‹ Neuvelles et seules véritables aventures de Tom PouceChapitre 9 sur 15 · II · texte numérisé non relu

II

La reine des fces.

Mais comme le pouvoir des enchanteurs n'allait pas jusqu'à créer, Merlin résolut de se faire aider dans cette circonstance par la reine des fées ; s'étant donc mis en route à travers les airs, il se rendit chez elle et lui exposa, après les compliments d'usag'e, les motifs de sa visite.

La reine des fées, qui était naturellement très-obli- }i"eante, ne se fit pas prier, quoique, dit-elle, il fût aussi

difficile, en matière de création, de créer un petit enfant qu'un gTos ; et dans Tannée , la pauvre paysanne eut un tils, mais si petit, si petit, que quand on l'eut mesuré , on trouva qu'il n'était pas plus g-rand en tout que le pouce de son père.

(' Bah ! bail ! disait le père aux voisins émerveillés, il grandira. "

Le nouveau-né, du reste, était si gentil et si bien pris dans sa petite taille, que les connaisseuses étaient obligée^' d'avouer que c'était une perfection. Il était aussi tellement vif et si remuant, qu'on avait toutes les peines du monde à le contenir dans sa couchette qui avait été faite, dans le premier moment , d'un sabot neuf au fond

duquel ou avait mis un peu de ouate bien d(nice et bien chaude, pour qu'il y put dormir tout à son aise.

l'iuiri|uni Tom Ponce .s';tp|ielait Toin l'once

Il fallut lui (lonuer un nom. Pour ne pas laisser son œuvre imparfaite, la reine des fées voulut être sa marraine ; elle vola donc vei^s la cabane où reposait son nouveau protég"é, et le nomma de son premier nom Tommy, dont on lit Tom par abréviation, et du second. Pouce, en raison de la petitesse de sa taille et en mémoire du souhait de sa mère.

Après l'avoir nommé, elle le doua de tous les dons précieux qui faisaient que les enfants nés au temps des fées n'avaient qu'à le vouloir pour être des enfants accomplis ; malheureusement, alors comme aujourd'hui, ils ne le voulaient pas toujours.

Pendant la cérémonie, d'autres fées, sur son oi-dre, lui préparèrent une toilette appropriée à sa taille. La chose fut bientôt faite; pour chemise, il eut (on Tassure , du moins ) une toile d'araignée , et pour habit les deux ailes d'un brillant scarabée, qui consentit à s'en

défaire quand il sut à qui on les destinait; on découpa ses culottes dans une cosse de pois, ses bas dans la pe-

lure d'une pomme; ses souliers furent faits avec une

peau de souris tannée, le poil en dedans ; pour coiffure,

enfin , d'une feuille de chêne on lui arrangea une jolie

casquette qui lui allait à ravir, et, par-dessus tout cela,

on lui passa une i^etite jaquette que sa marraine lui

avait fait filer par le plus habile de ses vers à soie.

Le reste de son trousseau se composait de deux jolies

cravates qui étaient si délicates qu'elles auraient passé

à travers le trou d'une aiguille, de quatre mouchoirs

brodés à tous les coins, et d'un ravissant petit bonnet

de coton.

La reine des fées lui fit en outre des cadeaux nia.^niifiques qu'elle tira d'une cassette que son nain avait toujours sous le bras.

et en cela, toute reine des fées qu elle était, j'oserai dire qu'elle pouvait bien avoir tort, car elle risc^uait de donner à Tommy, qui était pauvre, le goût des richesses, goût dangereux quand on n'a rien pour le satisfaire. Toujours est-il qu'elle lui donna, pour remplacer le sabot dans lequel elle l'avait trouvé couché, un berceau fait avec la coquille d'un (Puf qui

provenait de cette poule qui ne pondait que des œufs d'or. Les rideaux étaient tissus de fils de soie entremêlés de fils d'arg-ent, et parsemés d'étoiles de diamants qui dessinaient, en caractères lisibles, l'histoire de tous les enfants célèbres depuis le commencement du monde. ;< Des mies et des berceuses étaient occupées du soir au matin, et du matin au soir, à bercer le petit Pouce, et des colibris perchés sur le baldaquin faisaient entendre, pour l'endormir, des chansons dont voici à peu près le sens :

Mais celles-ci avaient beau bercer, et ceux-là avaient beau chanter, le petit Tom, que toutes ces cérémonies impatientaient, ne dormait g"uère dans son riche berceau; et, ce qui prouva bien qu'il devait être un jour un g-arçon

de sens, c'est qu'il semblait préférer le sabot dans lequel on l'avait mis avant l'arrivée de la fée sa marraine, et ([u'il ne s'endormait g-uère que quand on l'y couchait. 11 s'ensuivit que petit à petit le beau berceau fut relég"ué dans une armoire où il resta comme une curiosité.

