COMMENT AGISSENT LES PASSES
la première période de transition, de la veille au sommeil, les patients conservaient assez d’irritabilité et de sensibilité, pour être affectés par certaines impressions et qu’ils se rapprochaient ou s’éloignaient selon que la qualité ou l’intensité de ces impressions leur était agréable ou désagréable.
Ainsi, la musique douce les charmait ; ils s’en rapprochaient, tandis que la musique bruyante et peu harmonieuse les affectait tout autrement et qu’ils s’en éloignaient. Il en était de même pour les odeurs et pour les sensations de froid et de chaud. Je vis aussi que les chatouillements ou l’agitation de l’air au-dessus de là peau, mettait en action les muscles sous-jacents ; l’on pouvait ainsi ployer la main ou soulever le bras, puis en agissant sur les muscles antagonistes, faire étendre la main et les doigts et tomber le bras. C’était là un fait simple en apparence et assez compréhensible ; mais je découvris enfin qu’un groupe de muscles mis en actions par une impression donnée, et qui avaient conservé pendant quelque temps la position acquise, ne se contractaient plus par la répétition de la même impression mentale, provoquée au même endroit que précédemment ; la même cause excitatrice apparente produisait un effet absolument contraire, que l’on eût employé les passes avec contact, ou le simple courant d’air. Je vis encore que ma volonté était étrangère à ce fait, car les résultats eurent lieu de la même manière absolument, quoique pendant mon opération, j’eusse désiré le contraire. Ces résultats contraires provenant d’une excitation semblable en apparence furent pour moi une énigme qui m’intrigua longtemps ; mais j’arrivai enfin à une solution bien simple de ce fait si mystérieux en apparence. Je me représentai que la conscience et la volition du patient sont obscurcies, que ses mouvements sont instinctifs et automatiques et que par conséquent l’impression mentale ne fournit qu’une tendance aux mouvements ; les mouvements se font toutefois dans la direction et de la façon la plus naturelle dans les conditions du Braid. is
DE l’hypnotisme
mommt. Par exemple : nu muscle est-il au repos, il se met eu action ; au contraire, est-il en mouvement, il devient inactif, et cela sous la même excitation.
Si Ton agit sur la main ou sur le bras, qui repose sur les genoux, comme il ne peut plus se produire d’abaissement, le bras s’élève et devient rigide. Si après avoir laissé le bras dans la nouvelle position pendant quelque temps, on reproduit la même excitation, celle-ci amène la tendance à exécuter le mouvement le plus naturel, et dans ce cas, le bras s’abaisse. Que l’on empêche, d’une façon quelconque, le soulèvement ou l’abaissement du bras et que l’on répète l’expérience^ on verra le membre se mouvoir de côté.
Ce procédé peut également s’appliquer à des muscles isolés. C’est ainsi que nous influençons les muscles de la physionomie et qu’il nous est possible d’éveiller une passion ou un sentiment quelconque ; la contraction des muscles réunis, constituent « l’anatomie de l’expression, » évoque dans le cerveau de l’hypnotisé certaines impressions de même que ces dernières, à l’état de veille, déterminent l’ensemble des traits.
Il ne s’agit donc que d’une inversion dans l'ordre habituelle des émotions et de leurs manifestations physiques. Il est évident qu’il n’y a rien d’occulte ni de spécifique dans les passes faites avec les mains; en effet le courant d’air produit par un soufflet donne les mêmes effets que la main en mouvement, comme je l’ai fait voir si souvent à une foule d’observateurs intelligents.
Les passes, en tant qu’impressions visibles ou sensibles, soutiennent le patient dans la concentration de son esprit sur un organe déterminé, et influencent en même temps la fonction de cette partie ; elles impriment une direction spéciale à une force qui évolue chez le patient lui-même ; mais on ne doit pas plus supposer une force occulte dans les passes (une force émanant de l’opérateur) qu’il ne convient d attribuer à la lentille la création de la lumière et de la chaleur qu’elle rend perceptible par la concentration