‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 72 sur 92 · IRRITATION SPINALE, ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

IRRITATION SPINALE, ÉPILEPSIE

Je ne sauraris actuellement décider si Fhypnotisme continué aurait une tendance à accélérer un résultat favorable dans de tel cas ; mais cela est extrêmement probable, Je suis certain que, dans les cas susceptibles d’amélioration, on estimera ce remède, l’un des plus rapides et des plus certains. Parmi toutes les affections pour lesquelles on a vanté le mesmérisme, l’épilepsie prend le premier rang, comme nous l’avons déjà dit dans l’introduction. Les effets de l’hypnotisme étant alliés de très près à ceux du mesmérisme, il serait superflu de détailler un grand nombre de cas ; j’en donnerai seulement quelques-uns.

52® CAS. — Une jeune fille, qui avait six ou huit attaques dans les vingt-quatre heures, n’en eut pJus qu’une le lendemain de la première opération; elle n’en eut pas pendant les cinq jours suivants et se trouva guérie en peu de temps.

53® CAS. — Jehn Barker, âgé de 19 ans, vint me consulter, au mois d’août 1842, pour des attaques d’épilepsie. Elles avaient débuté à l’âge de quatre ou cinq ans, se montrant d’abord une fois par semaine ou une fois tous les quinze jours ; à mesure qu’il avançait en âge, elles devinrent plus fréquentes, et quelques mois avant qu’il vînt me voir, elles se répétaient jusqu’à trois fois par semaine. Il avait été à l’hôpital pendant les deux mois qui précédèrent sa visite chez moi ; il avait subi différents traitements mais sans résultats, et un des employés delà maison lui avait dit qu’il ne devait pas s’attendre à voir disparaître sa maladie. Je le soumis à mon opération hypnotique, habituelle pour les cas de ce genre ; il fut opéré dix fois en tout et n’eut depuis qu’une attaque, le lendemain de la première séance. Je ne lui fis prendre aucune médecine, à l’exception de trois poudres laxatives. Il y a maintenant neuf mois qu’il n’a pas eu d’attaques.

54® CAS. — Mme B..., mère de famille, était sujette à des attaques d’épilepsie depuis sept ans et, en dépit de tous les traitements qu’elle avait suivis, allopathiques et homéopathiques, elle avait une crise au moins une fois par mois.

DE l’hypnotisme

A partir du jour où elle fut hypnotisée, elle n’eut pas de crise pendant quatre mois, et elle n’en a plus eu depuis.

55® CAS. — Miss B... avait des crises depuis près de deux ans, et en dernier lieu elle en avait jusqu’à cinq ou six par jour ; elle vint me consulter vers la fin de décembre 1842 ; elle fut hypnotisée sept fois, et ne vit pas reparaître de crises pendant quatre mois; au bout de ce temps elle en eut une et, quinze jours après, une autre.

L’hypnotisme peut être appliqué, avec beaucoup de succès, au traitement de nombreuses distorsions, provenant de faiblesse de certains muscles ou d’un excès dans la force de contraction de leurs antagonistes ; je suis certain que, parce moyen, nous pouvons rectifier bon nombre de cas que l’on a jusqu’ici traités par la section des tendons ou des muscles. Les succès que j’ai obtenus jusqu’à présent dans le traitement de l’incurvation latérale du rachis me permettent de parler avec confiance à ce sujet. Je suis certain qu’il est peu de cas très récents que l’on ne puisse guérir rapidement par l'hypnotisme^ sans douleurs ni inconvénients pour le malade. Quand l’affection est de longue durée, la patience et la persévérance sont naturellement nécessaires, et quoique, dans ces cas, la guérison puisse ne pas être complète, le malade sera cependant beaucoup soulagé par l’hypnotisme.

La méthode de traitement pour ces cas est d’abord de provoquer le sommeil, puis de mettre en action les muscles qui portent le corps dans sa posture la plus naturelle. Lorsqu’on met ces muscles en activité pendant l’hypnotisme, leur puissance augmente, et ils acquièrent une force qui devient permanente. Quand un côté de la poitrine est plus développé qu’à l’ordinaire, et que l’autre est, au contraire, affaissé, je cherche à contenir le côté agrandi, en le comprimant pendant le sommeil, tandis que j’instruis le malade à faire de profondes inspirations pour provoquer l’expansion du côté opposé. Je m’efforce aussi à faire prendre au malade la position inverse de celle que je considère comme la cause principale de son incurvation.

