‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 73 sur 92 · DOULEURS J’RÉ VENUES OU SOULAGÉES · texte numérisé non relu

DOULEURS J’RÉ VENUES OU SOULAGÉES

lorisalion d’opérer à un motnent plus ou moins proche, mais il ne doit, à aucune condition, savoir quand l’opération sera faite ; autrement, dans la plupart des cas, la réussite sera impossible.

Cependant, il est certain que les malades peuvent être opérés avec beaucoup moins de douleur, dans le premier degré de l’hypnotisme, et dans l’attente d’une opération.

L’observation de Mme . détaillée sous le n“ 63 en

fournit la preuve. J’ai fait d’autres opérations dans des circonstances et avec des résultats semblables, c’est-àdire, avec diminution considérable de la douleur, quoique non entièrement sans douleur.

63® CAS. — Une dame avait un abcès provenant d’une affection de la région orbitaire de l’os frontal. L’abcès avait été évacué par une petite ponction ; lablessure s’était cicatrisée par première intention, mais il était nécessaire de l’ouvrir de temps à autre avec la lancette. Cette personne avait tellement souffert à chaque opération que je crus devoir l’hypnotiser, et quoique je ne me crusse pas autorisé à pousser bien avant l’hypnoüsation à cause de l’état du cerveau, elle ne se plaignit plus. Je voulus une fois voir comment l’opération sans hypnotisation l’affecterait, mais les douleurs furent si intenses que je me promis de ne plus l’opérer sans l’avoir endormie auparavant.

63® CAS. — Un adulte, affecté aux deux pieds de pied-bot varus du plus mauvais caractère, avait été opéré une première fois de la façon habituelle et une seconde fois pendant la première période de l’hypnotisme. Les avantages momentanés et ultérieurs de la seconde opération furent des plus remarquables. J’ai opéré jusqu’aujourd’hui pjlus de trois cents pieds-bots, et j’ose affirmer queje n’ai jamais obtenu de résultat aussi satisfaisant que dans l’observation présentement citée.

Dans les cas de dyspepsie, l’hypnotisme rend les plus grands services. Sous son influence, l’appétit augmente chez la plupart des malades, et la digestion devient plus

Braid 13

DE l’hypnotisme

facile. On peut donc présumer que tous les malaises qui tiennent au système digestif ou procèdent d’indigestion peuvent être soulagés par l’hypnotisme. Il est bien connu que de nombreuses affections culanées sont également sensibles à l’influence de cet agent ; l’exemple suivant montrera la puissance remarquable de l’hypnolisme sur les symptômes de ces affections ainsi que sur plusieurs autres qui y sont associés .

6o® CAS. — Mme 0., âgée de 33 ans, mère de plusieurs enfants, était très nerveuse depuis quinze ans ; elle avait des tremblements dans les bras, s’alarmait facilement, et était tourmentée par des cauchemars dont l’intensité exigeait qu’on la réveillât plusieurs fois pendant la nuit. Elle souffrait aussi sur la poitrine, sur les seins, et sur la peau de l’abdomen, d’un eczéma invétéré qui, depuis cinq mois, résistait à tous les remèdes externes et internes que prescrivaient des praticiens très considérés. Les doigts d’une de ses mains étaient aussi couverts d’impétigo. Elle vint me consulter le 31 août 1842 et, hypnotisée le même jour, se trouva fort soulagée des maux de tête qui la tourmentaient, ainsi que de l’état d’irritation nerveuse dans lequel elle se trouvait. Son mari m’assura que, sortant avec elle le même soir, il n’aurait pas cru, s’il ne l’avait vue, que c’était sa femme qui lui donnait le bras, tant son tremblement habituel avait diminué. Elle dormit profondément cette nuit-là sans être tourmentée par des rêves ni par des cauchemars. Elle fut hypnotisée chaque^jour pendant que]c[ue temps, et enfin elle se remit, sous le rapport de sa santé en général, et de l’affection si obstinée de la peau. Elle n’avait pris aucune médecine et on n’avait fait aucune application externe, on ne peut donc point prétendre que le résultat ne soit dû entièrement à l’hypnotisme. Sa santé s’est maintenue depuis près de dix mois.

66® CAS. — J. G., âgé de 40 ans, était affecté, depuis dix-huit mois, d’un érythème impétigineux, partant d’un point situé un peu au-dessous du genou et s’étendant jusque

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