Quant aux berceuses, voyant qu'elles n'avaient plus rien à bercer, elles s'en allèrent ; et quant aux colibris, ils disparurent, à la grande satisfaction du père et de la mère deTommy, dont les g'oùts simples s'accommodaient mal de ces colifichets.

Ce fut donc dans ce sabot que Tom grandit, ou plutôt qu'il ne grandit pas. Mais si sa taille resta la même, son intelligence fut si précoce, que ses parents ne souhaitèrent jamais qu'il fût plus gTand.

Sa mère g'uida ses ])remiers pas, et elle le fit avec

tant d'habileté, que bientôt Tom put marcher tout seul, et qu'il n'usa pas beaucoup de lisières.

Vie privée de Tom Pouce.

Rien n'était si agréable que de voir le petit Tommy chez lui, au milieu de tous les ustensiles qui servaient à ses usag"es journaliers. Sa maman lui a\ait acheté, chez un prédécesseur de Giroux, un beau ménag'e de 25 sous (dans ce teraps-là. les ménages étaient encore à bon marché), et tout ce qui n'était pour les autres enfants qu'un joujou étant proportionné à sa taille, Tom se trouvait avoir pour table, pour verres et pour assiettes, les

tables, les verres et les assiettes avec lesquels les autres

enfants font d'ordinaire la dînette, (juand ils donnent à

dîner à leur poupée. Pour tout dire, quoique Tommy eût

bon appétit, il mettait six jours à manger un macaron.

car c'était jiour lui comme un pain de (piatre livres pour un autre. vSon fauteuil était une chose extrêmement curieuse; son père, qui était fort adroit, l'avait fait luimême avec des arêtes de poisson, et au lieu de paille il avait été obligé d'arracher, pour le couvrir, plusieurs cheveux à sa femme qui les avait fort beaux. Le reste était à l'avenant.

Enfance <le Tom Pouce. — Il s:iil lii c, éci'ire, coiuptor et iic<siiicr

L'enfance de Tommy fut, assurément, le temps le plus heureux de sa vie ; comme il était presque impossible d'avoir meilleur cœur qu'il ne l'avait, sa mère avait ra-

rement occasion de le gronder, encore était-ce bien doucement,

et n'eut-elle jamais besoin de se servir contre lui ni du martinet ni de la verg-e, qu'il ne connaissait même pas de nom, et qui font tant de peur aux méchants petits garçons.

Il apprit à lire en moins de rien, dans un joli livre que lui avait laissé sa marraine. Ce livre s'appelait le Lnre des petits Enfants, et était rempli d'histoires qui étaient toutes plus jolies les unes que les autres, et d'imag-es qui ne le cédaient en rien aux histoires. Tom y trouva aussi des fables qu'il apprit en un clin d'œil, et qu'il récitait à merveille et dès qu'on l'en priait. —

A peine savait-il lire, qu'il demanda une plume et du papier, et se mit à écrire un beau compliment pour sa

maman. Le plus difficile avait été de lui trouver une plume assez petite pour qu'il i)ùt s'en servir, mais à la fin on en était venu à bout.

Son écriture était fine et déliée, ses lignes bien droites, et peu à peu il en vint presque à savoir aussi l'orthog-raphe. « Je ne serai pas g-rand. disait-il parfois, mais je serai savant. »

Quand il sut écrire tout à fait, le goût des arts, et surtout le g'oùt du dessin, se développa en lui; il composait déjà de fort jolies petites vig'nettes à un âg"e où les plus liabilas ne font encore que des nez , des bouches et des oreilles.

C'était merveille que de voir les ravissants petits dessine

qui couvraient ses cahiers.

Il fit, après six mois de leçons , le portrait de son père et celui de sa mère d'une ressemblance si frappante , que , quoiqu'ils fussent , on le pense bien, des portraits extrêmement petits, ceux qui

avaient de bons yeux ne pouvaient les reg-arder sans s'écrier tout de suite en voyant celui du \yëTe : « C'est M. Pouce ; » et en voyant celui de la mère : « C'est en vé-

rité madame Pouce. » Car il faut dire que, contrairement à ce qui se pratique de nos jours, le père et la mère de Pouce avaient fini par prendre le nom de leur fils.

Quant à ce qui est de compter, on peut dire qu'aucun enfant ne comptait mieux que lui; il savait ses quatre

règ-les, et s'il y en avait eu plus de quatre à apprendre, il les eût apprises également.

Dans ses heures de récréation,

il suivait quelquefois son père dans les champs, et là, armé d'un petit fouet, il défendait son déjeuner contre les moineaux, auxquels le pain ne manquait pas de faire envie. Mais, par exemple, dans les moments où il faisait du vent , on était ohligé de l'attacher avec un fil à latig'e d'un chardon, pour qu'il ne fût pas emporté, et il s'y reposait à l'abri desplus grosses tempêtes. Quand il jouait, c'était à des jeux dont le pauvre petit était pour ainsi «lire l'inventeur, et il le fallait bien, les jeux des autres enfants étant pour lui jeux de géants.

y\ ^^^^^Poi^^^S^^'S^n ^^ s'était fabriqué à ^ '^lui-même une petite

charrue semblable en tout à celle de son pèreetqui marchait toute s^ule, et il s'en servait si bien pour labourer son jardin,quisecomposait d'un ])ot à fleurs dans lequel son père avait mis de lafine terre debruyère.

que lespetites graines qu'il y semait y poussaient toutes àmer\"eille.