INCURVATION RACHIDIENNE

Comme je l’ai déjà fait remarquer, je suis certain que cette méthode sera rapidement suivie de succès, et d’une façon plus nette qu’aucune autre méthode, particulièrement dans les cas compliqués d'irritation spinale.

56® CAS. — Le cas suivant est un exemple de succès remarquable chez une jeune demoiselle de 14 ans, qui avait eu les conseils de quelques-uns des membres les plus éminents de la profession dans les provinces ainsi qu’à Dublin et à Londres. C’est à l’âge de quatre ans que l’on remarqua qu’elle se déformait. Quand on me l’amena, le 12 septembre 1842, son menton reposait sur la poitrine, et elle ne pouvait se soulever à cause de la faiblesse des muscles droits dorsaux et de l’état contracturé des muscles sterno-cleido^ mastoïdiens. Une partie du rachis et des épaules était rejetée en arrière, les vertèbres lombaires et le bassin faisaient saillie en avant de sorte que la difformité était considérable et que la vigueur de l’esprit, de même que celle du corps, en souffrait beaucoup. Elle ne prit aucun médicament, et on ne fît pas d’application externe, mais elle fut hypnotisée soir et matin, et traitée comme nous l’avons indiqué plus haut. Comme résultat, elle se tenait mieux au bout de six semaines, et d’autant mieux que lorsque l’on prit les contours de son rachis, on le trouva trois pouces plus rapproché de la perpendiculaire qu’il n’était lorsque je la vis tout d’abord. Pendant toute cette période de temps, on n’avait fait usage d’aucun moyen mécanique ; et on n’en employa d’autre, pendant mon traitement, qu’un simple support pour le menton, qui devait servir à attirer son attention, jusqu’à ce qu’elle eut l’habitude de soutenir sa tête par le seul effort musculaire, chose qu’elle avait la force de faire. Je dois aussi mentionner que ses facultés mentales s’étaient beaucoup améliorées.

J’ai aussi reconnu que le neuro-hypnotisme soulageait ou guérissait entièrement les douleurs névralgiques du. cœur et les palpitations plus rapidement et avec plus d’efficacité que tout autre moyen. En voici des exemples:

579 CAS. — Miss Tomlinson, âgée de 16 ans, dont il a

déjà été question. Cette jeune personne avait souffert violemment de palpitations douloureuses du cœur, palpitations qui avaient résisté à tous les traitements que lui avaient prescrits des médecins de renom. Après deux hypnotisations, l’affection du cœur disparut, et ne reparut plus qu’une fois, mais elle fut immédiatement maîtrisée par l’hypnotisme. Dix-sept mois se sont maintenant écoulés depuis la première opération, et sa santé est parfaite.

58® CAS. — Miss Stowe, âgée de 22 ans. J’ai déjà parlé de cette malade dans la relation des cas d’amélioration de la vue par l’hypnotisme. Elle avait aussi souffert cruellement de palpitations du cœur, suivies de difficulté dans la respiration et d’hydropisie, ainsi que d’autres symptômes qui firent croire aux médecins qui la» soignaient, et dont l’un était un praticien très distingué, à une maladie organique du cœur; le cas leur semblait désespéré. Après deux séances d’hypnotisation, tout symptôme d’affection du cœur avait disparu (preuve suffisante qu’il ne s’agissait que de dérangement fonctionnel), et elle fut rapidement en excellente santé ; ce bon état persiste maintenant depuis douze mois, et est dû seulement à l’hypnotisme. Cette malade avait un écoulement leucorrhéiqae, qui, depuis des années, résistait à tous les traitements, et dont l’odeur était si repoussante que l’on soupçonnait une affection maligne de' l’utérus. Cet écoulement avait complètement disparu une semaine après la première hypnotisation. Elle n’avait pas pris de médicament, à l’exception d’une simple pilule laxative de temps à autre. J’ajouterai encore que son ome aussi bien que sa vue avaient été considérablement améliorées.

59e CAS. — M.... avait souffert violemment de douleurs dans le cœur et de palpitations. Une première séance lui procura un soulagement bien sensible, et une seconde opération le remit complètement ; il est en bonne santé depuis huit mois.

