‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 75 sur 92 · AFFECTIONS SPASMODIQUES GUÉRIES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS SPASMODIQUES GUÉRIES

68° CAS, — Une jeune fille fut prise de violents spasmes toniques de la main droite, du bras droit et du côté droit de la face. Un praticien habile fut appelé et prescrivit un vésicatoire à la nuque, un médicament interne, des fomentations et un liniment pour les régions affectées. Cependant, les symptômes devinrent plus intenses, et on envoya chercher le médecin de nouveau ; celui-ci était sorti, et, comme on était fort inquiet, on vint me consulter. On avait déjà appliqué le vésicatoire, mais les médicaments n’avaient pas encore été mis en usage. La main de la malade était fermée, et il était impossible de la lui ouvrir, son bras était si rigide que l’on ne pouvait le bouger ; mais, connaissant l’efficacité démon nouveau. remède, jel’hypnotisai, et, dans l’espace de minutes, je lui ouvris la main avec la plus grande facilité et mis fin aux autres contractions spasmodiques ; elle fut remise à l’instant ; elle est depuis restée en bonne santé. Plus d’un an s’est écoulé depuis cette époque.

Je vais citer encore un cas, et je doute qu’il soit possible d’en citer un plus remarquable ou plus satisfaisant. Je le donne tel que le père me l’exposa dans une lettre qu’il me pria de revoir avant de la publier. Je le priai d’en ajourner la publication ; je transcris maintenant la lettre mot pour mot. .

69® Cas. — Miss Collins de Newark. « Ma fille, âgée de 18 ans, souffrait depuis six mois de contracture des muscles du côté gauche du cou ; cette contracture était si forte qu’il eût été impossible de passer une carte ordinaire entre l’oreille et l’épaule, tellement le contact était proche ; par conséquent, elle se déformait rapidement. J’avais consulté pour elle les m.eilleurs médecins du pays, et je l’avais menée à Londres emportant, par écrit, le traitement suivi jusque-là. Sir Benjamin Brodie, que j’avais consulté, approuvait ce qui avait été fait; mais ne donnait aucun espoir de soulagement prochain.

» Ayant vu le compte rendu d’une conférence faite à ce sujet par M. Braid, chirurgien, Saint-Peter’s Square, Manchester, ainsi qu’une lettre écrite à ce monsieur par

DE l’hypnotisme

M. Mayo, de Londres, j’emmenai ma fille et la remis aux soins de M. le docteur B raid le jeudi soir 24 mars 1842. Le docteur Chawner, qui m’avait conseillé cette démarche, nous accompagnait. En moins d’une minute après que M. Braid avait commencé à Axer son attention, elle était tombée dans le sommeil mesmérique (neuro-hypnotique), et une minute plus lard elle était, en partie, cataleptique.

» M. Braid, alors, sans l’éveiller et par conséquent sans lui causer de douleurs, lui ramena la tête dans la position verticale ; je crois fermement que la chose eût été impossible cinq minutes auparavant, à moins de rompre les muscles ou d’infliger quelque autre lésion sérieuse ; je suis heureux de pouvoir dire que non seulement la tête reste droite, mais encore que ma fille possède le contrôle parfait des muscles du cou. Un mouvement nerveux de la tête, auquel elle était sujette après notre retour de Manchester, a entièrement disparu, et elle est à présent en parfaite santé. Il faut encore faire remarquer que, d’après la recommandation du docteur Chawner, on l’avait surveillée fréquemment pendant son sommeil, et que jamais on n’avait observé le moindre relâchement dans les muscles contracturés.

» De nombreuses personnes des plus respectables peuvent porter témoignage de l’exactitude de la déclaration ci-dessus.

» Signé ; James Collins.

» Newark, 11 mai 1842. »

Des propos absurdes circulaient, même dans la capitale, au sujet de mon mode d’opération sur cette malade: j’avais fait montre, disait-on, de force gesticulations et de hocus pocus, afin d’impressionner l’esprit. Ces propos sont absolument MENSONGERS. Je m’étais borné à prier simplement la patiente de maintenir son regard fixé sur mon portelancette, que je tenais au-dessus de ses yeux de la façon indiquée à la page 32 de ce volume ; puis, une fois les yeux fermés, quand je lui eus étendu les membres pendant près

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