Aussi, M . Poucedisait-il avec fierté : « C'est ég-al, si ce petit-là avxit été plus grand , il serait devenu le meilleur jardinier de la contrée. »

Tous les matins, au temps des fleurs, Tom en offrait une, la plus belle éclose, à sa maman, qui l'embrassait en pleurant de joie de le voir si prévenant.

Et quand il en avait assez, le charmant enfant tressait deux petites couronnes qu'il accrochait audessus des deux portraits de ses parents.

YIÎ

La voix de Toni P luce.

Je n'ai pas encore parlé de la voix de Tom ; aussi est-il bien temps que je dise que cette voix était la plus aimable et la plus fxatteuse qu'on pût entendre, mais si faible, si faible, qu'il fallaity être bien habitué ou avoirl'oreille aux ag'uets pour ne rien perdre de ce qu'il disait.

Sa mère, par exemple, distinguait aussi bien chacune de ses paroles que s'il eût eu une voix de tonnerre ; et d'ailleurs, à force de s'aimer, ils s'entendaient tous deux à ce point qu'ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre, et qu'il leur suffisait de se reg'arder.

La faiblesse de la voix de Tom avait pour résultat qu'il parlait rarement, car s'il avait parlé davantage, il se serait nécessairement fatigué la poitrine.

Mais ceci même eut un avantage pour lui ; car parlant peu, il écouta beaucoup, et acquit ainsi une foule de connaissances utiles, qui échappent nécessairement à celui qui ne fait que bavarder.

Mil

Les oreilles de Tom Pouce et les coliinaçons.

Chose surprenante, Toramy avait Tûreille si subtile et si délicate, qu'il en vint à entendre parler des êtres que nous autres, avec nos g-randes oreilles, nous croyons tout à fait dépourvus de l'usage de la parole.

Un jourïom demanda à son père si les colimaçons parlaient; son père n'hésita pas à lui répondre que les colimaçons ne parlaient pas. « Je crois pourtant (ju'ils parlent, dit Tom, en demandant pardon à son père de n'être point de son avis, et je le crois parce que ce matin même j'en ai entendu deux tout au Ijas de la ]Kjrte qui se parlaient entre eux.

— Et comment as-tu fait pour les entendre y dit M. Pouce, en riant dans sa barbe.

— Ma foi, dit Tom, je ne songeais guère à surprendre leur secret. Je m'étais mis , pour être à l'ombre , dans une coquille abandonnée; ils vinrent à côté de moi sans se

douter de rien, puis ils se mirent à parler, et je les ai entendus.

— Et que se disaient-ils? dit M. Pouce, riant encore plus fort.

— Celui qui était le plus près de moi, répondit le petit Pouce, disait : « Il y a là-bas dans le jardin de M. Tom père deux abricots supertes qui ont l'air d'être mûrs et bons à mang-er. — Est-ce loin? dit l'autre. — Non, répondit la première voix. Quand donc le soleil sera couché et que la nuit sera venue, nous sortirons de notre trou, et nous ferons un fameux souper. — Et celui qui nous le payera, ce sera M. Pouce père, » reprit la seconde voix.

— Les brigands ! s'écria M. Pouce indig'né. Mais, bali ! dit-il, c'est un conte que tu me fais là.

— Ce n'est pas un conte, dit le petit Pouce en eng-ag-eant son père à g'uetter les deux colimaçons.

— Pardieu ! reprit le père, si tu pouvais entendre le lang-ag'e des bêtes, tu aurais là un sing-ulier talent. »

Mais qui fut bien étonné quand le soir fut venu? Ce fut M. Pouce, qui, s'étant mis en embuscade, surprit bientôt les deux voleurs, qu'il prit, comme on dit, en flagrant délit. Les deux abricots étaient déjà entamés.

Et qui fut bien attrapé? Ce furent les deux colimaçons

qui payèrent de leur vie leur jrourmaiidise , et qui ne surent comment on avait pu déjouer leur complot.

Une autre fois, il entendit, pendant la nuit, comme un bruit de scie; il réveilla aussitôt sa maman. C'étaient les vers qui s'étaient mis dans le sac aux noisettes, et il y en avait déjà beaucoup de trouées; grâce àTom, celles qui ne l'étaient pas encore furent préservées. Mais en voilà plus qu'il n'en faut pour montrerque Tom avait des oreilles surprenantes.

L'épée de Tom Pouce.

