I.e grand Merlin vient à ^()Il aide
Le g-rand Merlin, qui n'avait pas perdu Toni de vue un seul instant depuis le jour de sa naissance à laquelle il avait, on s'en souvient, si fort contribué ; le g-rand -Merlin, dis-je, ayant vu le dang'er où se trouvait Pouce, alla trouver sa marraine et lui dit : « Pour cette fois , il faut le sauver, car il n'y a pas de sa faute. »
La reine des fées aussitôt monta avec l'enchanteur.
(pli se rendit invisible, dans son chariot volant, auquel étaient attelés plusieurs petits oiseaux, et elle entra par
une fenêtre du palais dans la chanil)re de la reine , qui était encore au lit, car il était bon matin.
« Je viens chercher Tom, dit la fée à la reine ; quand il sera f^niéri, je vous le rendrai. «
Puis (^lle l'emmena dans son royaume.
I.a reine ne s'opposa point à ce hrusque départ. « Car enfin, se dit-elle, c'est pour son bien (ju'on me l'enlève. «
Mais quand le roi sut ce qui s'était passé, il entra dans une fureur épouvantable, et sortit pour rattraper Tom si
c'était possible; mais il ne vit plus rien en l'air que quelques suivantes de la reine des fées qui volaient der-
rière son char. Il leur cria si fort de s'arrêter, et d'une façon si brutale, que l'une d'elles, s'étant retournée, lui cria du haut des airs qu'il était un mal appris.
cSC) AVENTURES
Et c'est tout ce (\n\\ put en ohtenir. « Mîiis. lui dit l;i ivine, pourquoi aussi vous fâcher, puis-
(jue j'ai la parole de la fée, et que Toin nous sera rendu'/ — Au fait, c'est vrai, dit le roi, et j'ai eu tort. Mais je ne saurais nie ])asser lon^i'tenips de ce cher i)etit-là, je Tainie comme mon enfant; s'il avait seulement un pied de i)lus, j'en ferais l'héritier présom])tif de ma couronne, et mes sujets auraient en lui un fameux monarque. »
Tom, arrivé chez sa marraine, n'eut pas de peine à ^•uérir, car elle avait un baume qui guérissait toutes les blessures.
Dans le royaume des fées, Tom eût joui du parfait bonheur s'il n'avait été tourmenté par le louable désir de retourner chez ses iiarents. Il i)ria tant la fée, qu'elle se laissa fléchir, mais à condition ([u'il ne resterait qu'une journée à la cabane où il avait vu le jour. Tom ])romit; il le fallait bi(Mi.
Toni revoit t^es pareiiU.
Avant de partir, sa marraine lui dit d'aller prendre dans son trésor autant d'or qu'il en voudrait pour le porter à ses parents. La fée voulait par là l'éprouver, et voir si Tom aimait assez son père et sa mère pour se donner beaucoup de mal pour eux; mais Tom se tira de cette épreuve comme un bon fils le devait. Dès qu'il fut revenu de l'étonnement que lui avait causé la
vue d'un si riche trésor , il prit , sans consulter ses forces, le plus ^tos écu d'or qu'il put trouver, et quoiqu'il eût k i)eine la force de le soulever et beaucoup de chemin à faire, il s'en charg'ea bravement, ne pensant qu'au bien-être que cette petite somme i)rocurerait à ses pauvres parents.
Plus d'une fois les forces du pauvre ^'arçoii Trahirent son courage, et il lui arrivait souvent dans le trajet de s'arrêter épuisé de fatiji'ue, et de pleurer à côté de sa
pièce d'or. Mais, bah! il reprenait bientôt sa route et sa pièce. « Quand je vais revoir notre cabane, se disait-il, je serai bien pa\"(' de mes peines. »
La bonne fée, qui le voyait du haut des airs où elle était, avait bien envie d'en descendre pour l'embi'asser, mais elle voulait lui laisser le mérite de sa bonne action l)our qu'il l'accomplît jusqu'au bout.
A la fin, Tom s'avisa d'un expédient auquel il regretta de n'avoir pas song-é plus tôt ; au lieu de porter cette pièce d'or, dont le poids l'écrasait, l'idée lui vint de la mettre sur le côté, et de la pousser devant lui comme un cerceau. L'idée était bonne, et elle lui réussit :
aussi le reste de la route fut-il pour lui fort agréable, puisque chaque minute le rapprochait davantage de son but, et sans fatig'ue.
Enfin il arriva.