‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 71 sur 92 · CÉPHALALGIE · texte numérisé non relu

CÉPHALALGIE

continuant sans interruption ne lui laissaient de repos ni le jour ni la nuit. Ëlle avait aussi, depuis trois semaines, une violente douleur au côté gauche de la poitrine, compliquée de toux. Depuis deux jours la douleur de côté était excessivement violente. Le pouls était rapide, la toux fréquente et violente et le point de côté assez douloureux pour empêcher le développement libre du thorax comme dans la respiration ordinaire. Je constate une grande sensibilité dans la région inter-scapulaire. Je l’hypnotise et, cinq minutes après, réveillée, elle ne ressentait plus de mal de tête, la douleur de côté avait diminué de beaucoup, les mouvements du corps lui étaient devenus faciles, et elle respirait amplement sans grande gêne. Le jour suivant, la céphalalgie n’éta'it pas revenue, et elle souffrait très peu de son côté. Elle est hypnotisée de nouveau avec soulagement ; l’opération est répétée six jours de suite ; le point de côté avait alors complètement disparu, elle ne souffrait plus de la tête, elle ne toussait plus, la sensibilité spinale que j’avais remarquée lors de la première opération ne reparaissait pas, et la malade était convalescente. On ne lui avait fait prendre d’autre médicament qu’une potion pectorale pour modérer sa toux.

Je vais maintenant parler de l’irritation spinale, source bien connue de grandes souffrances, non seulement dans le cours de la colonne vertébrale, mais encore, et à cause de son influence sur les origines des nerfs sensitifs, dans différentes parties du corps. J’ai déjà- fait allusion aces faits dans les 16“ et 19“ observations, où il y avait perte de sensation et de mouvement dans un cas, et douleurs dans les jambes avec contractures dans l’autre. Quand l’affection ne dépend pas d’une inflammation aiguë, je n’hésite pas à dire que les douleurs du rachis et les autres affections douloureuses, dépendant de l’état des nerfs spinaux qui en émergent, peuvent être soulagées plus rapidement, d’une façon plus certaine et plus efficace par l’hypnotisme, que par tout autre moyen que j’aie mis

DE l’hypnotisme

en essai, ou dont j’aie entendu parler. Je vais en donner un exemple ou deux.

SO® CAS. — Miss G... souffrait, depuis des années, d’irritation spinale et de céphalalgie ; les douleurs s’étendaienl autour de la poitrine, de manière que la respiration profonde, ou les mouvements libres de la poitrine étaient intolérables. Je mis plusieurs traitements à l’essai, mais en vain ; je désespérais delà soulager, et à cause de l’extrême difficulté de respirer, je craignais que son affection ne se terminât par la phtisie. Je fis l’essai de l’hypnotisme qui réussit immédiatement à faire disparaître toute la série des symptômes douloureux ; elle fut rapidement rendue à la santé parfaite, et cet état s’est maintenu depuis.

SI® CAS. — Miss... souffrait beaucoup, depuis plusieurs années, d’irritation spinale, et avait subi des traitements médicaux assez énergiques. Sa santé et sa force s’étaient rétablies pendant que je lui donnais des soins, mais elle était menacée de rechute. Je l’hypnotisai et, au réveil, la sensibilité spinale avait disparu. Quelques autres opérations amenèrent une amélioration marquée, et elle demeura en bonne santé pendant quelques mois. Il y eut réapparition du mal ; l’hypnotisme fut de nouveau mis en usage et suivi de soulagement immédiat.

Je pourrais facilement multiplier les observations de ce genre, si je ne craignais de grossir ce volume outre mesure. Je vais maintenant passer à des observations d’action irrégulière ou spasmodique des muscles. J’ai trouvé l’hypnotisme utile dans plusieurs cas de chorée, ainsi que dans des cas de bégaiement nerveux. Il est aussi fréquemment très utile dans l’épilepsie, mais il y a des variétés de cette affection sur lesquelles il n’a aucune action. Ces dernières, je suppose, sont les cas qui dépendent de r.auses organiques et qui résistent à tous les remèdes connus. Il est cependant bien constant que bon nombre de cas que l’on supposait appartenir à cette classe se sont épuisés, ou bien le temps et les efforts de la nature ont effectué quelque modification organique.

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