Nous avons oublié de dire que Pouce avait une épée; cette épée était faite de la moitié d'une petite aig-uille à repriser que sa marraine avait fait aig'uiser et damasquiner à son intention, prévoyant bien qu'étant faible comme il l'était, il aurait souvent à se mettre en défense. Tom ne quittait jamais cette épée; il couchait même avec elle, car il avait des ennemis auxquels des enfants d'une taille ordinaire sont rarement exposés. Une puce était pour lui un animal véritablement féroce, une araig-née était un monstre redoutable, et

42 AVENTURES quand il lui arrivait de rencontrer l'une ou l'autre, le pauvre Tom n'en était pas toujours quitte pour une piqûre ; tout ce qu'il pou- "^^ [^=I^^~^-

vait faire , c'était de tenir en

respect son ennemi, jusqu'à ce que sa bonne mère vînt à son secours.

Un jour que Tom , après toute une ^ matinée passée à sarcler son petit jar- - din , à ratisser les allées, à arroser une ) plate-bande de pâquerettes qu'il venait -^de semer, et à faire la guerre aux in- ['^sectes , se reposait sur le bord d'un frais ':^/ ruisseau sous une feuille qui le coui vrait presque tout entier comme un nnmense parasol , il se sentit tout d'un coup piqué à la main; il se leva, plein de colère, et n'apercevant autour do lui qu'un "^^ papillon de l'espèce qu'on nom- (

me amiral, il crut que c'était ^^ là l'ennemi qui avait lâche- ( ' ment profité de son sommeil pour venir le blesser. Ayant

DE TOM POUCE, donc dégainé, il leva sa formidable épée

sur le malheureux papillon : c'en était fait du bel insecte, quand Tom, dont la colère commençait à se calmer, réfléchit qu'un papillon n'ayant point de dard, ce n'était point le papillon qui avait pu le piquer, et qu'il allait peut-être faire périr un innocent à la place d'un coupable. Ayant donc fait de plus actives recherches, reg'ardé

autour de lui, en bas et en haut, et passé succès-

sivement en revue tous les buissons, il découvrit, ])our(lonnant dans une épaisse touffe d'herbes , trois '^^ /), ^-uépes monstrueuses.

Si ces g'uêpes eussent été des abeilles, Tom leur aurait peutr^tre pardonné; car enfin, si les abeilles piquent, en revancheellessont bonnes à quelque chose, et le miel qu'elles fabriquent est bien fait pour plaider en leur faveur.

Mais des g'uêpes, des êtres ( inutiles et mal- '' faisants , c'était débarras- ^

.ser la terre d'un fléau. Tom les attaqua bravement, et les ayant vaincues toutes trois, l'une après l'autre, et mises à mort, il les emporta chez lui comme un troi)hée de sa victoire.

Ce que nous en disons, c'est pour prouver que Tom

était brave, et que dans son petit cœur il y avait un g"rancl courag'e. La taille ne fait pas le héros, et il y a

eu de par le monde de fort grands hommes qui n'avaient pas plus de quatre ou cinq pieds; on a vu très-peu de tambours-majors devenir colonels, et pour tout dire, l'histoire de David et de Goliath est une vieille histoire qui prouve de reste ce que je viens d'avancer.

On il csi qncsiioii (k•^ ilcraiils de Toin Pouce, et s;irlo;il de sa cunosité.

Si tout ce que nous venons de dire donne à penser que Tom avait un g-rand nombre de qualités , il ne faut pas en conclure pourtant qu'il fût sans défauts.

Tom était curieux , et ce défaut unique fut cause que la jeunesse du pauvre enfant fut souvent fort orageuse.

Ses camarades jouaient une fois, devant lui , à la fossette; l'un d'eux, qui ne l'avait pas aperçu, vint cacher, avec un air de mystère, derrière la pierre sur laquelle Tom avait g'rimpé pour mieux jug-er les coups, un sac qui se fermait par deux cordons. Tom, intrig-ué, ne dit rien; mais quand son camarade fut retourné au jeu, il se laissa giisser tout le long- de la pierre du côté du sac, jusqu'au fond duquel il parvint à s'introduire. Pauvre Tom! au moment où il allait sortir, après avoir vu qu'il n'y avait rien dans ce sac que des noyaux d'abricots, comme il s'en trouve dans tous les sacs des écoliers, au moment, dis-je, où il allait sortir, le propriétaire du sac, qui avait perdu déjà les noyaux qu'il en avait tirés, revint pour faire une nouvelle provision, et prit Tom sur le fait. Comme la chance était contre lui, il était de mauvaise humeur : « Tu as voulu voler mes noyaux, dit-il à Pouce , je vais te punir. » Et ayant .serré les cordons du sac, il secoua Tom si fort, (^ue

le mallieureux, tout meurtri, fut oblig'é de deinaruler Q-vàc.e. Mais il eut beau protester de son innocence , et assurer que la curiosité seule l'avait conduit au fond de ce maudit sac , les apparences étaient contre lui , on refusa de le croire, et son honneur, ce jour-là, reçut une cruelle atteinte.

