de sa faute. Ses amies s’inquiétaient de l’intensité de son émotion, mais en changeant le point de contact, je la fis rapidement passer des pensées sombres à des idées plus gaies. Quelques jours après, j’observai deux autres cas, et je suis certain que, dans la plupart des douze cas cités ici, les intéressés ne connaissaient rien de la phrénologie; aucun d’eux n’aurait pu avec assurance indiquer deux de ses propres organes. Au surplus, les expériences furent faites devant des témoins compétents et minutieux, ils peuvent déclarer qu’il n’y eut aucune connivence.

Ce qui paraît évident, c’est que les images, les émotions, ou les pensées, quelles qu’elles soient, qui ont pris naissance dans l’esprit pendant le sommeil nerveux, sont sujettes à reparaître, à se reproduire quand le patient est replacé dans des condilions identiques. Malgré les conclusions, décisives en apparence, que l’on peut tirer des cas mentionnés, conclusions qui indiquent l’existence de connexions naturelles entre certains points touchés et les ma-

DE l’üYPNOTISME

nifestations particulières qui ont lieu en conséquence, j’ai l’intention, pour résoudre complètement cette question, d’instituer une série d’expériences sur de nouveauxpatients, d’établir jusqu’où l’on peut, par association arbitraire, exciter, aux mêmes points, les tendances opposées ; et de m’assurer également si ces tendances peuvent prendre naissance d’une manière aussi frappante et aussi naturelle par les deux méthodes, ou de déterminer comment ils peuvent se produire avec le plus de facilité et le plus de fidélité quant à l’expression naturelle. Nous aurons donc ainsi des preuves, et positives et négatives, pour nous aider à établir s’il existe des rapports naturels et nécessaires entre les points manipulés et les manifestations engendrées ; ou bien si le tout dépend entièrement d’associations fondées sur des connaissances phrénologiques partielles, sur des combinaisons arbitraires, sur des circonstances accidentelles, ou d’autres causes complètement négligées ou oubliées, et qui plus tard produiraient des résultats en vertu de « cette loi dernière de l’esprit, d’après laquelle la répétition d’une sensation définie serait accompagnée du retour des sentiments passés avec lesquels elle s’associait tout d’abord » (Hibbert, page 316). Je suis porté à adopter ce procédé, car je tiens à écarter toute chance d’erreur en ce qui concerne la cause de la manifestation première ; d’autre part, il me souvient d’un fait remarquable : une femme, durant le somnambulisme naturel, récitait correc- ' tement de longs chapitres de la bihle hébraïque, et d’autres livres; cette femme n’avait jamais étudié les langues dans lesquelles elle récitait, et elle n’en pouvait dire un mot à l’état de veille, mais on découvrit à la longue qu’elle avait retenu ce qu’elle répétait pour l’avoir entendu lire à hautes voix par un ecclésiastique chez lequel elle avait résidé étant jeune fille. Je me rappelle aussi quelques malades qui, sous l’influence de certaines affections, se souvenaient de langues longtemps oubliées. Je désire m’assurer si de telles conditions accidentelles ont pu devenir la cause des manifestations remarquables dans l’esprit des patients

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