‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 74 sur 92 · AFFECTIONS CUTANÉES, CONTRACTURES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS CUTANÉES, CONTRACTURES

près des orleils. Il souffrait aussi de fortes douleurs dans l’articulation ti bio-tarsienne et tout travail lui était impossible depuis celte époque. Aussitôt après la première hypnotisation, il put marcher avec plus de facilité et sans sa canne. L’amélioration fut rapide, et à la fin de la première semaine la maladie de peau était presque guérie ; il ne souffrait plus que très peu de la cheville. Il fut hypnotisé à peu près quotidiennement jusqu’à la fin du mois sans prendre aucun médicament interne ni externe. Un peu d’onguent fait de blanc de baleine avait été appliqué sur la bande qui enveloppait sa jambe pour l’empêcher d’adhérer au mal ; l’affection de la peau guérie et les douleurs dans la cheville étant peu sensibles, il put, quelques j.ours plus tard, reprendre son travail. Il avait été traité longtemps, à l’hôpital et en ville, mais son mal empirait au lieu de s’amender. L’amélioration immédiate dans l’apparence de l’affection cutanée, ainsi que dans l’état général des deux derniers malades, était trop évidente pour admettre le doute au sujèt de la puissance remarquable de l’hypnotisme.

Les cas que je vais présenter encore sont des observations de contracture permanente ou de spasme tonique. Ce sont des exemples intéressants de celte forme de désordre, et du succès de l’hypnotisme dans leur traitement.

67® CAS. — M. J. O., âgé de 21 ans, vint me voir le l®"" octobre 1842, se plaignant d’une douleur dans la tempe gauche, d’un bruit continu dans l’oreille du même côté accompagné de douleurs lancinantes qui se manifestaient de temps en temps ; il n’entendait que très imparfaitement de ce côté-là. Il lui était difficile d’ouvrir la bouche et de prendre ses aliments, et la mastication était si douloureuse qu’il se privait fréquemment de ses repas. Ses maux avaientcommencé àPâques, etempiraient malgré les soins de deux médecins qui le virent jusqu’à la veille du jour où il vint me consulter. Ce jour-là, 10 octobre 1842, il n’avait pu déjeuner qu’avec grande difficulté, et depuis

DE l’üYPNOTISME

deux jours, il ne dînait que de riz au lait, ne pouvant rien prendre de solide. Quand je le vis, il ne pouvait, sans souffrir les plus grandes douleurs, écarter les lèvres de plus d’un demi-pouce ; de plus, à part l’imperfection de l’ouïe dont j’ai déjà parlé, la vue était défectueuse du côté gauche. Il ne s’en était pas aperçu avant mon examen. Je l’hypnotisai pendant environ huit minutes ; pendant ce temps il me fut possible de lui ouvrir la bouche jusqu’à ce que les dents fussent écartées de près de deux pouces, sans le faire souffrir. Au réveilles douleurs dans la région temporale avaient disparu ; il ouvrait lui-même la bouche, de façon à ce qu’il y eût une distance d’un pouce trois quarts entre les dents ; cet écartement fut soigneusement mesuré en présence de quatre personnes éclairées qui avaient assisté à l’opération ; il faisait mouvoir sa mâchoire avec la plus grande facilité et sans douleur. L’ouïe était aussi de beaucoup améliorée, ainsi que la vue du coté gauche. Il revint le 2 octobre, et m’apprit qu’il avait pu prendre un bon souper après m’avoir quitté et que le lendemain il avait déjeuné et dîné confortablement ; l’ouïe était meilleure et la vue était à peu près pareille des deux côtés. Il n’avait pas souffert dans la région temporale depuis son opération, excepté cependant quand il ouvrait la bouche de toute sa grandeur, et alors même, la douleur était insignifiante. Il ouvrait la bouche à ce moment, avec un écart d’un pouce trois quarts avant l’opération, après l’opération l’écart entre les dents fut de deux pouces.

Ce malade revint me voir quelques jours plus tard pour être opéré une troisième fois ; il avait alors conservé l’amélioration notée plus haut. Il devait revenir s’il y avait récidive, et, comme il ne l’a pas fait, je conclus qu’il a continué à se bien porter. Sept mois se sont maintenant écoulés depuis cette époque.

Je vais maintenant citer d’autres cas d’affections spasmodiques, d’autant plus intéressantes qu’elles nous font espérer que le tétanos, la rage, et d’autres affections analogues pourront être arrêtées et guéries par cet agent.

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