« Je ne serai plus curieux, > se dit Tom en sortant du sac.

Xï

AlTjirc ilii |)ii(liiiiig.

Mais un malheur n'arrive jamais seul , et , en cela, je trouve que la Providence, qui nous envoie plusieurs malheurs à la suite les uns des autres, n'a pas tort, comme , ^

on pourrait le croire ; car un seul , si g"ros qu'il fût . ne suffirait peut-être pas pour nous corrig-er.

Après cette aventure , Tom confus n'eut rien de plus pressé que de s'en retourner chez sa mère. Le hasard, qui voulait sans doute lui réserver une nouvelle leçon, le hasard fit que madame Pouce était absente.

et que Tom ne trouva rien à la maison qu'un ^-rand I)(;t dont la vue Tintrigrua d'autant plus qu'il était recouvert d'une feuille de pai)ier. Il voulut savoir ce

(pi'il y avait dans ce ^Tand pot , et il le sut ; car étant, en se servant comme d'une échelle d'une fourcliette (pli était là, parvenu à gTimper jusque sur les bords, son pied gdissa ; et le papier, qui n'était point attaché, céda sous le poids du i)etit curieux.

Ce pot était plein d'une pâte liquide que sa mère avait préparée pour faire un g-Ateau ; on croit généralement que c'était un pudding*. Plaig-nez notre héros , quoiqu'il fût bien coupable! car ce fut la tête la première qu'il tomba dans cet océan enfariné.

En ce moment, madame Pouce rentra; et ayant regardé sa terrine, que devint-elle quand elle s'aperçut que sa pâte remuait toute seule , comme si le diable lui-même eût été au fond?

C'était le pauvre Tom qui se démenait , qui se démenait, il fallait voir! Pour madame Pouce, elle était bien loin de penser à son fils qu'elle avait vu sortir quelque temps auparavant.

Elle crut d'abord qu'une souris s'était peut-être laissée clioir dans sa pâte ; mais elle réfléchit qu'une souris n'eût point pris la chose tant à cœur ; et comme elle était superstitieuse, elle s'arrêta à l'idée que son g'âteau était ensorcelé. C'est pourquoi , saisie de frayeur , elle i)rit

%Ml^^^^è^

^^ sa terrine en détoiir- ^ nnnt la tête , et en vers '^ tout le contenu par la croi sée , sans s'apercevoir qu'elle y jetait;^ en même temps le pauvre Tom

Tuiii est nvalc [mc un iniiiiiie

Un meunier, qui revenait de la ville a cheval sur son âne, passait au môme moment sous la fenêtre, en chantant à tue-tête. La partie du pudding' dans .«.^ laquelle le i)auvre Tom se trouvait£-à^: tomba juste dans la bouche du meunier, à l'instant où celui-ci jispirait l'nir à jileine poitrine ,' pour faire une de ses plus ^-^ belles roulades ; de sorte que l'in- c-o^^^

fortuné Tom entra comme une lettre à la poste dans ce gosier bien ouvert. Le fait, je le sais, est invraisemblable ; mais l'histoire est là, et je n'y dois rien changer, quoique, à vrai dire, cette partie des aventures de Tom soit fort peu de mon goût.

Le meunier fut si étonné , que son àne , qui allait d'un bon pas, eut le temps de le mener bien loin de la maison de M. Pouce avant qu'il fût revenu de son étonnement , de façon qu'il lui aurait été tout à fait impossible de dire d'où était tombé le pudding' ; et comme, après tout, il finit par s'apercevoir qu'il avait eu plus de peur que de mal , il oublia ce qui venait de lui arriver et voulut se remettre à chanter. Mais c'était peine perdue ; il eut beau faire , il ne put y parvenii' : d'où il conclut qu'il avait un cliat dans la gorge.

Or, le chat, c'était le pauvre petit Tom, qui aui-ait

bien donné tous les trésors de sa marraine , s'il les avait eus, pour être hors d'embarras.

Le meunier , à peine rentré chez lui , se plaignit d'un violent mal de g"org'e ; et voyant qu'autour de lui personne ne comprenait rien à la nature de son mal,

il son^i-ea à se mettre au lit et commença

à s'inquiéter sérieusement

puis , comme le mal ne diminuait pas , il fit venir cinq docteurs et autant de prud'hommes; mais ils se-

raient venus au nombre de cinquante, que le patient n'aurait pas été plus avancé. Et en etfet, comment expliquer un mal si étrang-e ? On entendait sortir de son g-osier comme une petite voix lamentable qui criait de temps en temps : « Maman ! maman ! »

Tandis que les médecins étaient à se disputer sur les causes de ce phénomène, notre meunier vint à bâiller (que n'avait-il bâillé plus tôt ! ), et Tom, saisissant l'oc- ^àcasion, piqua hardiment une tète et retomba adroitement sur ses pieds au beau milieu des docteurs et des prud'hommes assemblés.