60® CAS. — Miss .... avait beaucoup souffert de palpita-

AFFECTION Dû COEUR

lions de cœur ; elle ne pouvait monter l’escalier le plus facile sans souffrir immédiatement de la façon la plus violente. Je lui fis monter l’escalier devant moi pour l’éprouver. Après l’opération, je la priai de remonter le même escalier ; cette dernière ascension ne produisit pas de palpitations, et l’opération ne devint plus nécessaire.

61® CAS. — Un jeune homme souffrait d’une affection val- vulaire du cœur, de palpitations et de trouble dans la respiration depuis quatre ans ; cet état était la conséquence d’une fièvre rhumatismale. Ilnepouvaitfaire vingtoutrente pas sans être obligé de s’arrêter ou de s’asseoir Après avoir été hypnotisé pendant quelque temps, il devint capable de marcher la distance d’un mille sans s’arrêter. Il ne fallait pas songer, dans ce cas, à une guérison radicale, à cause du désordre organique, mais aucun autre moyen n’aurait pu faire pour lui ce que fit l’hypnotisme, surtout en si peu de temps.

En parlant d’une des propriétés qui caractérisent l’hypnotisme, celle d’amortir les sensations morbides, je ne dois pas oublier de mentionner qu’il amoindrit ou qu’il prévient entièrement la douleur dans les opérations chirurgicales. Je suis certain que l’hypnotisme peut plonger le malade dans cet état qui le rend complètement inaccessible à la douleur d’une opération, ou qui la modère de beaucoup, selon le temps et la manière de procéder. C’est ainsi que, sous cette influence, j’ai extrait des dents à six malades, sans douleur, et à d’autres avec si peu de douleur, qu’ils ne savaient pas que leurs dents avaient été enlevées. Un médecin de mes amis, M. Gardom, opéra de même récemment, et fit l’extraction d’une dent, fermement implantée, sans que le malade accusât la moindre douleur pendant l’opération ; ce malade ignorait même, une fois réveillé, que sa dent avait disparu. M. Gardom enleva une seconde dent à la même personne, et une dent à une autre personne, toujours sans que ces malades eussent conscience de l’opération. Pour atteindre ce but, cependant, je crois que, dans la plupart des cas, il est nécessaire que le patient ne sache

DE l'hypnotisme

pas ou ne croie pas que l’opération va être faite au moment, autrement la préoccupation que lui cause l’attente peut empêcher l’hypnotisation d’être assez complète pour qu’il devienne entièrement inaccessible à la douleur. L’observation suivante fera comprendre ce fait.

62® CAS. — M. Walkervient me voir ; il se plaignait d’un violent mal de dents ; il désirait faire extraire sa dent, mais il avait tant souffert d’une opération précédente qu’il ne pouvait s’y décider, à moins d’être hypnotisé. Il avait fréquemment été soumis à l’influence de cet agent et y était très sensible. Je lui dis que je serais très heureux de faire l’essai mais que, à moins qu’il ne détourne son esprit de l'opération, il est possible que je ne puisse réussir à faire l’extraction entièrement sans douleur.

Il prend place et est rapidement hypnotisé; mais je ne peux parvenir à produire \e.rigidité des extrémités, ni linsensibihté au pincement, phénomènes qui se produisaient en général si facilement chez lui. Je le réveille et l’informe des phénomènes. Il me dit que les choses se passaient chez lui comme d’habitude jusqu'à vn certain point, mais qu’il commençait alors à penser, « maintenant il va mettre l’instrument dans ma bouche » ; les effets de l’hypnotisme n’allaient pas plus loin. La douleur avait disparu, il se retire. Il revient me voir dans la soirée, et nous faisons un nou- . vel essai avec les mêmes résultats. L’ayant réveillé, je lui ai dit alors que la chose n’était pas possible à moins de le réduire à l’état ^insensibilité complète, et que j’allais faire l’extraction sans l’endormir de nouveau ; ce que je fais. Il avait conscience de l’application de l’instrument, mais il ressentit si peu de douleur qu’il ne voulut pas croire que la dent avait été enlevée ; et je ne pus l’en persuader qu’en la lui mettant dans la main.

Je le prie ensuite de se soumettre encore une fois à l’hypnotisme ; il devient alors lùgide et insensible, et cela, plus rapidement que cela ne lui est encore arrivé. Il faut donc, si l’on veut faire une opération chirurgicale entièrement sans douleur, à l’aide de l’hypnotisme, obtenir du malade l’au-

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