‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 8 sur 92 · NÉGATION DU FLUIDE MAGNÉTIQUE · texte numérisé non relu

NÉGATION DU FLUIDE MAGNÉTIQUE

aux premières manipulations. Quels que soient les résultatsdemes recherches, ils seront notés avec soin et publiés, car mon intention n’est ni de prouver, ni de combattre la phrénologie, mais plutôt d’établir la valeur de l’hypnotisme, et de déterminer la meilleure manière de l’appliquer comme moyen d’amélioration des conditions mentales^ morales et physiques de l’homme.

Personne, en face de beaucoup d’expériences de ce genre, ne mettra en doute que, pendant le sommeil nerveux, on ne puisse provoquer chez les patients le pouvoir de manifester les passions, les émotions, et certaines fonctions mentales, à un degré plus intense qu’à l’état de veille. Qwq, d’une façon particulière, par simple association d’impressions, nous agissions sur le cerveau, en tant qu’organe simple, ou combinaison d’organes séparés ; ou bien que les associations primitives tirent leur origine d’une connexion spéciale organique, ou de quelque cause accidentelle et inconnue, ou encore d’un arrangement préétabli et d’associations arbitraires, tout cela ne modifiera aucunement l’irriportance de l’hypnotisme comme puissance curative et comme moyen extraordinaire de contrôler et de diriger les fonctions cérébrales.

Dans les opérations qui ,^exigent en particulier l’usage des yeux, je n’ai jamais vu les sujets hypnotisés accomplir ce qu’ils essayaient de faire avec la même rapidité, la même netteté quequandils étaient éveillés. Bref, les phénomènes que j’ai vus semblaient provenir de l’exaltation ou de la dépression normale des sensations et des idées, ou de leurs modifications insolites par les procédés mis en usage.

J’avais ouï dire qu’en établissant une relation entre deux sujets, à l’aide d’une chaîne ou d’un cordon, les manipulations imposées à l’un provoqueraient des phénomènes réciproques. J’en fis l’expérience, en prenant la précaution de mettre les sujets dans des pièces différentes, de façon que l’un ne pût entendre, ni sentir, aux mouvements de l’atmosphère, ce que l’autre faisait. J’établis la relation, dans quelques cas, par un cordon, dans d’au-

DE l’hypnotisme

très, par un fîi de cuivre, et j’apostai des témoins où les mouvements de mes deux sujets pouvaient être vus en même temps. Nous ne pûmes découvrir l’influence sympathique que certains expérimentateurs auraient, dit-on, effectuée.

Des expériences (voy. fin du chap. VI, où des sujets purent s’hypnotiser, se manipuler et se réveiller eux-mêmes, à ma simple demande de se frotter les yeux), expériences qui produisirent des résultats absolument semblables à ce qui aurait eu lieu si l’hypnotisation avait été faite par un autre, me semblent la preuve la plus décisive possible, que l’origine de tous les phénomènes est dans l’action et la réaction mutuelle de l’esprit et du corps, et que ces phénomènes ne dépendent en aucune façon d’une influence spéciale quelconque émanant d’autrui. Mes premières expériences en cette matière furent instituées devant quelques amis', le l®*" mai 1843, et les jours suivants. Ce furent, je crois, les premières expériences de ce genre, et elles réussirent dans tous les cas où je me servis du même procédé opératoire.

Je ne doute pas que si l’on accorde auxfaits sus-mentionnés l’attention nécessaire, si l’on possède l’habileté de manipulations requise dans les arts ou les sciences, jointe à un désir sincère d’apprécier les faits à leur juste valeur, je ne doute pas, dis-je, que l’on n’arrive bientôt à la confirmation de tous les points établis dans le cours de ce traité.

Les observations citées dans la seconde partie du volume démontreront aussi, je l’espère, l’importance de la question et stimuleront les recherches ; le lecteur partagera le plaisir de l’auteur relativement à ce fait. La prédiction que je formule en terminant ce traité concernant la probabilité de la guérison du tétanos et de l’hydrophobie par l’hypnotisme est déjà heureusement réalisée par rapport à la première de ces affections si rebelles à la thérapeutique et généralement si fatales. Lors de l’impression de ce livre, le cas suivant se présenta; son importance excusera les détails succincts que je vais en donner ici ;

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