<^ni fut jjenaud?

Ce dans faut.

fut le doyen des médecins, qui ne put nier que, cette occasion, toute sa science avait été en dé-

Quant au meunier, voyant le pyg'mée qui 1 avait tant inquiété, il l'empoigna brutalement par les cheveux et le lança dans la ri-

Tom dans If vciifre d'un [loissoii.

Il semblerait , en ^■él•ité , que le pauvre Tom fût venu au monde (comme les pilules) pour être avalé; car un énorme poisson qui passait par là, l'ayant vu tomber, le happa au passage, et l'avala à son tour,

comme il eût fait d'une mouche. Après quoi, ayant élé pris lui-même par des pêcheurs, il fut trouvé si beau, qu'on le i)orta au cuisinier du roi Arthur.

On ne i)eut se faire une idée de la surprise du cuisinier, quand, ayant ouvert le poisson, il en vit sortir le petit Tommy ; peu s'en fallut cpTil ne crût avoir devant les yeux, d'un coté une baleine, et de l'autre le prophète Jonas. Mais, quel que fut son étonnement, la joie de Tom fut plus grande encore.

« Monsieur le cuisinier, dit-il, vous venez de me rendre là un service que je n'oublierai de long-temps. »

Mais le cuisinier était si troublé, qu'il n'entendit pas un mot de la harangue du petit Pouce, et l'ayant mis dans son bonnet de coton, il s'empressa de le porter au roi lui-même.

Tom Ponce chez le roi Arthur.

Quand le cuisinier arriva chez le roi, Sa Majesté était encore couchée. Mais le cuisinier ayant crié à travers la porte qu'il avait quelque chose d'extraordinaire à lui montrer, le roi, qui avait assez dormi, ordonna qu'on laissât entrer.

Sa Majesté n'eut pas plutôt aperçu le petit Tom, qu'elle le prit en affection : *< Je n'ai jamais rien vu d'aussi petit, s'écriait-elle à chaque instant. Venez-vous de Lilliput, mon petit ami ? »

Tom répondit au roi en lui contant son histoire, et il termina en disant : « Sire, je serais bien aise de retourner chez mes parents, qui doivent être inquiets de mon absence. »

Le roi répondit à Tom detre tranquille, qu'il allait leur écrire pour les rassurer, et qu'il pourrait d'ailleurs bientôt s'en retourner. Tom, voyant qu'il avait affaire

à un bon prince, lui demanda sa main à baiser, ce qui

lui fut accordé.

Le roi, qui se sentait en appétit, ayant alors assig'né à Tom pour g-ouvernante une des princesses de la cour , le pria de s'en aller, en lui disant qu'il avait à s'occuper des affaires de l'État, mais qu'il le reverrait dans la soirée, et qu'en tout cas il ne man- Miuerait pas d'écrire à ses parents avant le départ du courrier. Mais

il l'oublia ; parmi tant de promesses qu'ils ont à faire ,

les rois peuvent bien en nég'lig'er quelques-unes.

Tom n'était plus là, que le roi Arthur disait encore,

en prenant son chocolat : « Je n'ai rien vu d'aussi

petit. »

Toni réussit à la cour

Le petit Tom, du reste, avait été aussi surpris de voir le roi que le roi l'avait été de voir le petit Tom : car le pauvre g'arç'on, élevé dans la cabane de son père, s'était toujours imag-iné qu'un roi devait avoir quelque chose de particulier, et qu'il ne pouvait être fait comme un autre homme; aussi eut-il besoin de se le faire dire et redire plusieurs fois, pour croire que ce monsieur, qui ressemblait à tout le monde, était le fameux roi Arthur dont il avait tant entendu parler.

Mais, à part le premier moment de déconvenue, il faut dire que Tom, qui était philosophe, avait fini par s'arranger du roi tel qu'il était ; ils devinrent même si bons amis, le roi et lui, que ce grand prince faisait ordinairement dîner Tom sur sa table, à côté de son assiette.

<;o AVENTURES

L'arrivée de Toin h la cour devint bientôt l'olyet de toutes les conversations. Chacun voulut le voir, le tou-

cher, l'entendre causer, lembrasser, de façon que, dès le lendemain de son arrivée, le pauvre Tom était exténué. C'était à cpi le tournerait et le retournerait ; et le ^'énéral en chef des armées du roi, (|ui avait de grandes moustaches et la vue basse, l'ayant pris maladroitement par les jambes, au lieu de le j)rendre ])ar les ])ras ])our l'approcher de son œil et le voir de plus près, Tom faillit avoir une con{2:estion au cerveau.

« Où est donc mon sabot, s'écriait-il, ce sabot dans lequel j'ai passé de si douces nuits'/ Va ma bonne mère, et mon l)ère? l'atale curiosité! où m'as-tu conduit ! »

Oii construit à Tom un palais, mais il n'est pas ambitieux.

Si Tom eût été ambitieux, il eût pourtant pu être satisfait, car il n'y avait pas huit jours qu'il était à la cour, que le menuisier du roi lui avait bâti un fort joli petit palais qu'on avait placé tout meublé dans la chambre

à coucher de la reine , dont notre héros était devenu h favori.

Ce petit palais améliora beaucoup le .-^ort de Toni. car, au moins , avait-il de cette façon un chez-lui , d'où il ne sortait que pour recevoir la visite des g-ens qui lui plaisaient.

Par exemple, il fallait ohéir au roi, et ce n'était pa.s toujoui-s fort agréable ; car le roi, qui aimait à rire, forçait le pauvre Tom à faire devant lui des gambades, à marcher sur les mains, et à exécuter encore bien

d'autres tours pour s'en amuser. Et Tom, qui avait de la dignité, souffrait d'être obligé de faire ce métier de baladin; car, disait-il : « Sauter devant le roi, comme je le fais, ou devant de pauvres diables, comme le font les saltimbanques, c'est toujours sauter. »

Tom Pouce pense à ses parenls , à la cabane el à la vaolic

Il n'osait plus reparler du désir qu'il avait eu d'aller revoir ses parents, car il s'apercevait bien qu'il était gardé à vue, et qu'on ne le laisserait pas partir volontiers.

Le roi couchait dans une vieille tour au haut de la

quelle il y avait une terrasse. Tom, pendant que le roi était absent, montait prendre l'air sur cette tour, et il ne manquait jamais de se tourner, en pleurant, du côté où était la cabane de ses parents.

Voyant bien que le roi avait oublié la promesse qu' il lui avait faite de leur écrire, il prit le parti de leur écrire lui-même pour leur faire savoir qu'il n'était pas

mort et où il était, leur recommandant bien de venir le chercher dès qu'ils le pourraient.

« Mon cher papa et ma chère maman, leur disaitil, j'ai ici tout ce qu'il me faut et au delà : je ne bois que des limonades, je ne mang-e que de la crème à la vanille, j'ai des g"âteaux à profusion, mais je donnerais tcmt cela pour une seule g-outte du lait de notre vache. »

La lettre écrite, comment l'envoyer? Il mit un grain de plomb dans renvelopi)e, et la jeta par la fenêtre. « Quelque âme charitable i)assera peut-être, se disait-il, qui mettra ma lettre à la poste. »

Dès le lendemain, le petit Tom profita du premier moment de liberté '[u'il eut pour monter sur la tour, et là, les yeux fixés sur la rout<^ (jui menait dans son pays, il regardait s'il n'apercevait point de loin le jupon roug"e de sa mère, ou le chapeau à trois cornes de son père, mais il ne j vit rien. Les jours suivants, le pauvre Tom remonta bien souvent à son , observatoire. Il y avait tout au fond du paysage une grande forêt. Plus de cent fois Tom s'imagina voir sortir de cette forêt sa tendre mère qui lui tendait les bras ; mais il se trompait ; car ses parents, qui le pleuraient comme mort après l'avoir attendu bien longtemps, n'avaient pas même reçu sa lettre qui s'était, tant elle était légère, perdue dans les airs, le grain de plomb ayant crevé le papier avant qu'elle fût par terre.

Il s'adressa alors à sa marraine, la reine des fées; mais les fées avaient alors tant de filleuls, qu'elles ne pouvaient être toujours prêtes à les servir. Et qui sait, d'ailleurs, si

cette sage fée ne voulut pas, dans l'intérêt même de Tom

et pour le corrig'er tout à fait, le forcer à se tirer crem-

barras lui-même?

Tom, qui ne savait que faire, s'amusa un jour à dessiner. La reine, qui vit son dessin, en fut tellement enthousiasmée, qu'elle le montra à tout le monde, et

il ne fut bientôt plus bruit d'autre chose que du talent extraordinaire de Pouce pour la peinture.

Tom esl fait clicvalii-r de Im Talile roiule.

Le roi, qui aimait les arts par-dessus tout, fut enchanté de voir que son petit Tom avait une qualité de

plus; et voulant lui donner une marque de satisfaction, non content de lui conférer tous les ordres du royaume, il le fit chevalier de la Table ronde , et l'appela Tom P^

L'habit de Tom , qui était fort râpé et même percé en plusieurs endroits, et notamment aux coudes, n'étant plus en rapport avec sa nouvelle condition , on fit venir le tailleur de la cour qui lui confectionna un équipement complet , habit , veste et culotte ; le tout en étoffe du plus haut prix et fait à la dernière mode.

La reine ajouta à ce don, pour les cas de yuerre ou de tournoi, une cuirasse faite d'un seul diamant, un fort

beau sabre bien affilé et une cotte de mailles, tout en or et d'un travail si fin , que la pointe de la plus fine aiguille n'aurait pu la traverser. Le reste était à l'avenant, et se composait d'un casque taillé dans une opale, qui jetait ses feux chaque fois que Tom remuait la tête, et dont l'aigrette, qui se balançait au moindre vent, était faite d'une petite pluie fine d'eau de senteur solidifiée, et enfin d'un superbe cheval de bataille richement caparaçonné; ce cheval était un rat musqué de la plus rare espèce. Nous nous garderons bien d'oublier le beau carrosse d'apparat, dans lequel tous ces cadeaux furent apportés au nouveau chevalier, et qui était traîné par quatre petites souris blanches.

Tom fail des cariratures. X

Le roi ayant remarqué que Pouce, tout petit qu'il était, voyait très-juste et saisissait parfaitement les travers des gens, lui envoya son album, sur lequel il lui dit de traduire à sa façon tout ce qu'il verrait, et surtout de ne pas éparg-ner ses amis ni les gens de sa cour.

Ce fut alors que Tom fit cette fameuse série de dessins qui donnèrent tant de prix à ce que l'on appelait alors Valhum du roi. Ces dessins étaient sans doute presque imperceptibles ; mais en les regardant avec un verre grossissant, comme le roi ne manquait pa.s de le

faire, ils prenaient des proportions raisonnables et

étaient véritablement fort amusants; car ils formaient une critique spirituelle des choses et des gens de ce temps-là.

Tom, sur les ordres du roi, et avec le roi lui-même, qui sortait souvent déguisé, avait été dans tous les endroits où il y avait à exercer sa verve; les théâtres, les musées, les concerts, tous les lieux publics, les grands et les petits, les hommes d'État, les artistes, les gens de lettres, les livres, etc., tout le royaume avait payé tribut à son crayon.

Tant et si bien que le roi n'eut de cesse que quand il eux fait, au grand désespoir de tous ceux qui s'y trouvaient attaqués, graver la collection des œuvres de Pouce.

Ce qui nous permet de vous en donner ici un échantillon.

L'ALBUM DU ROL

UlusIralioDS par le chevalier Tom Pouce

ALBUM DU ROI

Politique.

l'orirail liislorique.— Abtl-el-Kader.

Un crand homme (i"Élat.

M. ir

Un ancien magistrat. I.f capiluinc R.

Moteur universel.

Un duel politique.

ALBUM DU ROI

Philosophie

Avanl.

l'enilaiil .

Après

Exemple d'humanité. Une côte de moins, une femme de plus.

Abàlardisseineiit des races.

ALBUM DU ROI

I^ittératnre.

lilil-M.T n'i.NVlMI.'.V Ar coul fi j mil n i MM/ /luni dc llioi-t.

ff Confcclioii de feuilletons sans lîn, procédé à la vapeur.

p. ScrtdUf/

ALBUM DU ROI

Oeaux-Arts. - ^Souvenirs «lu lliisèe.

(.rend y

Impressions il'aiMisle.s à l'exaiiieii approlonili du livret.

Ecluinllllon île pcinliirt

Ini

Ëclianllllon de Oas-rclie/ .

l'orlniil (le .M. T.

ResBemblance garantie pour

"" *"• riiiii-lislequi fail f,.ul<

10 l'r cadii' eumpiis. devant son tableau.

Dislrihiilioii

(le- croix

au camp di^ Bouloj^ne.

Parlie nécrologique. — Le convoi. J)c^cA'<r7''K

ALBUM DU KOL

Thi'âfre. — Cirand Opéra.

Vu léiioi' couriint après son i'i de poitrine.

'\i\.lLv^

Sylphide.

Eniréc de ballet.

l'ose et cii;int Accompagnement à grand

liéroîqdes. orchestre. — Musique savante.

fuite en le forçant d'abandonner son coursier. Malheii-

reusement le pauvre rat musqué était mort dans la bagarre.

Ce combat fut d'autant plus g-lorieux, qu'ainsi que

nous l'avons dit, il se passait sur un arbre, ce qui

donnait tout l'avantage au chat, qui s'y tenait comme

sur son terrain naturel.

Mais la victoire coûta cher au pauvre Toin; on le vit tout à coup clianceler, puis tomber. C'en était fait (le notre héros, si le roi n'eût obhgeamment tendu pour le recevoir son cliaj)eau, dans lequel se trouvait par bonheur un mouchoir qui amortit la chute.

La chasse fut aussitôt interrompue, et on reporta Tom évanoui dans ,1e palais du roi; quand la bonne reine le vit re^ enir dans cet état, elle faillit s'évanouir aussi, et renvoya toute sa suite, en ordonnant à chacune de ses femmes de ne parler que tout bas tant que la santé de Tom .serait en péril; puis s'étant enfermée avec lui dans .ses appartements, elle le soig-na de son mieux, et le mit dans du coton avec des cou.ssins de velours sous sa tête. Mais rien n'y lit, soins, ni peines, ni caresses. Et Tom, qui se sentait mourir, n'avait plus qu'un re^Tet , c'était de mourir sans avoir revu son l)ère et sa mère.

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